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XII. SUBDIVISION DES MATIÈRES DE LA PREMIÈRE PARTIE

§ 116. La Terre et les sept autres grosses planètes ont été lumineuses comme le sont actuellement des milliers d’autres. La différence ne provient pas de ce que la masse fie certains systèmes a été produite avant celle des autres, mais de ce qu’une grande masse a produit en se subdivisant des portions de grosseur très-différente. Les soleils qui ont été produits par de petites portions de masse brûlante s’éteignirent, car ils avaient perdu depuis longtemps leur chaleur lumineuse, sans pour cela cesser de circuler comme dès le commencement dans l’espace. Il y a des soleils dont les planètes seulement ont consumé leur chaleur lumineuse, et ils brilleut comme le nôtre, entourés de planètes éteintes.

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D’autres soleils, produits par des portions de masse m plus considérables, sont encore lumineux, et entourés d’amas de vapeur qui les rendent invisibles; nous ne voyons que leurs planètes qui n’ont pas encore perdu leur chaleur lumineuse. Tous les soleils qui contiennent des portions considérables de masse m sont lumineux et paraissent comme des étoiles tant qu’ils n’ont pas encore expulsé une bande de masse brûlante, car la couche superficielle de celle-ci devient un amas de vapeur opaque qui disperse les filets des atomes de lumière et rend ainsi invisible la masse brûlante m du Soleil , en même temps que la bande de masse brûlante expulsée de son intérieur, pour circuler autour de lui.

Les masses M brûlantes des plus grosses portions se trouvent entourées de gros amas de vapeurs dont les superficies étant gelées font se croiser dans leur milieu les rayons de la masse centrale, lesquels se propagent dans des directions rectilignes centrifuges et rendent visible séparément chacun des ballons de glace comme un point lumineux. Parmi ces amas de vapeurs nous citerons les nébuleuses globulaires : elles sont toutes amorphes; ainsi ellesapparaissent, comme les nuages, sous toute espèce de forme.

Suivant la chaleur lumineuse contenue actuellement dans la masse de chacun des corps du système solaire, ou suivant celle qui en a été consumée par le refroidissement, ces corps se distinguent : i° en corps dont la masse M est brûlante et brillante à cause de la quantité 0$ de chaleur lumineuse qui y est entrée pour opérer un mélange M04>, et 2° en corps dont la masse p n’est plus ni brûlante ni brillante, et cela à cause de la consommation de chaleur lumineuse. Plusieurs soleils composés des portions p des masses inférieures arrivèrent à cet état en un espace de temps plus court que celui qui est nécessaire pour les plus grosses portions m, m, M.

§ 117. VIE ASTRONOMIQUE DES CORPS CELESTES. TOUS lc*S

changements de la masse brûlante qui s’opèrent autour d’elle par l’éloignement de sa chaleur lumineuse constituent leur vie astronomique.

§ 118. VIE GÉOLOCIQUE DES CORPS CÉLESTES. TOUS les

changements de la masse refroidie qui s’opèrent autour d’elle à cause des mélanges de ses deux éléments, l’hydrogène et l’oxygène , avec les deux espèces d’équivalents électriques fc et Ê émanés du Soleil par les rayons de sa chaleur lumineuse, constituent la vie géologique de la Terre et des planètes; c’est pendant cette longue vie que chaque planète produit des quarantaines de couples de comètes.

§ 119. âge des corps célestes. Les séries de faits dont se compose la vie astronomique des soleils, des planètes et des satellites diffèrent entre elles; mais les faits de chacune de ces séries se succèdent suivant un ordre invariable, de même que cela a lieu pour les corps organisés; comme dans ceux-ci on nomme vie chez les corps célestes la production successive et inaltérable des séries de faits. Le mot âge sert à indiquer certains états ou époques de la vie qui se succèdent dans le même ordre chronologique, sans être séparés les uns des autres par d’égales durées de temps; mais ces intervalles d’un âge à l’autre sont toujours en rapport direct avec la durée de la vie totale.

Les faits des séries biologiques des corps organisés, comme ceux des corps célestes, se produisent en une succession invariable parce qu’ils suivent la loi physique, de sorte que par la connaissance de la série des faits l’âge de chaque corps céleste est facilement déterminé, comme cela se fait pour les corps organisés de chaque genre.

Les astronomes disaient qu’en composant la biographie des corps célestes ils font comme les naturalistes :

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ceux-ci parcourent une forêt où se trouvent des milliers d’arbres de tout âge, et en un court espace de temps ils composent la biographie des arbres séculaires. Toutefois les résultats des astronomes ne sont pas concordants comme le sont ceux des naturalistes; ceux-ci sont bien certains que les arbres ont été d’abord petits, et que ce n’est que dans leur vieillesse qu’ils acquièrent leur plus gros volume. Les astronomes suivaient une voie diamétralement opposée; ils croyaient que des corps primitifs de gros volume s’étaient formés les corps célestes d’un volume inférieur; ils aboutissaient donc à des résultats analogues à ceux auxquels arriverait un naturaliste qui admettrait que la masse des gros arbres se condense pendant leur vie de façon qu’ils deviennent petits dans leur vieillesse.

De même que les physiciens, les astronomes, qui voyaient une tendance de rapprochement entre les molécules matérielles, n’ont pas cherché à s’assurer si elle est le résultat d’une rupture d’équilibre produite par la résistance qu’exerce le barogène /3 contenu dans les corps contre le harogène B affluant, de sorte que les deux corps se faisant écran mutuellement, font de ce côté diminuer la poussée qui, étant P de tous les autres côtés, est devenue P — p du côté de l’autre corps C, lequel éprouve de tous les côtés la poussée P, excepté du côté où est le corps C', d’où arrive la poussée P — p' (§ 45).

§ 120. biographie des soleils. Les âges de la vie astronomique des soleils ne correspondent pas, comme celui des corps organisés, à l’espace de temps écoulé depuis leur naissance, mais aux quantités de masses p, m, m, M dont chaque soleil se compose; parce que l’avancement vers la fin de la vie s’opère par le refroidissement qui est proportionnel aux surfaces et aux carrés des rayons, tandis que les masses sont proportionnelles aux volumes et aux cubes de ces rayons des globes.

,i3o VIE ASTRONOMIQUE.

L’absence de chaleur lumineuse dans les planètes fait reconnaître que le Soleil est déjà très-avancé dans sa vie, et de là il résulte que la portion p. de sa masse est petite par rapport aux portions m et m des soleils qui ont des planètes lumineuses, ou de ceux qui n’ont pas encore expulsé une bande de masse brûlante, et que la portion p. de la masse du Soleil est encore plus petite par rapport aux masses M très-grosses qui se trouvent entourées d’amas de vapeur et apparaissent comme des nébuleuses globulaires à qui il faut des millions de siècles pour devenir des soleils sans rotation et un aussi long temps pour devenir des soleils entourés de planètes obscures.

§ 121. BIOGRAPHIE ASTKOXOSIIQl'E DES SYSTÈMES PLANÉ- TAIRES. I. Etoiles nouvelles. Une bande de masse dense brûlante expulsée d’un soleil donne naissance à un système planétaire. Chaque siècle à peu près voit une naissance pareille. La bande de masse brûlante expulsée par le Soleil avait une longueur égale à la distance qui le sépare de Neptune; les longueurs des bandes expulsées par les soleils actuels sont des dizaines de fois plus grandes, parce que leur masse m l’est aussi par rapport à celle p. de notre Soleil. Ce sont ces bandes brûlantes qui se présentent dans l’espace subitement avec un maximum d’éclat. Au moyen, t° de sa grandeur apparente, comparable quelquefois à celle de Vénus, et a0 de sa longueur réelle, cinq à dix fois celle qui existe entre le Soleil et Neptune, parcourue par la lumière en vingt heures environ , on obtient approximativement la distance de la nouvelle étoile; la distance entre Neptune et le Soleil est parcourue en quatre heures par la lumière.

II. Nébuleuses planétaires. La couche superficielle de la bande brûlante produit une couche de vapeur opaque qui disperse les rayons et fait que la masse brûlante devient invisible. La bande se divise en neuf portions de

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telles longueurs qui forment une progression géométrique H aA : a*A, A. Les carrés des vitesses

orbiculaires de chacune de ces portions sont entre eux en raison inverse des cubes des distances. Le seul télescope gigantesque de lord Rosse nous permet de voir ces détails des portions produites par la subdivision de la bande totale, tandis que telles nébuleuses planétaires paraissent comme des anneaux de vapeur avec les autres télescopes.

III. Etoiles périodiques planétaires. A cause de la vitesse orbiculaire de la portion m', la couche superficielle se congèle pour devenir une enveloppe de glace transparente de forme ovalaire. Si donc le plan orbiculaire de cette planète passe par la Terre, elle a un grand éclat, étant en conjonction supérieure, car nous recevons la lumière de son hémisphère soulevé; dans sa conjonction inférieure la lumière vient de son hémisphère déprimé, c’est pourquoi l’éclat est alors inférieur. C’est par la durée des périodes de l'éclat que nous savons qu’une planète est peu éloignée de son soleil invisible étant enveloppé dans un amas de vapeur.

IV. Etoiles périodiques satellites. Les courtes durées des périodes de l’éclat nous font connaître que l’étoile est un satellite qui circule autour d’une planète invisible , tandis que celle-ci circule également autour d’un soleil invisible; telle est la cause qui fait varier les périodes des étoiles à courte durée.

V. Etoiles de clartés variables. Lorsque la portion m' de masse brûlante est devenue une planète d’éclat périodique sans satellite et sans mouvement rotatoire, et la masse m" aussi, il n’apparaît pas séparément une autre planète, mais les rayons de ces deux planètes arrivent ensemble à nos yeux et produisent un éclat composé des deux périodes que nous pouvons même quelquefois distinguer. Au lieu de deux planètes, s’il y en a

i3-2 vie astronomique.

plusieurs, les unes sont en conjonction supérieure, et les autres en conjonction inférieure; il leur arrive rarement d’être toutes en conjonction supérieure ou inférieure, d’où résultent les maxima des amplitudes de l’éclat et l’apparence de grandes variations de clarté.

VI. Grandeur des étoiles. Les étoiles multiples sont des systèmes planétaires dont les cinq intérieurs ne peuvent, au moyen des télescopes actuels, jamais être distingués; pour cette raison elles sont considérées, ainsi que leur soleil invisible, comme étoiles centrales; quant aux autres planètes extérieures, il est possible de les séparer toutes ou quelques-unes d’elles, et cela seulement dans les cas où leur distance de leur soleil est trèsgrande, comme cela résulte des longues durées de révolution de ces étoiles. De même que la bande de la masse brûlante apparaît comme une étoile de première grandeur, de même, des millions de siècles après, les huit grosses planètes, quoique très-éloignées l’une de l’autre, apparaissent comme une seule étoile. Herschel trouva pour le diamètre angulaire de Véga de la Lyre o",36, et pour celui d’Arcturus o",2 ; Goldschmidt a vu Sirius composé de sept étoiles.

En admettant que la lumière arrive de ces étoiles à la Terrecn trente ans, les valeurs trouvées par Herschel font voir que leur grandeur apparente ne correspond pas à un éclat exceptionnel d’une grande masse brûlante, mais plutôt à l’angle formé par des rayons qui arrivent des planètes extérieures, mêlés : i°avec ceux des planètes du milieu ; et a0 avec ceux du Soleil enveloppés dans un amas de vapeur. Les astronomes modernes, conduits par l’hypothèse que les étoiles résultent de l’accumulation des molécules matérielles dispersées dans l’espace, ont contesté les résultats d’Herschel, surtout Arago, qui chercha des arguments logiques pour réfuter des faits obtenus par des observations directes; c’est à l’avenir

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qu’il est réservé de s’occuper plus sérieusement des longueurs des diamètres des étoiles.

§ 122. distribution des eonps célestes. Le système planétaire est un modèle du système solaire; les mouvements des étoiles sont tous dans le même sens que celui du Soleil, comme les mouvements des planètes sont dans le même sens que celui de la Terre. L’espace dans lequel circulent les étoiles est de la forme d’une meule, comme l’espace dans lequel circulent les planètes. Les deux bases de la meule forment comme deux grandes fenêtres dans l’espace où Herschel croyait voir circuler les astres avec leur Galaxie, comme des nébuleuses arrondies irrésolubles.

Dans les directions des deux prolongements de l’axe de la meule, il ne se trouve qu’un petit nombre d’étoiles qui occupent sa largeur. En s’éloignant de cet axe ou des pôles de la. Galaxie, les quantités d’étoiles se multiplient inégalement, et cela parce que le Soleil se trouve plus près de la fenêtre de l’hémisphère de l’équinoxe d’automne que de celle qui donne dans l’autre hémisphère de l'espace. Excepté le petit nombre des étoiles s', e", ê" des espaces annulaires A', A", A", toutes les autres e" et e,t sont dans l’espace A,v où elles circulent avec le Soleil. Dans l’espace AT circulent des millions d’hélioides qui sont des pagosphères ou ballons de glace vides au centre, produits par la congélation des amas de vapeur séparés de leur masse brûlantes; ces hélioïdes correspondent aux planétoïdes.

Des millions de pagospheres ou déballons commeceux dont nous venons de parler se séparent également des masses brûlantes qui produisent les soleils, les planètes et les satellites ; ces pagosphères vides circulent : i° avec les soleils autour de l’Hélioagète; a0 avec les planètes autour du Soleil et avec la Lune autour de la Terre. i° Celles qui circulent avec le Soleil apparaisseut comme

des étoiles filantes ; a° celles qui circulent autour du Soleil avec la Terre apparaissent comme des points noirs sur le Soleil; 3° celles qui circulent avec la Lune autour de la Terre sont les bolides; et 4° celles qui circulent avec Vénus produisent la lumière zodiacale.

§ 123. scintillation des Étoiles. Elle consiste en une diminution de l’éclat normal et en production instantanée de toutes les couleurs; ces faits sont produits par des myriades de ballons de glace qui interceptent ou réfléchissent la lumière des étoiles. Ces ballons deviennent visibles de la manière suivante : on dirige deux lunettes d’égale force vers une même étoile pour en obtenir l’image dans le nerf optique; en laissant une lunette dans sa position, on raccourcit la distance de l’oculaire de l’autre, de façon que l’étoile ne soit plus visible. Les masses globulaires ou les ballons qui passent à une distance inférieure à celle dans laquelle se trouve l'étoile réfléchissent la lumière, et deviennent instantanément visibles dans la lunette montée pour des corps qui se trouvent beaucoup moins éloignés que l’étoile scintillante.

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