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TROISIÈME SECTION

DE LA PRODUCTION SPONTANÉE

ET

DE LA FORCE VITALE

La matière organique est dans un état d’équilibre instable, qu’elle ne fait que traverser ; sous la triple influence de l’humidité, de la chaleur et de l’air, elle se désagrégé et retourne à l’état minéral, forme primitive et véritable condition d’équilibre stable de toute matière à la surface de notre planète. — La recherche des origines de la matière organique nous a montré que son apparition sur notre globe a été retardée jusqu’au moment où ont été réalisées à sa surface les conditions favorables à l’action d’un agent spécial, capable d’engager les éléments minéraux dans de nouvelles combinaisons. Si nous avons trouvé l’agent dans la force vive de la radiation solaire, liatons-nous d’ajouter que, jusqu’ici du moins, c’est

seulement dans un être vivant, dans le végétal, que nous avons trouvé réunies les conditions nécessaires à la mise enjeu de l’agent. La production de la matière organique aux dépens des éléments minéraux présupposerait donc son existence et même l’existence d’un organisme complet, capable d’entrer en échange avec le milieu ambiant.

Cependant les substances organiques ne sont, en fin de compte, xjue des combinaisons en proportions définies d’un petit nombre d’éléments minéraux bien connus. L’oxygène, le carbone, l’hydrogène, l’azote, le soufre, le phosphore, le fer : tels sont les corps simples qui, en s’unissant dans des proportions connues, forment tous les principes immédiats des végétaux et des animaux. Des combinaisons de cette nature sont le résultat de l’affinité s’exerçant entre éléments placés dans des conditions déterminées ; si nous savions réaliser ces conditions, évidemment l’affinité entrerait spontanément en jeu, et toutes les réactions nécessaires à la production des substances organiques s’accompliraient sous nos yeux. Mais, pour remplir les conditions nécessaires à ces réactions, il ne suffit pas d’avoir déterminé, par l’analyse la plus rigoureuse, les proportions (en poids) des éléments combinés, il faudrait encore connaître le mode suivant lequel ces éléments sont groupés dans les substances organiques. Malgré tous les efforts des chimistes de notre époque, la science ne pos-

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sède encore que des notions fort incomplètes sur ce mode de groupement.

Malgré cette lacune regrettable dans nos connaissances sur la constitution intime des substances organiques, de nombreuses et importantes synthèses ont été réalisées. — Les carbures d’ hydrogène peuvent être considérés comme formant la transition entre l’état minéral et l’état organique ; beaucoup de ces composés binaires ont été reproduits directement : l’acétylène, l’éthylène et ses homologues, la benzine et ses homologues, la naphtaline, l’anthracine, etc. — Les chimistes ont aussi opéré la synthèse d’une quantité considérable de composés oxygénés ternaires : des alcools, des aldéhydes, des acides, des éthers, des corps gras, le phénol et plusieurs de ses homologues, etc. — Quelques substances azotées ont été aussi reproduites par synthèse : le cyanogène et ses dérivés, l’urée, la taurine, le glycocolle et ses homologues, etc.

Malgré tant d’efforts et de si beaux résultats, les chimistes ne sont pas encore parvenus à reproduire les véritables substances oryanisables, les albuminoïdes, auxquelles sont empruntés les éléments fondamentaux de toute organisation. Mais ces matières albuminoïdes sont, comme tous les composés organiques, des combinaisons en proportions définies ; les forces chimiques suffisent donc pour les réaliser. De ce qu’on n’est pas parvenu jusqu’ici à

m LES PHÉNOMÈNES PHYSIQUES DE LA VIE.

les reproduire, on n’est pas en droit de conclure que leur synthèse est irréalisable . Il y a de ce côté impuissance actuelle et momentanée , mais non impossibilité absolue. — Dans le monde minéral lui-même, il y a des limites que la puissance de la chimie n’a pas encore pu franchir; sans doute on sait aujourd’hui fabriquer de toutes pièces certaines pierres précieuses ; le corindon incolore, le rubis oriental, laspinelle, la topaze orientale et celle du Brésil, etc.; mais il en est d’autres telles que l’hyacinthe, le diamant cristallisé, le corindon coloré, le saphir, les émeraudes bleues et vertes, etc., dont la reproduction est demeurée jusqu’ici impossible. Personnelle doute pourtant que toutes ces pierres précieuses, comme tous les minerais naturels, ne soient le produit des seules forces chimiques agissant sur leurs éléments dans des conditions déterminées. — Ce qui est vrai, incontestable pour les pierres précieuses , l’est également pour les substances albuminoïdes ; en présence des immenses progrès que la science fait tous les jours dans cette voie, il est permis d’affirmer que l’homme découvrira, dans un avenir qui n’est peut-être pas bien éloigné, les conditions à remplir pour faire la synthèse des matières azotées neutres.

Le proto-organisme le plus simple que nous puissions imaginer se réduit à une cellule entrant en échange avec le milieu ambiant; ces échanges réciproques décèlent une activité, et cette activité esl

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la vie de la cellule. — Du moment où la chimie est impuissante à faire la synthèse de la matière albuminoïde, de la matière organisable, il est évident que la formation de toutes pièces d’une cellule organique avec des éléments minéraux est chose absolument impossible dans l’état actuel de la science.

Mais cette matière organisable, l’albumine, existe toute formée dans les végétaux et les animaux auxquels on peut l’emprunter. Il est donc permis de se poser sérieusement cette question depuis longtemps agitée dans la science : Est-il possible de créer, autour de l’albumine ou de toute autre substance azotée analogue, des conditions telles qu’un proto-organisme, une cellule active, se développe spontanément? — On n’obtiendrait sans doute ainsi qu’une solution indirecte de cette autre question plus générale : Un proto-organisme actif, c’est-à-dire vivant, peut-il prendre spontanément naissance au sein de la matière minérale? Mais le fait de l’apparition spontanée d’un tel organisme dans un milieu albumineux n’en aurait pas moins une très-grande importance; et, comme la synthèse, jusqu’ici irréalisée, de l’albumine est à nos yeux réalisable, ce fait aurait pour nous la valeur d’une solution directe de la question de la production spontanée d’un organisme actif, prise dans son acception la plus large.

Au point où les discussions soutenues, dans ces derniers temps, par M. Pouchet et par M. Pasteur

ont amené la question de l’hétérogénie, une expérience probante et décisive nous paraît impossible à réaliser. L’atmosphère, dit-on, contient une quantité innombrable de germes de toute sorte toujours en mouvement, toujours prêts à se déposer sur les corps, et se développant nécessairement partout où ils rencontrent un support approprié et des conditions convenables de chaleur, d’humidité et de lumière. Bien que l’existence de ces germes voyageant dans l’atmosphère n’ait pas encore été directement démontrée, il est bien difficile de la contester sérieusement quand on se rappelle les faits bien observés de fécondation naturelle des plantes à très-grande distance, et une foule d’autres phénomènes qui attestent les migrations incessantes de corpuscules très-légers, sous l’influence des grands mouvements de l’air.

Pour se mettre à l’abri des objections que les panspermistes 11e manqueraient pas de soulever, comme pour dissiper ses propres scrupules, l’expérimentateur doit donc commencer par détruire tous les germes qui peuvent adhérer aux parois des vases, des tubes et des bouchons de ses appareils; il doit aussi veiller avec grand soin à ce que l’oxygène, dont l’intervention est nécessaire, 11e puisse apporter aucun germe perturbateur. Voilà sans doute bien des difficultés, mais elles 11c sont pas insurmontables; les acides et le feu sont des moyens de destruc-

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tion sur lequels on peut compter; il est possible de rendre les fermetures assez exactes pour que tout accès d’air inutile soit empêché. — Mais le corps albumineux lui-même peut être imprégné de ces germes dont la destruction, pour être certaine , exige, dit-on, qu’on les expose à une température de 150° centigrades.

Voilà donc l’expérimentateur condamné à élever à 150° la température des liquides albumineux après les avoir introduits dans les ballons de verre de ses appareils l. Quand on se rappelle qu’à 150°, la force élastique de la vapeur d’eau est de 2 atmosphères 5/4 (2050,28 millimètres de mercure), on se demande si jamais réellement un liquide albumineux a été porté à cette température dans les ballons de verre fermés avec des bouchons de liège, que les hétérogénistes ont employés dans leurs recherches.

Mais admettons que le liquide albumineux ait pu être chauffé jusqu’à cette température de 130°, nécessaire à la destruction complète des germes. Les belles observations de M. Chevreul nous ont appris que, préalablement desséchée à froid , l’albumine peut supporter de très-hautes températures sans s’altérer et sans perdre ses propriétés fondamentales

1 II y a, en effet, absolue nécessité de chauffer le liquide dans l’appareil à expérience lui-inémc ; sans cela il faudrait le transvaser après l’avoir chauffé et comment éviter l'introduction de germes pendant le transvasement ?

qu’elle reprend du moment où on la redissout dans de l’eau. Mais nous savons aussi qu’il n’en est pas de même de l’albumine chauffée dans l’eau. La matière albumineuse cuite dans V eau, et cuite à 150°, n’est donc plus de l’albumine, n’est plus cette substance oryanisable dont on se proposait d’étudier Y organisation spontanée sous la quadruple influence de l’oxygène, de la chaleur, de l’humidité et de la lumière.

Pour procéder avec rigueur, les hétérogénistes sont condamnés à attendre que la chimie ait réalisé la synthèse des substances azotées neutres; alors, mais alors seulement, ils pourront échapper à la condition fatale de chauffer à 150° la matière albumineuse, et mettre en présence dans un ballon de verre de la matière oryanisable , de Veau et de Voir chimiquement préparés et par cela même ne contenant à coup sur aucune espèce de germe. Jusque-là, la doctrine de la panspermie, dont il serait difficile de ne pas admettre la réalité, du moins dans une certaine mesure, rend illusoire toute expérience d’hétérogénie.

Si la question du développement spontané d’un proto-organisme actif n’appartient pas encore au domaine de la science expérimentale, nous pouvons la traiter d’un autre point de vue. La cellule organique est constituée par des substances chimiquement définies, groupées en éléments histologiques. — Nous n’hésitons pas à considérer la matière or-

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ganisable comme pouvant être directement produite par les forces physiques et chimiques s’exerçant dans des conditions déterminées et encore inconnues, sur des éléments minéraux. Une fois la matière organique produite, nous ne comprenons pas pourquoi, sous l’influence de certaines conditions de milieu ambiant, ne pourrait pas s’effectuer un groupement des substances organiques en éléments histologiques et de ces éléments entre eux, d’où résulterait l’apparition spontanée d’un agrégat organique de forme et de texture déterminées. — Philosophiquement parlant, nous 11e trouvons aucune raison plausible de ne pas admettre, comme possible, la formation d’un agrégat organique, d’une cellule, sous l’influence exclusive des forces mécaniques, physiques et chimiques du monde extérieur.

Une cellule ainsi formée peut-elle entrer en échange avec le milieu ambiant, peut-elle être active; en d’autres termes, cette cellule peut-elle vivre ? La réponse à cette question dépend de la doctrine physiologique adoptée. — Pour les physiologistes qui, comme nous, ne voient dans l’activité d’un élément histologique qu’une manifestation spéciale des actions physico-chimiques accomplies en lui et autour de lui, et dans Inactivité, la vie, d’un proto-organisme que la résultante de toutes les activités propres de ses éléments histologiques constituants, la réponse 11e saurait être douteuse : oui cette

cellule, cet agrégat, ce proto-organisme formé sous l’influence des agents cosmiques sur la matière minérale préalablement transformée en substance organisable, doit entrer en activité, contracter avec le monde extérieur des rapports d’actions et de réactions réciproques, en un mot, vivre et se développer, s’il est placé dans des conditions appropriées de milieu, de chaleur, de lumière et d’humidité. — Une telle solution du problème ne saurait convenir à l’école physiologique qui considère la vie comme une force indépendante, totalement distincte des agents cosmiques par sa forme et par sa nature. Aux yeux des physiologistes de cette école, l’activité du proto-organisme le plus simple ne dérive pas uniquement de l’organisation elle-même et des conditions du milieu ambiant; pour entrer en échange avec le monde extérieur, l’agrégat organique doit être animé par une force indépendante surajoutée.

Pour nous, la vie est un résultat , et nous avons dit : Expérimentalement, la production spontanée d’un proto-organisme actif n’est pas démontrée, mais philosophiquement une telle production ne nous paraît pas irrationnelle. — Conséquents avec leurs doctrines, les physiologistes (pii voient dans la vie, une cause, une force primordiale , doivent affirmer qu’en aucune circonstance, les actions réciproques de la matière et des agents cosmiques ne peuvent aboutir à la production d’un proto-organisme

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actif. — Fatalement et comme malgré nous, nous nous retrouvons donc en présence de cette question de physiologie générale : Les phénomènes de nutrition et de développement autorisent-ils à admettre, dans l’ètre vivant (végétal ou animal), l’existence d’un principe indépendant, d’une force primordiale, surajouté à l’agrégat organisé qui ne lui sert que de simple support ?

Dans le règne végétal, comme dans le règne animal, chaque élément histologique jouit d’une activité propre qui commande la nature des réactions réciproques de cet élément et du milieu ambiant. — On comprend facilement comment, en présence du développement d’un simple germe ou d’un être complet s’opérant toujours dans une direction déterminée, l’homme put d’abord admettre que ce travail s’effectue sous l’influence d’une force unique dont l’agrégat organisé est le simple support. Dès lors il dut considérer les activités propres des éléments histologiques comme des attributs de cette force se manifestant sur des supports spéciaux. Tout lui parut ainsi simplifié; du moment, en effet, où ils étaient régis, commandés par une seule et meme force, les travaux individuelsde tous les éléments histologiques, quelle (pic fiit leur différence de composition et de texture, devaient nécessairement s’accomplir dans

une même direction, converger harmoniquement vers un même but. — Ce n’était là évidemment qu’une conception abstraite , mais, selon l’expression si juste de Barthez, « l’esprit humain est porté « généralement à voir, comme ayant hors de lui une « existence réelle, le résultat des notions abstraites « qu’il produit. »

De là découla naturellement l’idée d’une barrière insurmontable élevée entre le règne minéral et le règne organique. — On admit, on proclama que, dans le monde minéral, tout phénomène dérive fatalement de l’action réciproque, du conflit de la matière et des agents cosmiques. — Mais, par contre, on crut devoir et pouvoir bannir du monde organique toute idée de fatalité ; on rapporta les phénomènes de nutrition et de développement de l’être organisé à l’action d’une force directrice, indépendante des agents cosmiques, d’une archée, d’un principe vital subsistant par lui-même, capable de détermination, doué d’affections propres, surajouté à l’agrégat organisé, en lutte incessante avec les influences extérieures, commandant en autocrate à tous les actes accomplis dans l’organisme et les coordonnant invariablement dans une direction et vers une fin déterminées.

En ce qui concerne le monde minéral, un pas immense a été fait dans la voie du progrès et de la simplification ; nous voyons disparaître, dit le U. P. Sec-

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chi1, « cette légion de fluides et de forces abstraites qui, à tout propos, étaient introduits pour expliquer chaque fait particulier. » Il n’est plus permis d’avoir le moindre doute à ce sujet, les agents cosmiques ne sont que des propriétés, des activités propres de la matière. « Toutes les forces de la nature, dit Helmlioltz dans son Optique physiologique, sont des actions exercées par un corps sur un autre. » Dans l’introduction placée en tête de sa belle étude de la conservation de la force , Helmholtz a écrit une page bien remarquable sur cette grande question de la force et delà matière 2. «La science, dit-il, considère les objets du monde extérieur, sous deux points de vue distincts. D’abord elle considère leur existence, à l’exclusion de toute action quelconque sur d’autres objets ou sur nos organes; alors elle les désigne sous le nom de matière . — L’existence de la matière est donc en elle-même sans activité ; nous y reconnaissons la propriété deY étendue, et la quantité ou masse, qui est éternellement invariable. Les différences qualitatives ne peuvent être attribuées h la matière en elle-même; car, dès qu’il s’agit de différentes matières, leurs différences résident dans leurs actions, c’est-à-dire dans leurs forces. La

1 L'Unité des forces physiques. Edition originale française, Paris, 1869, page 691.

2 Mémoire sur la conservation de la force. Traduction de M. Pérard. Paris, 1869, page 59.

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matière en elle-mcmc n’éprouve d’autre changement que celui de la position dans l'espace, c’est-à-dire le mouvement . — Mais rien dans la nature n’est sans activité. Nous n’avons la connaissance des objets que par leur influence sur nos organes. Les effets nous conduisent à la cause ou à l’agent. — Il s’ensuit que, pour appliquer la conception de la matière, il faut ajouter au premier point de vue, un second dont il a été fait abstraction jusqu’ici : c’est la faculté d’agir, ou la force. — Il est certain que les idées de matière et de force sont réellement inséparables. La matière pure serait indifférente à tout le reste du monde, puisqu’elle ne modifierait aucun objet voisin et n’affecterait pas non plus nos organes; et si la force pure existait, elle ne serait que ce que nous avons déjà nommé matière. — C’est donc un contre-sens de considérer la matière comme réelle, et la force comme une simple conception ; la matière et la force sont plutôt deux attributs de la réalité, deux abstractions formées parle même procédé intellectuel. Nous ne connaissons et ne pouvons connaître que la matière active. »

Ces principes sont-ils d’un ordre assez élevé pour dominer la science tout entière; doit-on au contraire ne les admettre qu’à titre de variétés de second ordre, applicables seulement aux phénomènes du monde minéral? Désormais insoutenable dans le cercle des sciences mécaniques, physiques et chimi-

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ques, l’idée de l’association d’une force indépendante et de la matière doit-elle, peut-elle, comme le veut l’école vitaliste, être conservée en biologie? L’expérience et l’observation rigoureuse des faits peuvent seules nous donner la solution de ce grand problème.

Même chez les animaux supérieurs, un organe dont toutes les connexions avec les centres nerveux sont détruits, continue à vivre, à se développer, pourvu que la circulation soit entretenue. Les éléments histologiques, dépouillés de leur principal moyen de participation à la vie d’ensemble, ne perdent donc pas pour cela la faculté d’agir sur les matériaux du sang, de se les assimiler; leurs activités physiologiques leur appartiennent en propre, ne leur sont pas seulement surajoutés.

Lorsqu’un chien est décapité, toute vie d’ensemble est désormais éteinte dans les deux tronçons séparés. La force unique, indépendante, hypothétiquement admise par les vitalistes pour animer ce chien avant l’opération, ne saurait être fractionnée. Si elle persiste, elle doit se localiser dans un des deux tronçons; si elle disparait, tous ses attributs doivent disparaître avec elle, et, en même temps, doivent s’éteindre toutes les activités des éléments histologiques quinc sont que les manifestations de ces attributs. — Et pourtant, dans chacun de ces deux tronçons, l’irritation de la peau produit des mouvements

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