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PANARIS

le vide au moyen d'un appareil aspirateur (fig. 72). Avec cet appareil, on traite non seulement le panaris superliciel, mais aussi les panaris sous-cutanés, les panaris des gaines et même les panaris ostéopériostiques. Comme pour les furoncles, si on est consulté de bonne heure, presque toujours on pourra obtenir la guérison sans faire d'incision, ce qui est toujours appréciable pour le malade. 11 ne faudra pas cependant perdre de vue qu'une incision peut devenir utile à un moment donné, et on devra la pratiquer dès que l'existence du

Fig. 72. — Ventouse spéciale pour le panaris. Le vide y est fait au moyen d'une pompe aspirante.

pus sera soupçonnée. Mais cette incision ne sera pas la grande incision fendant le doigt dans toute l'étendue envahie, mais seulement une petite incision de 1 ou 2 centimètres, une simple ponction faite au bistouri, mais allant jusqu'à l'os, surtout quand on aura affaire à un panaris ostéopériostique. La ventouse sera appliquée deux ou trois fois chaque jour. Chaque séance devra durer au moins une heure, mais en faisant plusieurs applications, comme pour les furoncles. Quand on fera le vide, on devra éviter de le faire brusquement ; mais au contraire on le fera doucement et progressivement, de façon à éviter toute sensation douloureuse au malade. On arrê-

DELAGENIÈRE. — MÉTHODE DE BIER

tera l'aspiration dès qu'elle deviendra pénible. Dans les cas de panaris ostéopériostiques, l'aspiration peut être très pénible ; de même, dans les panaris occupant les deux premières phalanges, l'appareil en verre ne peut pas être employé sans causer des douleurs vives. Pour ces raisons, nous avons eu recours à la bande appliquée au bras, et nous avons ainsi obtenu des résultats très satisfaisants. Pour les panaris de la phalangette, nous avons aussi remplacé l'appareil en verre par une petite bande de caoutchouc, large de l<^°i,5 et appliquée à la racine du doigt. Là encore les résultats ont été très bons, de sorte que, pour le traitement du panaris, nous pensons que l'on peut se passer d'un appareil spécial et se contenter de la bande.

Nous arrivons maintenant au traitement des phlegmons des gaines et des phlegmons diffus.

Ici nous devons distinguer deux cas. Le phlegmon est à l'état aigu, ou il est passé à l'état chronique.

Dans la périoiie aiguë., le phlegmon doit être traité par les longues séances, si la marche de l'inflammation est rapide. C'est dans ces cas que la bande doit être placée à la racine du membre et laissée en place plusieurs heures consécutives, de façon à faire un total de vingt à vingt-deux heures par journée. La bande, une fois appliquée, devra être surveillée avec soin, car certains malades présentent une sensibilité spéciale du côté de la peau, qui ne peut supporter aussi longtemps la constriction. En effet on voit souvent survenir, quand on laisse la bande longtemps appliquée, des petites phlyctènes dans la partie hyperhémiée du membre. Ces phlyctènes ressemblent à des boutons d'herpès, puis elles augmentent de volume, et, si la constriction ne cesse pas, elles deviennent rouges, et il se forme dans leur intérieur un épanchement de sang. L'apparition de ces phlyctènes doit servir d'indication pour cesser la constriction. Du reste, si les longues séances sont mal supportées par le malade, il ne faudra pas trop s'attarder à les continuer, car les courtes séances d'une heure, plusieurs fois répétées chaque jour, semblent donner des résultats presque aussi bons. 11 est vrai que certains malades sont mieux soulagés par les applications longues, et il n'est pas rare de voir les malades réclamer eux-mêmes leur bande pour se soulager. Quand la bande peut être supportée vingt-deux heures par jour, l'inflammation disparaît avec une très grande rapidité. Au bout de deux ou trois jours, quelquefois, il n'y a plus de rougeur ni de douleur, et le phlegmon passe à la période chronique. Bien entendu, si le phlegmon présente des collections purulentes, il faudra donner issue au pus; mais, en général, il suffira de faire une ou deux petites incisions de

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