X. RAPPORT ENTRE L'ÉTAT PHYSIQUE DES ÉTOILES ET LEUR CLARTÉ
§ 335. Dans le principe, les astronomes admettaient les étoiles à une distance égale de la Terre et de clartés différcntes, sans savoir si ces différences résultent d’une inégalité de clartés des corps égaux, comme paraissent le Soleil et la Lune, ou si elles doivent être attribuées aux inégales étendues des surfaces d’égale intensité de lumière. Ce dernier état a été reconnu depuis la découverte de la circulation de quelques étoiles périphériques autour d’autres centrales. La distance étant donc égale, il a été reconnu que l’étoile centrale, considérée comme un soleil, est plus grosse et pour cela plus lumiueuse que l’étoile périphérique considérée comme un satellite et non pas comme une seule planète, parce que l’étoile périphérique étant admise comme un seul corps était comparée à la Lune.
Depuis la découverte de la parallaxe de quelques étoiles, ou a reconnu que les étoiles sont à différentes distances de la Terre, leur clarté réelle a etc considérée en raison inverse
OU SYSTÈMES DES PLANÈTES LUMINEUSES. Ù!»i
des cariés des distances. En admettant pour chaque étoile uu seul corps, il est résulté que la quantité de lumière qui arrive à l’œil est mesurée par la surface s de la base du cône qui a le sommet au nerf et la baseau disque de l’étoile. La hauteur de ces photocônes a été déterminée par la parallaxe de l’étoile. Arago ne rencontra aucune objection de personne, après avoir exposé géométriquement le rapport inverse entre les clartés des étoiles et les carrés de leurs distances, mais il ne pouvait y avoir accord entre Arago et John Herschel lorsqu’il s’agit des étoiles nébuleuses; la cause en est exposée dans la section suivante.
Il ne s’agit pas ici de raisonnements logiques exposés, mais de l’hypothèse que chaque étoile inséparable dans nos instruments est admise en réalité comme telle. J’ai profité des résultats discordants des calculs basés sur les angles de position obtenus par les observations et j’ai prouvé que les étoiles ne sont séparables que parce que nos instruments sont encore trop imparfaits. L’oxyderque Goldschmidt vit sept corps composant Sirius; j’ai exposé tous les détails des périodes des éclats : 1° au moyen de la circulation des planètes autour de leur soleil invisible, et 2° au moyen de la circulation des satellites autour de leur planète invisible de même que leur soleil.
Depuis la découverte de la circulation des trois étoiles de première grandeur autour des corps invisibles, il a été démontré : 1° par la durée de chaque révolution, et 2° par la distance angulaire des oscillations que Sirius, Procvon et l’Épi sont des polydorvphores qui circulent autour de leur planète invisible, laquelle entraîne avec elle son système de doryphores en circulant autour de son soleil invisible.
Après avoir ainsi reconnu l’état physique en un nombre d’étoiles visibles à l’œil nu, il devint possible de remonter jusqu’à la cause physiologique de l’accroissement des éclats proportionnellement aux vitesses des corps lumineux. C’est dans Algol que celte découverte a été faite. 1* La courte
492 CHAR VI. — ÉTOILES DOUBLES
durée des périodes des éclats a fait connaître la durée égale de ses révolutions qui prouve que l’étoile est un satellite; 2* les raccourcissements des durées des périodes ont prouvé le rapprochement de la planète d’Algol vers la Terre en circulant autour de son soleil invisible; c’est dans l’avenir que sera déterminée la durée de la révolution de cette planète invisible; on connaîtra alors son nom, le rayon de son orbite et sa parallaxe.
XI. observations sur les nombres des étoiles de chaque grandeur.
§ 336. Les nombres des étoiles de toute grandeur se présentent sous un rapport inverse avec les clartés; malgré les divergences plus ou moins grandes des résultats indiqués, il reste bien établi que le nombre des étoiles de chaque classe croît avec la diminution des clartés; au moyen des observations il est impossible de découvrir la cause de ces rapports, lesquels sont cependant une preuve directe du mode de la production des systèmes des planètes lumineuses.
§ 337. I. Etoiles polyplaoètes. J’ai prouvé ci-dessus qu’il y a 2*n étoiles hermaphrodites presque tontes télescopiques et variables qui n’entrent pas dans le nombre des étoiles (4684) visibles à l’œil nu. Ce nombre se décompose ainsi :
2 ~n triplanètes de 6' grandeur = 1439; 128n = 1439; n — 11
2‘n tétraplanètes. ... de 5' grandeur = 550; 6 in = 550; n — 0
2 *n pentéplanètes ... de 4' grandeur = 214; iGn = 214; n = 13
2’n polyplanètes. ... de 3' grandeur = 96 ; 8 n = 96 ; n = 12
Les étoiles de lr* et 2* grandeur donneraient :
valeurs tout à fait divergentes, tandis qu’en prenant la
9+13 moyenne — - —
U on obtient 1 1 pour la valeur de n
correspondant à la cause physique des étoiles dont les clartés correspondent exactement aux nombres des planètes composant les étoiles visibles à l’œil nu. Arriver aux résultats véritables en suivant une loi universelle, cela u’est point surprenant, mais trouver aux résultats obtenus par les observations une exactitude poussée à un tel degré, cela fait voir que le mérite des observateurs ne pouvait jamais être plus dignement apprécié qu’au moyen de cette espèce de contrôle. De leur côté, les observateurs auront la satisfaction d’avoir véritablement contribué aux progrès de la science.
Les étoiles dont la parallaxe est trouvée par la durée de leur révolution se trouvent éloignées de la Terre par des distances qui varient entre 3 et 213. Les observations donnent la parallaxe approximative de quelques étoiles. Par la durée de 49 ans de révolution de Sirius et par le rayon de son orbite de 2", 55, j'ai trouvé la parallaxe 0",1898 ; on a trouvé, au moyen des observations, deux valeurs, l’une plus grande de 0",23, et l’autre plus petite de 0", 1 5. Ainsi, au moyen de ce contrôle, ou est parvenu à s’assurer de la réalité des parallaxes obtenues par les observations, comme le sont les suivantes :
a de la Lyre, Véga.
61 du Cygne
La Chèvre
t de la Grande-Ourse a du Bouvier ....
L’étoile polaire. . .
Arcturus
Alcyon
La distance 3 est celle qui sépare la Terre de a du Centaure, la moins éloiguée, ayant pour parallaxe observée 0",919et pour parallaxe calculée 0",8552, indiquant une distance de 9 millions do lieues, laquelle n’est franchie par
CH A P. VI. — ÉTOILES DOUBLES
la lumière qu’en 4 ans environ , quoiqu’elle parcoure 75,000 lieues par seconde.
Des rapports entre les nombres des étoiles de 6% 5", 4% 3* grandeur obtenus par le calcul et par les observations, il résulte qu’en chaque strate de distances différentes se trouvent des étoiles de 6* grandeur des nombres n-f-n'+n'" triplanètes ,• n -+- n'-4- n" tétraplanèles de 6* grandeur, n+n' peutaplanètes de 4* grandeur, n polyplanèles de 3’ grandeur. Cela est également établi au moyen des durées de révolutions.
§338. II. Étoiles polydoryphores. De même que les étoiles visibles à l’œil nu ont une grandeur qui correspond au nombre des planètes lumineuses qui y sont contenues, de même les clartés des étoiles de 1" et 2* grandeur correspondent aux nombres des doryphores devenus visibles. Il devient connu, par les durées de révolution de Sirius et de Procyon , que ces étoiles sont des polydoryphores amenés par les planètes Chronos qui circulent chacune autour de leur soleil invisible. J.Herschel trouva que la clarté de Sirius est 12 fois celle de Procyon ; il est prouvé d’autre part que les deux étoiles sont des polydoryphores, comme l’est a d’Orion, de grandeur variable indiquant que lo prolongement du plan des orbites passe dans le voisinage de la Terre. Le manque d’éclat périodique de Sirius conduit à connaître que lo rayon visuel est presque perpendiculaire au plan orbiculairc des doryphores ; en cet état, c’est presque le système dorvphorique de Procyon, et cependant son éclat est 12 fois inférieur à celui de Sirius. Il devient connu par là qu’il y a autour de Procyon seulement trois ou quatre doryphores visibles, les 4 ou o autres étant entourés encore des météores, tandis que Sirius est composé du nombre total de huit doryphores lumineux , dont résulte un éclat 12 fois supérieur à celui do Procyon.
Sirius avait, il y a vingt siècles, un doryphore de moins qu’actucllemont; il avait alors des rayons rouges, mais ils
disparurent par leur mélange avec les rayons du nouveau doryphore. De même on peut attribuer ce changement de la couleur à la disparition d’un doryphore inférieur par la consommation de sa chaleur lumineuse; pour connaître lequel de ces deux cas a eu lieu, il eût fallu savoir le rapport entre les clartés de Sirius et Procyon, il y a vingt siècles. Ce que j’expose ici sert à prouver de quelle importance est la connaissance des rapports entre les clartés des étoiles.