DE NOTRE SYSTÈME PLANÉTAIRE
§ 50.’>. Si d’après le système de Ptoléroée les corps célestes circulaient autour de la Terre en amenant chacun son cortège, comme ils te font, autour du Soleil central, il faudrait qu’il y eût production d’éclat correspondant aux vitesses des mouvements. Au temps de Copernic, on ne connaissait pas ce mode de multiplication physiologique de la lumière; c’est pourquoi il n’a pas été employé comme preuve du mouvement de la Terre.
Parmi le» corps du système planétaire, il n’y a que les satellites dont les mouvements orbiculaires puissent être
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comparés à celui du charbon agité, parce qne les planètes circulent parallèlement avec la Terre autour du Soleil. Ce sont les satellites qui décrivent des circonférences qui ne sont pas en rapport avec le mouvement orbiculaire de la Terre; de sorte qu’avant que la production d’un sentiment delà lumière venant d’un point de l’orbite, soit terminée, un autre produit par la lumière venant d’un autre point commence.
Ce fait physiologique n’échappa pas à Herschel. Tous les astronomes observent aux clartés des satellites des particularités inexplicables; ils ne sont pas même capables de les arranger pour distinguer : 1° la série des faits permanents qui ont pour cause le mouvement orbiculaire, et 2* la série des faits qui ont pour cause la forme ovalaire des satellites.
§ 506. I. Faits produits par le mouvement. De tous les systèmes de satellites c’est le premier qui termine sa révolution en un espace de temps plus court que les autres; ainsi les accroissements de l’éclat diffèrent dans chaque satellite à cause des durées différentes de leurs révolutions. C’est cet éclat qui fit croire à Herschel que les satellites renvoient vers la Terre des quantités de lumière trop grandes pour être proportionnelles à celles qu’envoie leur planète.
Herschel n’ignorait pas le mode de la multiplication de la lumière par l’agitation des corps lumineux, et l’on ne peut attribuer qu’à un oubli qu’il n’en ait pas fait mention pour donner la véritable explication des faits observés; il ne se borna pas non plus à la simple description de ces faits, il déclara que les satellites possèdent une lumière propre ? qu’ils renvoient à la Terre, en même temps que la lumière^ qu’ils reçoivent du Soleil en quantité correspondant à leur étendue.
Ainsi, après avoir oublié d’indiquer l’origine véritable de la lumière 9, Herschel l’attribua aux satellites eux-
mêmes. C’est celte hypothèse qu’Arago réfuta en prouvant le manque total de lumière propre lorsque, dans les éclipses de la Lune, on la voit quelquefois rouge et que souvent elle devient tout à fait invisible. La lumière rouge est celle des rayons solaires réfractés dans l’atmosphère pendant leur émeigence quand ils se trouvent du côté de Taxe de l’ombre ; si donc la Lune n’est pas ainsi éclairée, elle reste invisible à cause du manque de lumière propre, d’où Arago déduisit le manque de lumière propre de tous les satellites.
La lumière des satellites manque aux planètes, comme Herschel l’a reconnu ; celte lumière tp n’est pas propre à la Lune, elle ne l’est pas non plus aux satellites, comme Arago l’a démontré, et cependant son existence est incontestable. On s’étonne de la quantité de lumière des satellites des milliers de fois plus faible que celle de leur planète, et cependant leur éclat se présente à un aussi haut degré comme s’il avait éprouvé une multiplication. Tant que le mode de celle multiplication fut inconnu, on se borna, comme Herschel, à en faire mention sans s’occuper de son explication et sans désapprouver la réfutation d’Arago.
C’est ici qu’on apprend à connaître la cause physiologique qui fait voir dans les satellites un éclat supérieur comparativement à celui des planètes, de même que le charbon agité parait plus lumineux qu’une torche dix fois plus grande, mais restant en place.
Les éclats périodiques proviennent des quantités différentes de lumière réfléchies des versants de l’hémisphère soulevé quand la direction des rayons qui y arrivent du Soleil et de ceux qui en partent pour arriver à la Terre est verticale. Au contraire, les rayons qui arrivent du Soleil sur l’hémisphère déprimé sont réfléchis vers l’axe de l’ovalaire et ils ne viennent pas à la Terre; la surface des satellites devient invisible lorsqu’ils passent devant leur planète : alors on voit cette surface aussi noire que son ombre.
Dans ie volume suivant, nous traitons ce sujet à fond et dans tous ses détails.
B. Accroissexent de l’/.clat par le mocvexert des planètes