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INDICATIONS

plication de la bande en un certain nombre de petites séances de cinq à six minutes également. Nous avons essayé cette technique, qui nous paraissait plus conforme à notre interprétation pathogénique, mais nous n'y avons trouvé aucun avantage. Au contraire, le malade supportait moins facilement la bande, et le résultat final semblait être moins satisfaisant. Nous avons alors voulu appliquer les longues séances uniques aux appareils, et là encore nous avons dû revenir à la méthode classique des courtes applications répétées. En efTet, les ventouses ne restaient pas fixées assez longtemps, Tair passait sous les bords et l'aspiration devenait insuffisante ou bien les liquides des fistules s'accumulaient et la pression diminuait, ou bien les bords de la ventouse comprimaient la peau et causaient une souffrance au malade, ou bien enfin il se faisait à la longue une extravasation sanguine ou une ecchymose qui persistait pendant plusieurs jours et même plusieurs semaines.

Nous croyons devoir conseiller les longues séances d'une heure avec la bande et les séances entrecoupées de plusieurs applications successives avec les appareils.

Il est un point de pratique sur lequel nous croyons devoir insister en raison des conséquences qu'il pourrait avoir s'il était négligé : nous voulons parler du nettoyage des appareils et des bandes. Assurément, dans la vie privée, chaque malade a pour ainsi dire ses appareils, mais, à l'hôpital ou dans des cliniques, les bandes et les appareils seiîvent à plusieurs malades et doivent par conséquent être désinfectés. Une désinfection rigoureuse paraît être impossible pour les appareils en verre; cependant, en prenant des précautions, on peut très bien les faire bouillir pendant quelques minutes chaque fois qu'ils ont servi. Il suffit de les placer sur une couche de ouate disposée dans le fond du vase destinée à cette ébuUition. Quant aux bandes, comme elles sont placées en général loin des plaies et sur une partie saine de la peau, nous nous contentons de les faire savonner pendant quelques minutes dans de l'eau chaude. Avec ces précautions, nous n'avons pas encore eu à regretter d'accidents d'inoculations, qui sans cela seraient à redouter surtout avec des ventouses en verre.

Indications.

Nous venons de voir en quoi consiste la méthode d'une façon générale; nous savons ce qu'on doit en attendre théoriquement, mais il nous reste à voir comment on doit l'appliquer dans les cas particuliers qui se présentent en cfinique. Bien entendu, nous hmiterons notre étude aux cas que nous avons observés ; mais, cependant, nous

DELAGENIÈRE. - MÉTHODE DE BIER

signalerons, chemin faisant, les résultats obtenus par d'autres chirurgiens dans les affections très disparates, afin de mettre en relief la valeur de la méthode au point de vue général. En effet, il n'est pour ainsi dire pas d'affection, à l'heure actuelle, pour laquelle le praticien ne puisse entrevoir une application de la stase hyperhémique.

Nous étudierons les affections pour lesquelles la méthode de Bier peut être employée avec succès par groupes, qui sont au nombre de neuf. C'est ainsi que nous passerons en revue successivement :

1° Les affections de la peau, telles que: acné, furoncle, anthrax et les inoculations ;

2° Les affections du tissu cellulaire et les lym phatiques, c'est-à-dire les abcès, les lymphangites, les gangrènes, panaris, phlegmons, etc.;

3° Les affections des ganglions;

4° Les affections des muscles et des tendons;

5° Les affections traumatiques ;

6" Les affections des arlères et des veines ;

7° Les affections des os ;

8° Les affections des articulations ;

9*^ Les affections diverses qui n'ont pas pu être rangées dans les catégories précédentes.

1° Affections de la peau. — Le furoncle et Yanthrax sont des lésions pour lesquelles la méthode peut rendre les plus grands services aux praticiens. On emploie des ventouses de formes et de dimensions variables selon la région sur laquelle elles doivent être appHquées et aussi selon la forme du furoncle et selon son volume. Si le furoncle n'est pas suppuré, on se contentera de nettoyer la peau avec un tampon imbibé d'alcool boriqué ; puis on appliquera une ventouse suffisamment grande pourque toute la zone enflammée soit soumise à l'inspiration. On laissera cette ventouse appliquée pendant cinq à six minutes, puis on la retirera afin de laisser la peau reprendre son aspect primitif, puis on la réappliquera de nouveau, et ainsi de suite, de façon à faire une séance de trois quarts d'heure ou une heuie. Autant que possible on fera deux séances par jour. Dès le deuxième jour, l'induration périphérique disparaît, ainsi que la douleur, et en général le quatrième ou le cinquième jour le furoncle est guéri.

Si le furoncle suppure, il est bon de faire au centre une ponction au bistouri, occupant toute l'épaisseur du derme; puis on applique la ventouse, qui agit en provoquant la stase hyperhémique et aussi en aspirant le liquide purulent. Si ces liquides sont abondants, on emploie des ventouses munies de tubes intérieurs par lesquels on fait le vide et qui sont destinés à empêcher les liquides de passer

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