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DE VÉNUS

§ 141. Quelques semaines avant et après l’équinoxe du printemps, il apparaît souvent à l’ouest une pyramide lumineuse dont le sommet s’élève jusqu’il 57 ou 58 degrés de distance du Soleil. Pendant l’équinoxe d’automne, c’est à l’est, avant le lever du Soleil, qu’apparaît quelquefois une pareille pyramide lumineuse. Combinant les directions des rayons qui arrivent à la Terre de la pyramide lumineuse avec la direction de ceux qui, venant du Soleil, les rencontrent, D. Cassini constata l’existence, dans le plan de l’orbite de Vénus, de corps qui, recevant les rayons solaires, les réfléchissent vers la Terre; cet astronome a cru que des corps imperceptibles se détachent de l’équateur solaire.

En i8/|3, Arago trouva, le 9 mars, à 8 heures du soir, que le sommet de la pyramide lumineuse s’étendait jusqu’aux Pléiades; le 27 mars, il observa un déplacement à gauche de ces étoiles, c’est-à-dire du nord vers le sud, sans aller plus loin, en suivant l’hypothèse de Cassini pour découvrir que ce déplacement du sommet de la pyramide correspond à l’accroissement de la distance existant entre la Terre et le nœud ascendant. Ce manque

d’attention peut être attribué aux observations de Ilumboldt, qui paraissaient être en désaccord avec l’hypothèse de Cassini et celle de Laplace. Dans les régions tropicales de l’Amérique du Sud, Ilumboldt observa des intermittences d’intensité brusques et rapides, des ondulations qui traversaient la pyramide lumineuse, faits qui ne permettent pas d’admettre comme corps réfléchissants une masse formant un anneau uni autour de l’orbite de Vénus.

En substituant à la nébuleuse imaginaire une multitude de pagosphères circulant avec la planète Vénus autour duSoleil, ayant des rayons différents R ±r allant jusqu’à une distance angulaire de io degrés au delà de son orbite de rayon R, on obtient le mode de production de toute la série des faits, sans excepter même la couleur rouge. Les pluies d’étoiles résultent de telles pagosphères, de même que la lumière zodiacale; les unes sont visibles par la lumière stellaire concentrée comme dans les lentilles ou les miroirs, et les autres réfléchissent la lumière solaire comme des miroirs mobiles. Il y a donc lumière zodiacale lorsqu’il y a des pagosphères pour réfléchir les rayons solaires; c’est par les réfractions que ces rayons éprouvent dans les pagosphères ovalaires que la couleur rouge est produite; les intermittences des pagosphères correspondent à celles de la lumière.

B. DES BOUDES ET DE LA DIFFÉRENCE DE LECR LUMIÈRE ÉLECTRIQUE AVEC CELLE DES PILES.

§ Ü2. Les bolides sont des pagosphères comme les étoiles filantes et les pluies d’étoiles, comme celles qui produisent la lumière zodiacale ou qui obscurcissent parfois le Soleil. Les bolides se présentent avec une série de faits électriques qui résultent du frottement de leur surface contre l’air, frottement qui a également lieu pour la surface des aérolithes. La lumière répandue par

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les bolides et les aérolithes est une lumière électrique, comparable non pas à celle des piles, mais à celle des machines, car celle-ci peut se propager comme la lumière des lampes, tandis que la lumière de l’arc voltaïque diminue rapidement pour devenir insensible à des distances même médiocres.

Ce fait paraissait inexplicable à ceux qui ignoraient que chaque atome de lumière est produit par des équivalents électriques qui proviennent des deux pôles; depuis cette découverte, il devint évident qu’à cause de la résistance exercée contre les équivalents électriques par l’air, et à cause de l’absence de cette résistance dans le pôle opposé, ces équivalents s’y écoulent et la lumière disparaît. Dans l’électricité des machines, les équivalents électriques doivent se répandre hors des conducteurs par la répulsion expansive et produire une lumière dont l’intensité se soutient et se propage au loin. A l’exception de cette lumière superficielle, il se produit dans les bolides des séries de faits électriques qui manquent aux aérolithes; ces séries de faits correspondent à la structure et aux éléments des pagosphères qui manquent aux aérolithes.

§ 143. DU MODE DE PBODCCTIO.V DES FAITS ÉLECTRIQUES dans les pagosphères par l’air. J’admets que le lecteur

connaît un certain nombre de faits par ses propres observations ou par la description qu’il en a lue, et je me borne à exposer le mode de production de ces faits suivant la loi physique, ce que chacun aurait fait si l’on savait que les météores observés sont des corps volumineux sans poids sensible, parce qu’ils ne sont que des amas de petits ballons ayant une enveloppe mince produite par la congélation des vésicules de vapeur. Eu coordonnant les séries des faits observés dans les bolides, chacun est conduit à reconnaître : i°que les éléments matériels dont ils sont composés ne diffèrent pas de '

ceux de l’eau*, 2°qu’un gros volume et l’absence de pesanteur ne peuvent coexister qu’au moyen d’un espace vide au milieu ; 3° qu’un bruit dans l’atmosphère ne peut être produit que par la pénétration de l'air dans cet espace vide; 4° que la fracture des enveloppes de glace des ballons est un effet des répulsions exercées par l’électricité développée dans la surface des amas de ballons; 5° que la chaleur électrique transforme les enveloppes de glace en un nuage qui se manifeste dans l’espace où disparait la pagospbère; 6° que dans les aérolithes la lumière et la chaleur électrique sont également produites, mais que la température ne peut pas s’élever jusqu’au degré nécessaire pour les transformer en vapeur.

§ 144. La série des phénomènes observés dépend aussi bien de la distance d parcourue dans l’atmosphère que de la distance </ entre la Terre et l’espace où les bolides observés disparaissent.

I. Si la pagosphère est d’un diamètre de plus de iooo mètres, la destruction de sa surface par la vaporisation commence lorsqu’elle a parcouru une certaine distance d dans l’atmosphère. Il y a production de vapeur qui semble une traînée de nuée en forme de triangle isocèle ayant sa base dans le bolide. Les petits ballons détachés, portant dans leur enveloppe l’électricité, paraissent comme des étincelles qui s’éteignent en descendant vers la Terre. Il faut qu ils se soient assez rapprochés de la Terre pour qu’on entende le bruit qu’ils produisent et qui est parfois une détonation. Enfin, si la pagosphère est très-volumineuse, elle peut atteindre même le sol et répandre l’odeur que produisent les fortes décharges d’électricité des machines.

II. Habituellement, les diamètres des pagosphères sont de plusieurs centaines de mètres; elles se vaporisent après avoir acquis une quantité d’électricité par le frottement de l’air de la couche supérieure de l’atmosphère.

Eli pareils cas, le bolide disparait sans qu’on puisse s’apercevoir si celle disparition est un effet de l’évaporation ou de l’ éloignement. Il faut donc entendre le bruit ou voir la nuée pour être convaincu que la pagosphère a été transformée en vapeur qui s’est dispersée dans l’air comme celle des nuées.

§ 145. bolides aéuolituophores. Très-fréquemment les aérolithes sont accompagnés de grosses pagosphères qui produisent les mêmes phénomènes que les bolides isolés. Cette union de corps de structure très-différente (parce que les molécules des bolides ont été expulsées de la Terre à une époque très-reculée et trèséloignée de celle de l’expulsion des aérolithes), et divers faits de ce genre, servent de monument cosmologique des états dans lesquels se trouva la Terre il y a des millions de siècles, et dans lesquels se trouvent actuellement les planètes des autres systèmes. i° La bande b de masse brûlante expulsée de la Terre a produit les pagosphères qui circulent avec la Lune autour de la Terre; 20 des millions d’années plus lard, au moment de la séparation de chaque couple de comètes, des milliers de violentes éruptions volcaniques se produisirent sur la Terre. Les masses minérales expulsées éprouvèrent un choc tangenticl du bord postérieur ou occidental des cratères, choc qui les empêcha de rebrousser chemin en obéissant à la pesanteur qui les arrêta à des distances de milliers de lieues.

Uue quarantaine de couples de comètes se séparèrent de la Terre, et il se produisit autant d'expulsions de masses minérales de l’intérieur de milliers de volcans. Dans leur circulation autour de la Terre, ces masses et les sélénojiayosjjltères (eiAfivr,, lune) se heurtent, et de la quantité de leurs mouvements orbiculaires résulte un mouvement diagonal qui provoque parfois la chute des deux corps vers la Terre. Comme il a été déjà dit, il ar-

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rive que la pagosphère se vaporise à une grande hauteur sans que ce fait soit remarqué; en cas pareils, l’aérolithe tombe seul sur la Terre. Dans les cas seulement où la pagosphère est très-grosse, on observe les détails des bolides en même temps que la chute des aérolithes. Ce sont donc les pagosphères qui occasionnent les chutes des aérolithes, mais le contraire n’a pas lieu, parce qu’il y a des rencontres entre les pagosphères lunaires et celles qui circulent avec le Soleil autour de l’Hélioagète, et ce sont ces rencontres qui occasionnent la chute des pagosphères qui apparaissent comme de gros bolides sans être accompagnées d’aérolithes.

Pour me rendre compte du poids desaérolithes arrivés à la Terre, j’ai évité toute erreur eti me bornant à un minimum : on peut bien admettre qu’il est trouvé par chaque siècle t kilogramme de masse d’aérolithe ; vu que les endroits pareils ne forment pas 7075-0 de la surface totale de la Terre, où peuvent également tomber des aérolithes inaperçus, il faut admettre au moins 1000 kilogrammes par siècle. Ces chutes d’aérolithes ne peuvent pas être d’une durée infinie, parce que la Terre ne serait alors composée que de la matière des aérolithes. Dans la deuxième Partie de cet ouvrage, je discute en détail le mode de production des comètes et des expulsions des masses minérales de milliers de volcans trèsviolents qui sont l’origine des aérolithes. (Phys., t. III.)

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