C. MODE DE PROJECTION DES PAGOSPHÈRES SUA LE DISQUE SOLAIRE
§ 146. Les aérolithes et les bolides, étant des corps obscurs, devraient fréquemment éclipser le Soleil s’ils avaient le volume de la Lune; mais leur diamètre est des milliers de fois moindre. C’est pour cette raison que, projetés sur le disque solaire, les pagosphères et les aérolithes sont imperceptibles, de même que les petits points noirs projetés sur une surface blanche. Dans les
cas où les aérolithes et les bolides se trouvent à peu de distance de la Terre et en masses considérables, ils deviennent visibles sur le disque solaire. Par exemple, le 17 juin 1777, vers midi, Messier vit un nombre prodigieux de globules noirs passer sur le Soleil pendant vingt minutes. Humboldt attribue à une telle interposition des pagosphères l’obscurcissement du Soleil qui eut lieu en i5/j7, vers l’époque de la bataille de Miihlberg et qui dura trois jours. Cbladni et Schnurrer attribuèrent également aux passages des masses météoriques devant le disque du Soleil les phénomènes analogues des années 1090 et iao8, dont le premier dura pendant trois heures et le second pendant six heures.
De la quantité des aérolithes précipités sur la Terre, il résulte qu’il doit y en avoir une multitude qui circulent autour de la Terre à des distances considérables, qui les rendent invisibles à cause de leurs dimensions médiocres, de même que les pagosphères. Après avoir ainsi établi que les pagosphères sont des corps obscurs comme les aérolithes, il reste à indiquer comment elles deviennent visibles la nuit, car il est absurde de croire à l’existence de l’électricité dans le vide, comme l’a fait Poisson, alors que la nature de l’électricité était peu connue; de plus, il est absurde d’attribuer les étoiles filantes et les pluies d’étoiles aux aérolithes qui 11e deviennent visibles que dans l’atmosphère au moyen de la lumière électrique, et qui restent invisibles la nuit, se trouvant en dehors de l’atmosphère. L’absence de poids sensible chez les bolides et les étoiles filantes est une preuve directe de la différence qui existe entre leur structure et celle des aérolithes.
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0. DE L’ORIGINE DE LA LUMIERE ET DU MOUVEMENT DES ÉTOILES FILANTES ET DES PLUIES D’ÉTOILES.
§ 1 VJ. lumière des Étoiles fila.vtes. En indiquant le mode de production de la lumière et de la chaleur électrique, les physiciens crurent avoir expliqué tous les météores; mais on acquit la certitude de la grande hauteur à laquelle se manifestent les étoiles filantes, lesquelles s’éloignent sans même se rapprocher de l’atmosphère. Ne sachant que faire, les astronomes laissent de côté l’explication des étoiles filantes, croyant qu’il faut encore un certain nombre de faits nouveaux dont on puisse déduire la cause physique , de Ce phénomène, à laquelle nous sommes arrivé par une attire voie inconnue jusqu’à présent.
En dehors de l’atmosphère toute trace d’électricité manque, et cependant les météores, sans être lumineux, sont imperceptibles le jour et apparaissent la nuit comme des étoiles de ire grandeur, de même que les étoiles télescopiques, qui atteignent également la ire grandeur lorsqu’elles sont observées dans des miroirs de télescopes à grand diamètre. Faisant la comparaison eutre les effets de ces miroirs et ceux qui doivent être produits par les pagosphères de forme ovalaire, j’ai trouvé qu’il y a concentration de la lumière stellaire dans un poiut de son grand diamètre, d’où elle se propage comme d’un foyer et fait apparaître le point occupé par le corps pendant la courte durée du passage de l’axe de la pagosphère par les yeux de l’observateur; on parvient ainsi à connaître également le seus du mouvement; quant à la vitesse, elle est déterminée en même temps que la distance des pagosphères, laquelle s’élève à plusieurs centaines de lieues.
Pour diviser les pagosphères en bolides et étoiles filantes ou pluies d’étoiles, il ne reste que la distance entre elles et le sol : les pagosphères sont bolides dans les
cas où elles traversent l’atmosphère pour être réduites en vapeur au moyen de la chaleur électrique; quant à la lumière qu’elles répandent, elle est mêlée d’une lumière électrique et d’une lumière stellaire, comme l’est celle des pagosphères qui n’arrivent pas jusqu’à l’almosphère, et qui passent sans éprouver aucuu changement dans leur état précédent; c’est en cela que consiste la différence entre l’apparition des étoiles filantes et des bolides.