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I. — UTILITÉ, PRINCIPE, DÉFINITION DE LA MÉCANOTHÉRAPIE

Il nous faut, pour indiquer les principes de la Mécanothérapie, qui est l'application à la gymnastique d'une instrumentation spéciale, rappeler quelques notions sur la gymnastique suédoise. Nous serons aussi brefs que possible, cette étude étant faite dans d'autres articles de cet ouvrage.

Nous n'en donnerons que ce qui est nécessaire pour comprendre, maintenant, le principe et la définition et, plus tard, le mode d'action de la mécanothérapie.

On sait qu'il existe une différence notable entre la gymnastique française et la gymnastique suédoise. La gymnastique française, que l'on pourrait qualifier d acrobatique (qu'elle se fasse avec ou sans appareils), est une gymnastique de synthèse : elle provoque, pour concourir au mouvement total, une série de mouvements partiels. L'exercice au trapèze, aux anneaux, aux barres parallèles, le saut, la course, l'escrime exigent une association de mouvements multiples, cause de fatigue. Cette gymnastique, qui vise le développement exagéré de quelques groupes musculaires en laissant de côté les viscères, est irrationnelle chez les gens sains ; à plus forte raison chez les malades.

La gymnastique suédoise, rationnelle, est essentiellement médicale. Elle procède par analyse. Elle fait agir isolément un groupe musculaire, une articulation, laissant les autres au repos. Elle est susceptible de mesure et jusqu'à un certain point dosable. Évitant les associations de mouvements, les synergies, elle évite la fatigue. « Elle aboutit à un fractionnement du travail et à une atténuation excessive de l'effort, qui en rend l'application possible aux sujets les plus faibles et aux malades » (Lagrange).

Elle dose le mouvement et le décompose. Limitant les mouvements au point malade, elle permet d'éviter les suppléances qui font que les muscles sains viennent instinctivement au secours des muscles malades pour les remplacer. Il en est de même pour les articulations. Dans l'ankylose du coude, par exemple, le sujet supplée à la jointure malade en se servant de l'articulation de l'épaule. La mobilisation de l'omoplate supplée à l'ankylose scapulo-humérale.

Les synergies sont également fâcheuses en retentissant sur les organes voisins (exemple : l'effort thoraco-abdominal qui retentit sur les organes Ihoraciques et abdominaux), et en excitant la circulation, la respiration, l'innervation (exemple : la course

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