TECHNIQUE
d'en généraliser Femploi, de sorte que les limites d'application se trouvent chaque jour plus étendues. Tandis que le professeur Bier rappliquait surtout aux phlegmasies cellulaires, aux synovites, aux arthrites, ses élèves faisaient fabriquer des appareils spéciaux et étendaient la méthode à un nombre considérable d'affections. Nous devons en première ligne citer les travaux de Klapp, qui employa les ventouses à aspiration pour les abcès de toute nature et qui formula les premières règles dans l'application de la méthode.
Nous devons aussi citer les travaux et les communications de Kuster, Bardenheuer, Garré, Clément (de Fribourg), Hamburger, Chaput, Cornet, Viannay, Jaboulay, Guyot (de Genève), Tuffier, etc.
Nous avons nous-même une certaine expérience de cette méthode, que nous expérimentons depuis les premiers mois de 1905. Nous avons déjà fait connaître quelques résultats d'ensemble de notre pratique personnelle et de celle de notre assistant, le D"" Meyer. Or, depuis la publication de notre travail, nous en avons considérablemement étendu les applications, grâce au concours de nos internes, MM. Albert, Delacour et Delon. Nous sommes donc en mesure d'apporter aujourd'hui une somme de faits considérables présentant le plus grand intérêt pratique.
Technique.
La technique est des plus variées, ce qui tient à la multiplicité des faits cliniques et de l'endroit du corps où le chirurgien désire provoquer Fhyperhémie. Bien entendu, nous ne parlons pas de rhyperhémie active, qu'on réalise au moyen de boîtes dans lesquelles on porte les parties malades ou les articulations à une température élevée. Nous ne voulons décrire que la technique de rhyperhémie passive.
Celle-ci s'obtient de deux manières : soit qu'on se propose de provoquer la stase sanguine dans le membre malade tout entier, soit qu'on veuille localiser l'hyperhémie à la région malade.
Dans le premier cas, on emploie une bande de caoutchouc qu'on enroule à la racine du membre malade. Dans le deuxième, on se sert d'appareils ressemblant à des ventouses, dans lesquelles on fait le vide au moyen de poires en caoutchouc ou d'appareils aspirateurs. Enfin on se sert aussi de ventouses de Junod, plus ou moins modifiées.
Les bandes dont nous nous servons sont des bandes de caoutchouc Physiothérapie. IV. 12
DELAGENIÈRE. - MÉTHODE DE BIER
souple. On les fait avec de la feuille anglaise vulcanisée. Pour la cuisse, elles doivent mesurer 6 centimètres de largeur et 3 mètres de longueur ; pour les bras, elles doivent avoir 4 centimètres de largeur et l°^,50de longueur. Enfin, pour les doigts ou pour certaines applications chez les petits enfants, il faut avoir des bandes de 1<=™,5 de largeur.
L'application de la bande est le point délicat de la technique. 11 faut une certaine habitude pour exercer la constriction voulue. En effet, il ne faut pas oublier que la circulation artérielle ne doit pas être entravée, tandis que la circulation veineuse doit au contraire être arrêtée, pour amener Thyperhémie. Cette règle toujours présente à Fesprit, on doit appliquer la bande à la racine du membre comme un garrot. On fait tenir l'extrémité par un aide ou par le malade lui-même, et on fait un tour de bande bien perpendiculaire à Taxe du membre, le malade tenant toujours le bout de bande qui lui a été confié. Un deuxième tour recouvre le premier, et on doit exercer sur le caoutchouc une traction légère, mais suffisante pour tendre la bande, qui exercera par suite la constriction voulue par son élasticité. Un deuxième, puis un troisième tour de bande seront ainsi faits, toujours avec soin et avec précaution, pour atteindre et non dépasser la constriction nécessaire. Lorsque celle-ci est atteinte, on noue ce qui reste de la bande avec Fextrémité confiée au malade. Klapp recommande de mouiller la bande et de l'appliquer exactement sans faire aucun nœud. Souvent, au lieu de nouer la bande pour Farrêter, nous nous contentons d'introduire son extrémité terminale sous les deux derniers tours qui ont été faits.
Quand la bande est placée, on voit la circulation se modifier dans le membre : la peau se congestionne, les veines se tendent et le membre prend un aspect violacé. Quelquefois, à la surface de la peau, on voit des marbrures, des zones blanchâtres qui contrastent avec d'autres zones violacées. Cet aspect de la peau et l'aspect livide du membre n'ont pas d'importance si le malade supporte bien la constriction. S'il souffre, s'il éprouve un engourdissement dans le membre serré, c'est que la constriction est trop forte. Il faudra immédiatement défaire la bande et la réappliquer de nouveau, car dans aucun cas son application ne doit causer de souffrance. Nous avons même l'habitude de considérer l'apparition de la douleur comme la limite la plus extrême de la constriction.
Quand la bande est bien tolérée, nous la laissons trois quarts d'heure ou une heure, et nous faisons répéter la séance plusieurs fois par jour. Dans les cas d'inflammations aiguës, nous avons recours aux longues séances de vingt à vingt-deux heures par jour. Dans ce cas