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CHAPITRE VI

§ 298. H y a dans la voûte céleste des couples d’étoiles qui se distinguent, 4° par leur grande proximité et 2° par leur isolément des autres étoiles ambiantes. Parmi les astronomes c’est Herschel qui s’en occupa le premier, et en découvrit environ cinq cents. Si d’abord les astronomes y avaient fait peu d’aUenlion, la cause en doit être attribuée à ce que l’isolement des couples n’est ni universel dans toute la voûte céleste, ni bien déterminé.

Il y a au ciel une région dont l’étendue occupe les constellations d’Orion, du Taureau et de la Licorne, cette région se distingue de toutes les autres par la grande proximité des étoiles, proximité qui surpasse fréquemment celle des étoiles de la Galaxie et ne diffère pas de celle qui sépare les éléments des couples. Dans l’étendue occupée par les Pléiades, Maedler compta plus de cinq cents étoiles.

Celte région de la voûte céleste est nommée ici pycnoastérisme (jtokvoç, dense) ou constellation composée d’étoiles d’une densité supérieure. Cette densité des étoiles est donc un obstacle qui ne permet pas de distinguer les éléments réels des couples, cela a lieu cependant aussi pour les autres parties de la voûte céleste. Telle me paraît être la cause pour laquelle les astronomes antérieurs à Herschel n’ont pas considéré la proximité des étoiles comme l’içdice d’un état particulier. Du reste, pas plus qu’Herschel, les astronomes de nos jours D’ont considéré comme un état particulier la

proximité exceptionnelle des étoiles du pycnoaslérisme. Lorsqq’en 1778 Mayer, de Mannheim, publia une observation de qualre-vingts étoiles très-rapprochées, il n’éveilla pas l’attention des astronomes.

La liaison physique entre les éléments des couples se manifeste par une circulation de l’étoile périphérique autour de l’étoile centrale; celle- ci est considérée comme soleil et l’autre, qui circule, comme un satellite ou comme une planète lumineuse. Ainsi étoile double, étoile multiple et système de planètes lumineuses sont devenus synonymes. Il serait difficile de s’apercevoir de telles circulations si, précédemment, Herschel n’avait pas distingué les couples et déterminé lès positions des deux éléments, de même qn’avant lui l’avait fait Mayer, de Mannheim.

Herschel ne manqua pas de s’occuper des étoiles du pyrnoastérisme, mais la vie est trop courte pour qu’un homme puisse remarquer les mouvements tout particuliers de ces étoiles, mouvements qui di fièrent de ceux des étoiles périphériques et de ceux des étoiles de l’espace stellaire.

Dans l’étendue du pycnoaslérisme existent plusieurs étoiles au nombre de quatre, six ou même davantage qui, sans éprouver de changement dans leur position mutuelle, se trouvent déplacées toutes à la fois. Herschel ne vécut pas assez pour expliquer en quoi consiste cette particularité des étoiles du pycnoaslérisme, car de pareils cas. ne se rencontrent pas en dehors de cette régioo. Maedler et quelques autres ont voulu y découvrir les traces d un système circulant autour d’qu corps plus gros visible ou invisible. Le même astronome n’est pas allé plus loin, et n’est pas arrivé à connaître que les éléments ne peuvent rester entre eux en même position que dans le seul cas où ils circulent tous presque avec égale vistesse autour du corps central, en mêmë temps que d’autres circulent autour du même corps avec une vitesse différente, de même que Maedler l’a établi lui-même pour un grand nombre d’étoiles des Pléiades et des Hyades.

01 IA P. VI. É TOILES DOUBLES

L’existence des corps centraux invisibles, autour desquels circulent des corps lumineux, est connue de Maedier et des autres astronomes actuels; cette grande découverte est due à Bessel. De même que Sirius, Procyon, l’Épi circulent chacun autour d’un corps invisible, de même les étoiles du pycnoastérisme circulent autour d’un gros corps invisible, de sorte que Maedier n’a plus besoin de chercher ce corps dans l’ensemble des centaines d’étoiles de la région des Pléiades. Je ne saurais trop m’attacher à mettre le lecteur en garde contre l’erreur de Maedier qui rassembla, il est vrai, les matériaux tendant à prouver l’existence d’uu corps central invisible, et qui cependant ne put les arranger de façon à en déduire la place que ce corps occupe. Ce grand astronome acheva la découverte commencée par Bessel, mais, par un oubli inconcevable, il s’arrêta à moitié de la voie qui l’eût conduit à la découverte du seul corps central du système solaire.

Après avoir exposé les classifications des étoiles doubles d’Herschel et de Struve, je vais exposer la seule classification naturelle comprenant l'ensemble de tous les systèmes planétaires.

I. Systèmes planétaires composés de deux et jamais de trois ou quatre éléments visibles.

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