‹ Physique céleste contenant Le système du mondeChapitre 140 sur 259 · OBSERVATEURS · texte numérisé non relu

OBSERVATEURS

Argelander.

Maedlcr.

Maedler.

1 SC i

2 bd 4

F. Chambers.

L’étoile Algol présente deux séries différentes de faits : i ° celle des successions des éclats entre chacune des tropes, et 2° celle des variations des durées des périodes. La première série de faits résulte de la circulation du doryphore autour de sa planète, et l’autre de la circulation de cette planète autour de son soleil.

488 en A P. VI. — ÉTOILES DOUBLES

§ 328. I. Détails de la circulation d’ Algol. Je prouvais : i* que les amplitudes entre les extrêmes éclats correspondent aux différences S — s entre les surfaces S des hémisphères h soulevés et celles « de l’hémisphère h déprimé ; 2* que les éclats résultent des photolénies ; 3' que la forme ovalaire se manifeste : 1° dans les périodes des éclats, 2* dans les rapides passages d’un éclat extrême à l’autre, 3* dans les teintes rouges et 4° dans l’absence presque totale de cette teinte chez Algol à cause de sa trèscourte dorée de révolution.

§ 329. II. Détails de la circulation de la planète d’Algol autour de son soleil. Le prolongement du plan de l’orbite d’Algol est dans le voisinage de la Terre pour les raisons indiquées, mais la position du plan de l’orbite de la planète invisible a’- stpas exactement la même; il en résulte des faits observés de nature différente et cependant correspondants : 1 * changements des durées des périodes ; 2° changements des déclinaisons, et 3° diminution des durées des périodes avec cet accroissement de la déclinaison.

Soit O (fig. 40) la planète invisible d’Algol qui circule autour de son soleil C également invisible dans une orbite dont le plan prolongé passe par le voisinage de la Terre T, en coupant sous l’angle i le plan de l’équateur terrestre. 1* La planète étant en conjonction supérieure en S, 5 est la déclinaison de l’étoile Algol et t la durée de ses périodes; la lumière parcourt le diamètre d= SS" de l’orbite de l’étoile en un espace de temps de n secondes, et la distance D=S"T en n' ans; 2* la planète étant en conjonction inférieure en S", la lumière ne parcourt que la distance D en n' ans.

Soit 2 ni la durée de la révolution de la planète et ni la durée pour passer delà conjonction supérieure S à l’inférieure S", pendant cette durée Algol achève n révolutions autour de sa planète et les n durées de ses révolutions éprouvent au total un raccourcissement de n secondes, sans cependant que ces n secondes soient partagées à t*

pour chaque période, car les arcs SM, MSW étant égaux, il n’y a pas égalité entre les différences St — Ml et Ml — S"'t des distances que parcourent les atomes de lumière pour arriver à la Terre. 4° Si la planète parcourt l’arc SN pendant qu’Algol achève uno révolution, la lumière parcourait dans le commencement de la période la distance ST et à la fin la distancé MT ; il y a eu raccourcissement de chemin de ST — MT et de durée d e l" — «; 2* pendant la période suivante, dans le commencement, la lumière parcourt la distance NT et à la fin elle parcourt la distance S'"T; il y a également un raccourcissement de chemin de MT — S'"T, mais seulement de \ " + a quant à la durée, qui correspond à la diminution supérieure du chemin; il faut dans l’un des cas déduire la quantité \ " — a de la durée i de la période, et dans l’autre cas il faut en déduire 1" 4* a.

Fig. 40.

Le plan de l’orbite SS'S" étant médiocrement incliné sur lo plan TS de l’équateur terrestre, il y aura un accroissement de déclinaison correspondant non pas aux durées égales mais aux nombres des périodes d’ Algol, nombre qui

CH AP. VI. — ÉTOILES DOUBLES

croit rapidement par les raccourcissements des chemins aux époques où la planète parcourt l’arc MS'"D; ce sont précisément ces raccourcissements de chemins pour la lumière qui se présentent comme accroissements rapides de la déclinaison. Actuellement le raccourcissement des périodes d’Algol est grand comparativement à celui du commencement du siècle; il en résulte clairement que la planète d’Algol se trouve actuellement vers la quadrature S'" de son orbite. La durée de la révolution de la planète est supérieure à un siècle; par suite elle n’est ni Zeus ni Chronos, mais Ouranos, car la vitesse orbiculaire n’est pas très-faible comme l’est celle des Poseidons.

Les astronomes marquaient Algol comme une étoile variable ayant un mouvement séculaire de 0",6, tandis que d’autres étoiles de 8* grandeur ont un mouvement séculaire de 420", et qu’une autre de 2' grandeur a un mouvement séculaire de 201". Toutefois, depuis la découverte du mouvement orbiculaire de Sirius, Procyon, l’Épi, on a reconnu que des mouvements apparents des étoiles, les uns, les moins rapides, résultent d’une révolution orbiculaire des planètes, les autres, rapides ou lents, ne résultent pas des révolutions des planètes, mais des déplacements des soleils; déplacements opérés suivant un ordre de sens des directions et de vitesses entièrement différent, comme cela est exposé dans la troisième section.

En rapprochant ici les raccourcissements, 1* des durées de périodes d’Algol, 2* les variations de ses éclats et 3* les accroissements de sa déclinaison, je mets le lecteur à même do sc convaincre, 1° d’après ces données, et 2* d’après celles qui ont servi à déterminer la révolution des trois étoiles de 1” grandeur, que toutes ces étoiles sont des doryphores, circulant autour d’une planète invisible qui circule autour d’un soleil également invisible; de sorte qu’il ne s’agit plus , comme depuis Bessel , de l’existence d’uu corps invisible, autour duquel circule un corps visible;

Dig

mais je prouve qu’Algol, étant un doryphore, circule autour de sa planète en terminant sa révolution en trois jours environ ; je prouve de plus, au moyen du raccourcissement des périodes d’Algol, que l’avancement de sa planète vers la Terre en est la cause; car, par la diminution de la distance, se raccourcit le chemin que fait la lumière pour arriver à la Terre en parlant du moment de chaque commencement de période.

Actuellement, l’attention de tous les astronomes est dirigée vers les étoiles variables , car ils devinent là l’existence d’une mine très-riche à exploiter ; j’ai voulu prouver non-seulement son existence, mais en même temps le mode de son exploitation. Avant tout, il faut que tous les astronomes, même les plus avancés en âge, et par conséquent les plus enracinés dans leurs opinions, so décident à reconnaître dans tous les corps célestes, sans excepter ni les météores ni les comètes, la forme ovalaire comme une forme universelle.

Une fois ce brouillard de préjugés dissipé, un vaste horizon s’ouvre ; on voit la liaison de la production en même temps de la teinte rouge et des variations des éclats.

Les durées des périodes croissantes servent à évaluer les distances que parcourt la planète invisible en s’éloignant do la Terre, entraînant avec elle soit un doryphore unique, soit plusieurs. Si les durées des périodes décroissent, nous en recevrons, pour ainsi dire, comme des dépêches télégraphiques, qui nous avertissent de l’avancement de la planète vers la Terre ; dépêches expédiées , non pas de la planète elle-même, mais de son satellite.

Les pol y doryphores expédient également, du point de l’orbite de leur planète, des atomes de lumière q — a de quantité minime, au moment de l’époque de la trope ascendante; mais a étant très-médiocre par rapport à q, nous ne pouvons pas bien saisir cet instaut; la difiiculté croît avec les longueurs des durées des périodes et avec la diminution

CflAP. VJ. — ÉTOILES DOUBLES

de leur amplitude. Afin de faire disparaître toute différence apparente entre les changements des durées que mettent les atomes de lumière pour arriver de chaque doryphore, on peut se servir de la méthode de Bessei dans les observations d’Algol et des autres monodoryphores.

Nouvelle preuve de la forme ovalaire des étoiles. Pour que les étoiles paraissent invariables comme Sirius et Procyon , il faut que l’axe de leur orbite passe dans le voisinage de la Terre, de façon à avoir leur plan peu incliné sur l’équaleur terrestre ; dans cette position de l’orbite, la planète parcourt une longueur / de l’Ouest à l’Est ou de l’Est à l’Ouest, longueur qui est égale au diamètre de son orbite; elle parcourt également une longueur inférieure / du Nord au Sud et du Sud au Nord, longueur qui dépend de l’angle i de l’inclinaison. Bessei et ses successeurs trouvent plus prononcées les deux longueurs l parcourues dans l’ascension droite que celles parcourues dans la déclinaison.

Faisant les mêmes observations pour Algol, il a été prouvé que sa déclinaison varie plus que l’ascension ; car en ce cas on voit dirigé vers la Terre le grand axe, non pas de l’orbite circulaire réel, mais de l’orbite elliptique apparent cette position est indispensable pour la production des éclats variables et en même temps périodiques.

VI. COMPARAISON DU NOMBRE DES ÉTOILES VISIBLES A L'OEIL NU AVEC LE NOMBRE DES ÉTOILES DOUBLES.

§ 330. Toutes les étoiles de 1" et de 2* grandeur, sauf « du Centaure, sont polydoryphores, et celles de 3% 4*, 5*, 68 grandeur, sont polyplanètes, avec un très-petit nombre de doryphores et de polydoryphores.

Les polyplanètes proviennent des nébuleuses planétaires en forme de meule, mais non pas toutes les huit à la fois; toujours leur apparition commence par la planète la

moins éloignée de son soleil, qui est Hermès; les autres apparaissent successivement à des intervalles séculaires, et font ainsi apparaître chez plusieurs étoiles un accroissement d’éclat ( §§ 595 et 596 ). La cause physique de ces intervalles est l’inégale pesanteur de chaque planète vers son soleil , pesanteur qui est en raison inverse des carrés des distances, à laquelle sont soumises les molécules de chaque jet de masse pâteuse brûlante. Ces molécules, étant dans le principe contenues dans un corps sous forme d’une longue bande, se déplacent par la pesanteur pour prendre un équilibre qui n’est obtenh que sous la forme ovalaire.

Pendant les déplacements des molécules qui durent des siècles, il s’opère une production de météores ; car la quantité de chaleur 0 qui arrive des couches inférieures à la surface de la masse brûlante est inférieure à celle 0 + 0 qui s’en éloigne. Dès que, entre les molécules, il s’établit un équilibre sous la forme ovalaire, la production des météores cesse et l’abaissement de température s’opère rapidement dans les molécules de la couche superficielle devenues immobiles; il en résulte une enveloppe solide de glace transparente qui livre passage aux rayons provenant de la masse brûlante, comme cela a lieu aussi pour notre Soleil ; car ce sont ces rayons qui parcourent l’espace en directions centrifuges rectilignes pour arriver à l’œil.

Les distances planétaires étant, suivant la loi de Bode, ou en une progression géométrique tv 2A : 2aA : 2®A ... 2®A, les

pesanteurs sont en raison inverse & - p: — p: —p... —p;

c’est pour cette raison que sont également inverses des pesanteurs les durées 21 :22T:23T... 2®T nécessaires pour l’établissement de l’équilibre des molécules de la masse brûlante de chaque jet.

Soit A, a, ÿ, a', s, c, o, p les époques de l’établissement de l’équilibre des molécules de chaque jet et de son apparition comme planète lumineuse. La première entre ces

A7A CHAI’. VI. — ÉTOILES DOUBLES

époques est toujours celle li de l’apparition d’Hermès; les apparitions des autres planètes suivent à dos intervalles des époques indiquées dans les rapports suivants :

1* De l'époque h à celle a , durée 2 T = 2*T — 2 T;

2" De l'époque a à celle g, durée 2’T = 2>T — 2*T;

3* De l’époque g à celle a', durée 2ST = 2‘T — 2*T;

A* De l’époque a ' à celle 2, durée 2‘T = 2‘T — 2‘T ;

5* De l’époque z A celle c, durée 2‘T = 2’T — 2'T;

6* De l’époque c à celle o, durée 2’T = 2*T — 2’T;

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