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PRODUCTION DES ANNEAUX OPTIQUES DE SATURNE

Cette planète ne diffère des autres que par son âge qui est plus avancé que celui des deux planètes Uranus et Neptune et moins avancé que celui de cinq autres planètes; chacune de celles-ci, à des époques différentes, se trouva à l’âge actuel de Saturne, et par suite chacune de ces planètes produisait alors l’apparence illusoire des anneaux. Cette apparence résulte d’un sillon creusé obliquement dans une masse de glace de forme ovalaire, et dont le fond se trouve dans l’équateur et l’extrémité supérieure de chacun des deux versants jusqu’à la latitude de 4o degrés. Herschel trouva, à l’aide des mesures micrométriques, le diamètre du fond du sillon plus grand que l’axe de la planète et plus petit que ses diamètres qui passent par les tropiques; les astronomes actuels n’ont pas voulu se ranger à l’opinion d’Herschel, à cause du sillon.

LaTerre se trouve pendant quatorze ans au nord du plan équatorial de Saturne; pendant cet espace de temps elle reçoit les rayons réfléchis du versant austral cie(Jîg. 18), sur lequel se projette la calotte boréale eic' de la planète, de façon à rester éloignée en perspective de la partie

SYSTÈME SOLAIRE. ia5

visible b'ib" de la calotte australe. Si la Terre est au sud du plan équatorial de Saturne, c’est la calotte australe

Fig. 18.

qui se projette sur une petite partie du versant boréal dont la lumière est réfléchie vers la Terre. Cette réflexion s’évanouit dans la position de la Terre et du Soleil sur le plan équatorial de Saturne. Tous les phénomènes, sans aucune exception, observés dans les anneaux de Saturne, ainsi que leurs dimensions apparentes, se sont trouvés arrangés de manière à être liés entre eux par la loi de la perspective comme causes et effets, comme cela sera exposé dans la description particulière de cette planète extraordinaire. Enfin, pour éloigner toute objection, j’ai fait construire un modèle de Saturne qui, étant mis en rotation, présentait un anneau optique du côté opposé, lorsque le corps était éclairé suivant le plan équatorial, de quelque côté que fussent les spectateurs.

Saturne, par ses anneaux illusoires, servait de base à mille hypothèses sur l’état précédent des antres planètes. Ici ce ne sont pas les anneaux mais le sillon dont ils résultent qui sert de monument archéologique de l’âge auquel se trouvèrent à des époques différentes la Terre et les quatre autres planètes. Les archéologues qui s’occupent des monuments du genre humain cherchent par leur arrangement chronologique à déterminer les époques historiques qui correspondent à ces monuments. L’astronome n’est qu’un archéologue qui recueille les monuments de la vie des corps célestes, qu’il arrange en

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ordre chronologique, et c’est ainsi qu’il devient en état de composer la biographie de chacun de ces corps et ensuite l’histoire du inonde. Les historiens du genre humain n’expliquent pas tous de la même manière les monuments à demi détruits, ou les inscriptions souvent mal conservées ou mal écrites, à l’aide de symboles inconnus; de telles divergences n’existent pas chez les historiens du monde, parce que leurs monuments historiques se trouvent tous bien conservés, et que chacun d’eux n’est susceptible que d’une seule explication.

C’est l'attribut de l’astronome d’exposer dans une série comme sur un tableau tous les états par lesquels a passé la Terre pendant chacune de ses quarante périodes cométogéniques, depuis qu’elle se trouve dans sa vie géologique. Ensuite il faut remonter à l’époque correspondante à celle de Saturne qui est entouré d’un sillon, comme l’était autrefois la Terre. Les états successifs de la vie astronomique des planètes et de la Terre sont indiqués dans cet ouvrage, qui contient l’histoire du monde.

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