CHAPITRE III
DES OPINIONS DES ASTRONOMES SLR LES NEBULEUSES ET DES ORDRES DE COSMOGONIES.
§ 191. Les faits fournis par les expériences restent toujours les mômes, tandis que les faits célestes diffèrent qnaupj on les observe à l’œil nu, dans des télescopes faibles oq dans des télescopes puissants. Dans la physique et la chirnip c’est la multiplication des faits qui occasionne les changements des systèmes et des théories chez les auteurs anciens; dans l'astronomie les faits eux-mêmes changent avec |a puissapce des instruments, de sorte qu’il devient impossible de soutenir certaines théories basées sur des faits entièrement différents de ceux que l’on observe à l’œil nu ou dans de faibles télescopes.
Habituellement j’évite de fatiguer je lecteor en répétant les théories et les opinions erroqées des auteurs, je fais pourtant ici exception par rapport aux nébuleuses et aux cosmogonies, lesquelles constituent la plus importante partie de la physique céleste et qui jusqu’à présent étaient en, partie ou mal connues ou même souvent totalement inconnues, de sorte qu'égarés par un égpïsme scienlilique excessif, les savants déclarèrent enveloppés d'un épais voile les faits à la connaissance desquels ils ne pouvaient parvenir par la voie qu’ils suivaient, en prenant pour guides l’attraction et ses effets, voie qui est précisément la seule qui les entraînait dans une direction diamétralement opposée à celle qu’ils auraient dû suivre.
2'jO CtlAP. IH - OPINIONS DES ASTftONOMËS SUll LES NÉBULEUSES
Tant qu’on persista à s’appuyer sur cette malencontreuse attraction, on vit s’obscurcir davantage l’horizon do la science, et l’on alla en tâtonnant dans toutes les directions, sauf dans celle qui conduit à la vérité dont on ne faisait que s’éloigner de plus en plus. Les vieux naturalistes regretteront d’avoir sacrifié leur vie à des travaux inutiles; les jeunes se féliciteront d’étre venus au monde alors que la scienqe était déjà éclaircie par la dispersion du brouillard qui obscurcissait l’intelligence et ne permettait aucune espèce de progrès, si ce n’est pour le grossier matérialisme concentré dans l’industrie.
§ 192. Classification des opinions sur la production des corps célestes et des corps organisés. Dans la Genèse monodynamique de l’Écriture, on trouve exposé dans les pins grands détails le mode de la production des faits dans leur ordre chronologique, lequel ne diffère en rien de celui de la Genèse triadique exposée en cet ouvrage; car c’est d’elle que découle la loi physique. Nous ferons voir plus loin eu quoi diffèrent ces deux genèses également véritables.
Toutes les cosmogonies des naturalistes ont été composées par des faits cosmiques connus des auteurs de l’époque pendant laquelle les faits se sont classés dans leur esprit suivant des lois logiques qui n’ont pas l’ombre d’existence; pour celte raison toutes les cosmogonies logiques n’ont eu qu’uno durée éphémère. La Genèse de l’Écriture, que les matérialistes affectent souvent de mépriser, a duré et durera toujours, tandis que les ouvrages de ces naturalistes ont déjà disparu avec leurs auteurs.
Les ouvrages de ce genre sont, chez les Français, ceux de Buffon et de Laplace; c’est d’après l’opinion d’Herschel sur l’existence d’une matière primitive nébuleuse dispersée dans l’espace que Laplace composa la formation de notre système planétaire.
Herschei, plus circonspect que Laplace et guidé par les
séries des faits, reconnut l’existence de quelques changements dans les nébuleuses; cependant il n’a pas réussi à les classer suivant un ordre physique, car ignorant l’origine du mouvement et de raflinilé, il voulait parvenir au but n’ayant pour guide que l’attraction. Le Gis d’Herschel, non moins circonspect que son père, chercha à parvenir au but en évitant d’avoir recours à l’attraction ; il déclara le Monde terminé par la réduction de la matière primitive en un état équilibre. Les éléments des corps et des mouvements restent les mêmes et ne sont conçus qu’à des périodicités éternelles. Au lieu de résoudre le nœud, John Herschel le coupa ; Lamont et d’autres Allemands approuvèrent cette opinion, sans se préoccuper de rechercher le mode de production des faits qui avaient eu lieu il y a des millions d’années ou de siècles.
Quoique deux ou plusieurs opinions soient soutenues sur le même objet, chacune d’elles n’en est pas moins fausse; car tôt ou lard la vérité se fait jour et les erreurs se dissipent lorsque celui qui connaît la vérité les expose à son flambeau. La source principale des erreurs qui ont cours aujourd’hui est l’hypothèse de l’attraction; une autre source se trouve encore dans l’hypothèse de l’existence d’une matière nébuleuse répandue dans l’espace inflni, et c’est précisément ces deux hypothèses qui servent de base à tous les ouvrages qui ont la cosmogonie pour objet.
I. DES DIVERSES OPINIONS SUR LA FORME DES NÉBÜLEÜSEP ET SUR LEURS ÉLÉMENTS.
§ 193. Les faits obtenus par les observations des nébu* leuses circulaires ont été arrangés par Herschel d’une manière telle que, pour lui et pour tous les autres, il en résulte une preuve géométrique, 1° de la forme sphérique de celte classe de nébuleuses, et 2° de l’existence réelle d’une force attractive dans la matière. Arago, après avoir approuvé ces i- . . . ‘ «
rails comme des vérités incontestables, est mémo allé pins loin; Herschel hésita à admettre l’existence d’une forme sphérique des étoile» nébuleuses, tandis qu’Arago chercha des preuves optiques pour établir également chez ces étoiles la forme sphérique 5 cependant ces preuves ont été contestées par John Herschel.
De cette polémique résulta une explication de tous les détails connus des faits, auxquels nous allons donner ici un arrangement propre à rendre évidents les éléments des nébuleuses et leur forme qui elfecle celle d’une meule et non pas d’upe sphère, comme elle parait être suivant l’exposition suivante.
g 19i. Preuve de la forme sphérique des nébuleuses circulaires suivant Herschel. « Les nébuleuses circulaires résolubles ne sont pas planes; leur forme réelle doit être sphérique. Plaçons très-loin une nébuleuse sphérique, dans laquelle les étoiles soient également condensées au centre, au bord, partout, l’oeil démentira cette composition. Menons un rayon qui traverse la sphère près du bord, l'espace compris eutra le point d’entrée et le point de sortie sera fort court; le rayon côtoiera donc très-peu d’étoiles. A mesure que ce rayon visuel se rapprochera du centre, sa partie comprise dans la sphère deviendra plus longue, et le nombre des étoiles qu’il rencontrera ira en augmentant. Le maximum s’observera au centre même. »
L’augmentation graduelle de l’intensité du bord au centre que présente toute nébuleuse en apparence circulaire peut aussi être considérée comme la preuve manifeste de la forme sphérique du groupe stellaire : telle est la preuve donnée par Herschel de la structure physique des nébuleuses.
§ 195. IL Preuve de l’existence d’une attraction entre les éléments des nébuleuses, «lia été dit déjà que les parties des rayons visuels qui sont comprises duos une sphère vont en augmentant de grandeur eu allant du bord au centre. $i la sphère est remplie d’étoiles également
ET nES ORDRES DE COSMOGONIES. 343
espacées, les longueurs de ces parties des rayons visuels seront proportionnelles aux nombres des étoiles que le# rayons côtoieront; elles donneront la mesure de l’intensité
lumineuse de toute la région de la nébuleuse depuis le bord jusqu’au centre. Qu’on mèue des lignes à peu près parallèles à travers une sphère, près du bord, ces lignes varieront de longueur avec rapidité; près du centre, au contraire , elles varieront très-peu. La nébuleuse doit varier très-rapidement sur le bord et à peino vers lo centre. C’e8t l’inverse qu’on observe ; ainsi, on ne doit pas supposer que les étoiles existaient dans toutes les parties do la sphère à un état d’égale concentration. L’augmentation rapide de l’intensité vers le centre, la présence à ce centre même d’une sorte de noyau lumineux prouvent que les étoiles sont plus condensées là et à l’entour que partout ailleurs.
«Un pareil résultat est important à la lois par sa nature et par sa généralité. On doit le considérer comme l’indice manifeste de l’existence d’une force de condensation dirigée de toutes les parties vers le centre de groupe globulaire. »
Telle est la preuve géométrique que donne Herschel sur l’existence d’une attraction dans les molécules de la matière primitive accumulées premièrement pour produire les étoile# élémentaires, dont des millions, accumulées en un seul et même espace, forment des sphères de grandeur telle que leur rayon est comparable à celui de l’orbite de Neptune.
§ 196. Rapport entre les nébuleuses et l’espace vide ambiant. Dans l'espace autour dos nébuleuses, les étoiles manquent habituellement, ou du moins y sont fort rares; ainsi, pendant ses observations, toutes les fois que, pendant un peu de temps, aucune étoile n’était venue, par le mouvement du ciel , s’établir dans le champ de son télescope, Herschel reconnaissait que les nébuleuses allaient apparaître.
Il y a dans le Scorpion un espace de quatre degrés du
large, dans lequel on n’aperçoit pas d’étoiles; sur le bord occidental du trou obscur existe la nébuleuse qu'Herschel considère comme un des amas d’étoiles les plus riches et les plus condensés que le firmament puisse offrir aux méditations des astronomes.
§ 197. Quantité d’étoiles d’une seule nébuleuse.
Chaque point lumineux était dans les nébuleuses considéré parHjrschel et par les autres astronomes comme une étoile comparable aux étoiles isolées : Herschel et les mêmes astronomes oui compté 20,001) étoiles dans un espace d’une superGcie apparente égale au dixième du disque lunaire. En admettant la formule sphérique, il doit, sur toute sa surface, y avoir au moins 40,000 étoiles, et dans tout l’espace sphérique, on en a trouvé environ 2 millions 1/2, et cela sans admettre une condensation vers le centre , comme l’existence de celle-ci a été démontrée ci-dessus; en pareil cas, elle augmenterait encore le nombre prodigieux d’étoiles qui n’occupe dans la voûte céleste qu’un espace de 10 minutes de diamètre. On a trouvé jusqu’à présent 2,500 nébuleuses et même davantage, outre celles qui constituent la Galaxie.
§ 198. Opinions des astronomes basées sur les faits exposés. En rapprochant les faits précédents des observations qui montrent les étoiles très-condensées vers le centre des nébuleuses sphériques, des conjectures auxquelles ont été conduits les astronomes par l’état des nébu leoses irrégulières, étal considéré comme transitoire, Herschel se trouva disposé à admettre que les nébuleuses se sont produites quelquefois par le travail incessant d’un grand nombre de siècles aux dépens des étoiles dispersées, qui, primitivement, occupaient les régions environnantes.
Après avoir adopté complètement et sans réserve l’opinion d’Herschel sur le mode de la production des nébuleuses globulaires, Aragova plus loin. Cet astronome, s’appuyant sur l’hypothèse d’un travail incessant de l’attraction.
dit a que les coordinations dynamiques, propres à assurer la conservation indéfinie d’une semblable fourmilière d’étoiles, ne semblent pas faciles à imaginer : 1° Suppose-t-on le système en repos, les étoiles tomberont à la longue les unes sur les autres ; 2° lui donne-l-on un mouvement de rotation autour d’un seul axe, des chocs deviendront inévitables. »
Arago dit qu’il n’est pas prouvé à priori que les systèmes globulaires d’étoiles doivent se conserver indéfiniment dans l’état où nous les voyons aujourd'hui : opinion diamétralement opposée à celle de John Iierschel suivie par Lamont et d’autres astronomes.
A. Réfdtition des opinions des astronomes sdr la nature
DES N^BDLEDSES ET SDR LEUR FORME SPIIÉKIQDE.
§ 199. L’arrangement indiqué des faits observés ne permet pas en apparence de douter de l’existence d’une force d’attraction. Vu que les faits sont incontestables, pour prouver qu’il n’existe nulle part une force d’attraction, il n’est permis de le faire ressortir qu’au moyen d’un arrangement dilférenl de mêmes faits. Cependant on a vu que tous les astronomes ne sont pas d’accord sur l’état actuel des nébuleuses globulaires; quant aux étoiles nébuleuses, Arago n’était pas de la même opinion qu’Herschel. De plus, les conjectures d’Herschel sur les faits connus par lui changèrent depuis que ces faits ont dû céder la place à d’autres nouvellement découverts par son fils et devenus visibles dans le télescope de lord Ross; faits que j’expose plus bas.
Depuis la découverte des bandes spirales dans l’intérieur des nébuleuses, les astronomes modernes durent se montrer plus circonspects. En effet, malgré tout leur respect pour l’attraction, leur vieille idole, ils ne pouvaient plus donner aux nouveaux faits le même arrangement qu’avait imaginé Herschel en faisant ressortir les effets de l'attraction, la-
iù6 CHAP. III.— OPINIONS DES ASTRONOMES 9ÜR LES NÉBULEUSES
quelle paraissait également démontrée, 1* par la concentration indiquée des étoiles vers le centre des nébuleuses, et 8* par l’espace vide existant autour des nébuleuses.
Au lieu de me laisser conduire comme les autres par les faits, je suis en môme temps la loi physique, suivant laquelle s’opère la production des faits en un ordre chronologique invariable, de môme que cela a lieu dans la succession constante des séries de faits pour chaque espèce des corps organisé#. Dans la Physique simplifiée, j’exposai tous les détails de la production des faits de chaque espèce : l’astronomie est devenue une branche de la physique,* elle n’est qu’une physique céleste.
Ce n’est pas dans cet ouvrage qu’apparalt pour la première fois le mode do la production des corps célestes par la séparation des jets de masses brûlantes du corps central, d’où résultent ces corps périphériques. BulTon exposa un mode pareil do production des planètes par des jets domaâses brûlantes détachées de eello du Soleil. Cependant Buffon, ainsi que tous les autres naturalistes, ignorait la constitution physique du Soleil ; aussi lui fut-il impossible de parvenir è connaître le mode de la séparation des jets de masses du corps central, d’où sont ensuite produits ces corps périphériques.
Les astronomes et les naturaliste# ignoraient de même complètement l’état physique des corps nommés météores; encore moins savaient-ils qüe c’est de pareils météores que sont composées toutes les nébuleuses résolubles ou Irrôsolublos, circulaires, elliptiques, linéaires, irrégulières, isolées ou composant la Galaxie. L’origine de ces météores se trouve dans les jets de masse brûlante expulsés de celle du corps central. Des molécules de la couche superficielle de cos jets donneut spontanément naissance à des vésicules de vapeur, dont les enveloppes gèlent, puis so convertissent en ballons ; des millions de ces ballons, attachés les uns aux autres, forment les météores constituant lés nébuleuses,
lesquelles sont résolubles lorsque les amas de ballonB sont de grandes dimensions. Pour qu’ils acquièrent de pareilles dimensions, il faut Un très-long espace de temps. On peut donc, d’après cela, distinguer dans les nébuleuses di- Verses périodes ou âges correspondant du* dimensions des points lumineux qui les constituent; il faut cependant se garder de confondre avec celles-ci les nébuleuses très-éloiguées de là Galaxie, composées des plus gros météores, et cependant irrésolubles à cause de leur très-grande distance.
§ 200. La forme des nébuleuses rondes affecte Celle d’une meule et non pas celle d’une sphère.
De même qu’Herschel prouva géométriquement que les nébuleuses circulaires ont la forme de sphère, et que les étoiles sont très-denses vers le centre de la sphère, de même je prouve, suivant la loi physique, que la forme de ces mêmes nébuleuses est celle d’une meule. L’accroissement rapide de la clarté vers le centre no résulte pas d’une Codcentration des étoiles, mais des prolongements concentriques des bandes spirales invisibles dans le télescope d’Herschel ; avant l’apparition de ces bandés dans le grand télescope, l’opinion d’Herschel était insoutenable. Arago était trop esclave des préjugés de la force d’attraction pour l’abandonner eh s’éloignant de l’opinion d’Herschel ; toutefois, le fils de ce dernier, John Herschel, montra pins d’indépendance, et en présence du changement qui s’était opéré daus l’aspect des faits, il ne balança pas à abandonner une opinion que son père n’aurait certes pas adopté, s’il eût èü à sa disposition le télescope de lord Ross.
Après avoir prouvé que les volumes des météores des nébuleuses grossissent continuellement, rien de plus évident que la manière dont est produit, 1° l’aspect des nébuleuses irrésolubles de 5, 4, 3, 2 anneaux ou môme d'un seul; 2° l’aspect des nébuleuses sans anneaux résolubles en des millions de points lumineux, lesquels indiquent le nombre
268 CUAP. ni. — OPINIONS DES ASTRONOMES SUll LES NÉBULEUSES
des météores qui ne sont pas des étoiles occupant antérieurement l’espace vide ambiant. Un pareil nombre d'étoiles d’égale grandeur et de même couleur n’existe nulle part au
ciel; l’espace ambiant a été toujours vide comme il l’est autour de toutes les étoiles doubles, lesquelles autrefois étaient des nébuleuses. De même, au bout de millions d’années, les nébuleuses actuelles deviendront des étoiles doubles, lorsque les étoiles doubles actuelles perdront leur lumière et seront réduites à l'état de planètes éteintes comme celles de notre système. Les météores composant actuellement les nébuleuses ne seront pas perdus ; ils continueront à circuler autour de leur soleil accompagnés des planètes, et lorsque celles-ci deviendront comme celles de notre système et comme la Terre, les météores y paraîtront comme des bolides, des étoiles filantes et des pluies d’étoiles.
En laissant à part les nébuleuses irrégulières, considérées par Herschel comme un état transitoire d’où doit résulter celui des nébuleuses sphériques, dont je m’occuperai dans \a section suivante, je prouve que toutes les nébuleuses planétaires ont la forme de meule : 1° vues de face, elles sont circulaires; 2° vues obliquement, elles ont la forme d’ellipses, et 3° vues de profil, elles sont de forme linéaire.
B. ÉTOILES NÉBULEUSES d'HERSCHEL.
§ 201. Il y a des étoiles entourées de nébulosité tout à fait circulaires; Herschel n’en découvrit que quatre. Pour expliquer ce (ait, il n’y avait que deux cas connus de cet astronome : 1° l’existence d’étoiles entourées d’une matière gazeuse en forme d’une atmosphère, ou 2° si celte matière est répandue dans l’espace entre l’étoile et la Terre.
Une étoile nébuleuse découverte le 6 janvier 1783 est entourée jusqu'à la distance de deux minutes d’une nébulosité qui s’affaiblit graduellement en s’éloignant du centre;
Herschel croyait que de tels cas devaient se rencontrer fréquemment, parce que la matière nébuleuse ne peut pas se trouver dans des étendues ainsi limitées.
Une autre étoile de huitième grandeur, découverte en 1790, se trouva également au centre d’une atmosphère laiteuse exactement circulaire de trois minutes de diamètre, d’une lumière uniforme et extrêmement faible. Deux autres étoiles semblables à la précédente ont été découvertes l’an 1787.
Certainement personne n’admettra l’existence séparée des quatre étoiles et des quatre nébuleuses rondes, lesquelles se projettent exactement au centre des nébuleuses; il ne reste qu’à savoir si la matière nébuleuse est entre l’étoile et la Terre, ou si elle fait partie de l’étoile elle-même ; en ce dernier cas, il reste à savoir si la matière nébuleuse se trouva précédemment dans l’espace ambiant pour être attirée de là par l'étoile, ou si, au contraire, elle n’est qu’un produit de la masse brillante. Ni Herschel ni aucun autre ne connaissait l’existence des météores produisant, 1° l'apparition des points lumineux lorsque leur volume est gros, ou 2* celle d’une matière nébuleuse ou laiteuse lorsque leur volume est médiocre. On ne savait pas davantage que des myriades de météores pareils circulent autour de chaque soleil, et que d’autres pareils encore accompagnent les soleils en circulant avec eux autour de l’Hélioagèle. Telle est la raison véritable par laquelle l’origine des étoiles nébuleuses resta inconnue.
Le rayon de la nébulosité étant de 150 secondes, il en résulte que l’étendue de l’atmosphère en question doit être plus grande que la limite d’un système planétaire. Herschel s’est demandé s’il est possible qu’une atmosphère aussi grande soit visible à une aussi longue distance par une partie de lumière réfléchie venant de l’étoile centrale.
Aujourd’hni, à une telle question on ne donnerait aucune réponse, parce que l’existence des étoiles nébuleuses ne
conduit pa9 à l’existence d’one atmosphère. Matière nébuleuse, gazeuse, laiteuse, tout cela n’existe nulle part; mais ce sont les météores qui sont la cause physique du grand nombre de faits qui se présentent sou9 tant d’aspects différents ; car de ces météores les uns sont très-gros, les autres le sont moins. Au foyer des gros se concentre une grande quantité de rayons; dans les moins gros, il s’en concentre des quantités moindres : ce qui fait que des météores résultent à la fois, et les nébuleuses résolubles et les nébuleuses irrésolubles.
Les météores persistent dans tous les systèmes planétaires circulant autour de l’Hélioagète avec leur soleil ou autour des soleils avec leurs planètes; ce sont ces amas de météores qui font apparaître les étoiles nébuleuses, dans le cas où ils se trouvent circulant dans l’orbite d’un soleil* par laquelle doivent passer les rayons d’une étoile pour arriver à la Terre. La scintillation des étoiles est également l’effet de ces météores (§ 78). Il y a même des exemples que des étoiles autrefois nébuleuses ne le sont plus.
Herschel n’admettait pas cette idée qu’il serait possible que la lumière réfléchie d’une atmosphère fût suffisante pour faire apparaître l’état observé chez les étoiles nébuleuses. Arago soutenait que parmi les nébuleuses à lumière presque uniforme plusieurs deviendraient des étoiles nébuleuses si nous en étions plus près.
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C. ÉTOILES HÉBOLEESES ET ÉTOILES VCES A TIIATERS USE fcfB&LMltÉ.
§ 202. En mars 1774, Herschel aperçut au nord de la nébuleuse d’Orion et de chaque côté deux autres étoiles plus petites, également entourées de nébulosités circulaires ou d’auréoles.
Dans le mois de décembre 1810, les nébulosités des deux petites étoiles n’étaient plus visibles. Le 19 janvier 1811, on n’en apercevait aucune trace, même avec le plus puissant
télescope; quant à la nébulosité de l’étoile principale, elle était visible, mais avait éprouvé un très-grand affaiblissement. Lacaille voyait cinq petites étoiles au milieu d’une nébulosité dans la constellation d’Argo. Dunlop, en 1825, avec de bien meilleurs instruments, n’en apercevait point de traces*
En comparant ses observations des années 1780 et 1783 à celles de 1811, Herschel trouva que la nébuleuse d’Orion avait sensiblement changé de forme et d’étendue; Mairan était arrivé au môme résultat en faisant la comparaison entre la forme de la nébuleuse et s’appuyant de l’autorité de Godin et Fouchy. Plusieurs astronomes croyaient avoir aperçu des variations dans la nébuleuse de v d’Andromède.
Lamont a pu apercevoir assez bien certaines limites entre les parties les plus lumineuses et les parties les moins lumineuses de la nébuleuse d'Orion.
HuygenS dit : « Les astronomes ont cbmpté dans l’Êpée « d’Orion trois étoiles très*voisines Fube de l’autre. Lors- « qu’en 1050 j’observai, par hasard, celle de ces étoiles qui « occupe le centre du groupe, au lieu d’une j’en découvris « douze, résultat que, d’ailleurs, il h’est pas rare d’obtenir « avec les télescopes. De ces étoiles, il y en avait trois qui, * comme la première, se louchaient presque, et quatre au- « très qui semblaient briller à travers un nuage, de telle « façon que l’espace qui les environnait paraissait beaucoup « plus lumineux que le reste du ciel, qui était entièrement « noir* »
Tant que persistait une auréole autour d’une étoile, elle était considérée comme une étoile nébuleuse; mais s’il arrivait que cette auréole disparût et que l’étoile restât seule, on disait qu’il y avait eu passage d’une matière cosmique entre l’étoile et la Terre. Dunlop constata la disparition des auréoles de cinq petites étoiles, lesquelles étaient entourées d’auréoles lorsque Lacaille les observa.
252 CHAP. lli. — OPINIONS DES ASTRONOMES SUR LES NÉBULEUSES
Herschel n’hésita point à reconnaître l’existence d’une espèce de brouillard en mouvement dans l’espace, lequel, venant s’interposer entre la Terre et l’étoile, fait, par la réfraction de la lumière, apparaître une auréole ayant dans son centre l’étoile dont le mouvement orbiculaire n’est pas parrallèle à celui du brouillard, celui-ci ayant été remplacé par une matière cosmique, de nature inconnue et douée d’un mouvement; car un pareil mouvement manque dans la nébuleuse d’Orion, laquelle reste en rapport invariable avec les étoiles. C’est dans cette nébuleuse que Lamont aperçut plusieurs parties séparées les unes des autres.
La matière ainsi découverte ne brille pas d'une lumière propre, puisque, à une certaine distance des étoiles, on n’en voit aucune trace. Elle manque de celle diaphanéité extrême que possède l’espace céleste. Il ne reste plus qu’à indiquer comment il se fait qu’une auréole apparaisse par les rayons qui arrivent parallèlement à la matière et qui en sortent comme s’ils provenaient de millions de points lumineux, possédant chacun une clarté inférieure à celle de l’étoile, celle clarté décroissant en même temps du centre vers la périphérie.
Dire que la matière cosmique réfléchit les rayons comme le fait le brouillard, c’est faire une comparaison et non donner une explication. Autour du Soleil et de la Lune, il se produit en certains cas des auréoles, et en certains autres cas des halos; les étoiles nébuleuses ont une auréole et non pas un halo (P/11/s., t. II, p. 6G5-G74). Les points lumineux dont l’ensemble compose l’auréole ne ré.-ultent pas d’autant de plans de réflexion composés des couches de molécules de brouillard ou de matière cosmique.
Le brouillard est composé, non pas de goulteleltes, mais de vésicules dont les enveloppes, à une température élevée, ont une superficie unie, tandis qu’à une température basse la vapeur devient opaque, parce que cette superficie se couvre d’aspérités et que les rayons deviennent dispersés;
le Soleil n’obtient pas uue auréole, mais il disparaît. La vapeur gèle à une température inférieure et les vésicules se transforment en ballons, dont des millions composent ensemble les météores.
Dans l’espace circulent les météores avec les soleils autour de l’Helioagèle; chaque soleil a, dans son orbite, des traînées de météores d’une longueur de plusieurs millions de lieues. Tels sont les météores qui passent à une petite distance de la Terre en août et en novembre, et qui paraissent comme des étoiles ülantes; si leur nombre augmente, nous disons qu’il y a des pluies d'étoiles. Les auréoles résultent des rayons réfractés dans les météores qui sont tous de forme ovalaire ayant l’hémisphère soulevé, non pas vers l’Hélioagète, mais vers leur soleil.
Ainsi donc, pour qu’une auréole se produise, les conditions suivantes sont exigées : 1° Il faut interposition des météores entre l’étoile et la Terre; 2* les sommets de ces météores doivent être dirigés vers le centre de l’étoile; 3* pour que les météores de celte interposition disparaissent, il ne faut pas qu’ils aient un mouvement parallèle avec celui de l’étoile; au contraire, pour que les étoiles nébuleuses persistent, il faut qu’il y ait parallélisme entre les mouvements des météores et l’étoile, laquelle n’est pas leur soleil.
Herschel admettait que la matière cosmique disparut de l’espace entre nous et les deux étoiles d’Orion, par un mouvement de concentration de ses molécules, qui formèrent une étoile, laquelle, bien qu’elle ne se voie pas, n’en doit pas moins, avec des milliers d’autres, servir d’éléments pour former un amas d’étoiles dont l’ensemble sera une nébuleuse globulaire de (fig.30). Herschel négligea tous les détails d’une production telle des nébuleuses, parce que pour obtenir un nombre suffisant d’étoiles contenues dans une nébuleuse médiocre, il fallait qu’il se rencontrât plus fréquemment une matière cosmique, surtout si elle était même en très-mé*
25/i CIIAP. III. — OPINIONS DES ASTRONOMES SUR LES NÉBULEUSES
diocre quantité; elle devrait être perceptible, étant inter* posée entre la Terre et une étoile visible à l’œil nu.
Ce sont précisément les étoiles visibles à l’œil nu qni ne sont jamais des étoiles nébuleuses; on infère de là que ce no sont quo des soleils lipoplanètes, et c’est entre eux et la Terre quo viennent s’interposer les météores pour leur donner l’aspect d’étoilos nébuleuses. Lorsque était encore inconnu le mode de la production des auréoles par les météores, Arago croyait qu’il est possible que les auréoles s’effacent par suite du grand éclat de la lumière des étoiles visibles à l’œil nu, coneenlréo dans la lunette : il faut attribuer celte objection à un oubli de la part d’Arago ; car, en pareil cas, il n’est pas besoin de lunette pour observer les étoiles, on n’observera que les auréoles.
Si le cas indiqué de la production des étoiles nébuleuses est véritable, il doit se rencontrer dans l’avenir des cas qui feront voir que certaines étoilos télescopiques ont acquis une auréole qu’elles n’avaient point antérieurement. C’est encore un indice de la grande importance qu’il y a de bien connaître et de bien indiquer cliuque étoile; de sorte que quand dans l’avenir seront découvertes des nouvelles étoiles nébuleuses, on sera en état de juger si elles l’ont été toujours ou si elles ne le sont que depuis peu. Un indice de cas pareil est le suivant :
lin 1G36, Huygena plaçait l’étoile d’Orion complètement en dehors de sa nébuleuse, lin 1731, Mairan aperçut un cercle régulier de clarté autour de l’étoile dito d; il dit que celte clarté serait toute semblable à celle que produirait l’atmosphère de nolreSoleil, si elle devenait assez dense et assez étendue pour être visible avec des lunettes à une pareille distance. Celte comparaison suffit à prouver que la clarté répandue autour de l’étoile u'élaitpas tellement faible qu’elle ne fût pas aperçue par Iluygeus, 'si, toutefois, elle existait lorsqu’il observait l'étoile il d’Orion.
D. Dissentiment entre Araco et John Herscuel scr la visibilité
DES RÉBCLEl'SES.
§ 203. Ces deux astronomes étaient d’accord 6ur ce point qu’une étoile visible à une distance d devient invisible à une plus grande distance D. Au lieu d’une seule étoile, s’il y en a une grande quantité occupant un espace d’un diamètre de \ 0 minutes , à une distance d chaque étoile sera visible séparément; à une plus grande distance, chaque étoile ne sera plus visible séparément, mais dans cet espace, il y aura uqe lueur dans le champ du télescope, qu’on admet comme inférieur à l’étendue de la nébuleuse. De môme que la Galaxie, étant composée de nébuleuses de très-grandes étendues, leur clarté est presque égale, quoique leurs distances soient très-différentes. J’ai prouvé (§ 90) que les nébuleuses de l’arc AVI (fig. 2ü) de la Galaxie est à une distance(2c— 2‘)Ai tandis que les nébuleuses, dans la direction V, sont à une distance (27 — 2‘) A de nous, 2‘A étant la distance entre le Soleil S et l’hélioagète U. Malgré cette grande différence entre les distances, la clarté de l’arc ne parait pas sensiblement supérieure à celle de l'anneau de la Galaxie, qui se trouve cependant à une distance presque double.
Personne ne conteste ce fait qu’explique Arago, en prouvant que sous le môme angle visuel y l’œil reçoit une égale quantité de rayons de l’arc AT1 et de l’anneau de la Galaxie V; ces rayons partent d’une surface s de l’arc AV1 et d’une surface 2e# de l’anneau V de la Galaxie. Pour que l’espace occupé par une nébuleuse devienne visible, il ne faut qu’une superficie suffisante pour produire un angle visuel de lu grandeur y. Herschel était tenté de considérer les nébuleuses circulaires irrésolubles aperçues dans les directions des pôles de la Galaxie comme étant de3 Galaxies d’autres astres analogues à l’IIélioagèle : celle hypothèse était basée sur le résultat dont Arago donnait l’explication.
11 résulte des expériences de Maedler que le Soleil se trouve entre l’Hélioagète II et l’arc AVI de la Galaxie, et cependant il en chercha une preuve dans la clarté plus grande, dans la partie de cet anneau la moins éloignée, que dans la partie diamétralement opposée. Toutefois, l’inégalité de la clarté des différentes parties de la Galaxie ne concorde pas avec l’hypothèse de Maedler. A. Humboldt trouva la plus grande clarté de la Galaxie dans la constellation de la Licorne, précisément dans la région qui, étant diamétralement opposée au milieu de l’arc ' (planche I) de la
Galaxie, serait la partie de la Galaxie la plus éloignée.
Herschel, s’appuyant sur les résultats obtenus dans son télescope, admit «leux classes ou deux genres de nébuleuses : 1* les unes composées d’étoiles et pour cela même résolubles; 2* les autres composées de matière laiteuse, et pour cela irrésolubles. Arago admettait également deux genres de nébuleuses ; il allait même plus loin qu’Herschel : il croyait à une destruction des millions d’étoiles composant les nébuleuses résolubles pour en obtenir des nébuleuses irrésolubles composées d’une matière laiteuse. Les phi’osophes brahmanes, outre les quatre éléments terrestres, en admettaient un cinquième, Yakaseli (*), dont les étoiles sont formées.
Après avoir établi que dans les grandes distances les étoiles deviennent invisibles, et que les nébuleuses globulaires ou résolubles prennent l’aspect des nébuleuses irrésolubles, il s’agit de savoir si, en ces deux cas, l’œil reçoit sous l’angle y une égale quantité de rayons. Sans aller plus loin, chacun conçoit que pour saisir les détails des nébuleuses, il faut recevoir des rayons particuliers de chacune
(■) En langue (hrace, le mot kacchn aiguille pâte. Le nom Brachmane est composé de brnch (prononcé vrah),el mon [vrneh, coryphée; mon, homme, coryphée homme). Ces deux mots se composent différemment dans les noms mongols ou mongols (nian, homme; gui. un) et Brahaspali (rrn/i, coryphée; aspati, seigneur); ainsi est appelé Jupiter par les Indiens.
des étoiles qui composent la nébuleuse; ce sont donc ces rayons qui rendent visibles les bandes spirales dans le télescope de lord Ross, et qui cessent de pénétrer distinctement dans le nerf sans confondre leur direction avec celles des autres rayons, lorsque l’objet se trouve à une plus grande distance.
§ 204. I. Une exposition du mode de la production du monde est contenue dans la Genèse ; cependant là c'est le Créateur tout-puissant qui fait apparaître les faits séparément l’un de l’autre sàns qu’aucune liaison soit indiquée entre eux comme causes et effets. C'est pour cela que les naturalistes de tous les temps ont toujours considéré la Genèse comme un récit dépourvu de tout caractère scientifique, en même temps que les faits qui y sont exposés ne paraissaient pas être d’accord avec la loi physique.
U. De la combinaison logique des faits connus à chaque époque ont été composées des cosmogonies, destinées à disparaître devant d’autres également produites par de nouvelles combinaisons logiques des faits découverts inconnus aux auteurs des cosmogonies précédentes; de sorte qu'il paraissait que l’homme ne dût jamais parvenir à composer une cosmogonie véritable; car la série des faits cosmiques est inépuisable et indéfinie. . ’ •
III. Au lieu de suivre la méthode des naturalistes et de composer une cosmogonie tirée de la combinaison de faits connus qui ont un certain rapport, c'est l’ensemble de faits de tout genre des sciences physiques et naturelles et des sciences métaphysiques et morales qui m’a fait découvrir que, dans chaque production de faits, sont indispensables, 1° le mouvement, et 2° l’affinité. Au lieu de combiner les faits d’un genre pour obtenir l’ensemble d’uno science, j’obtins l’ensemble des sciences au moyen du mouvement et de
258 CH AP. III.— OPrNOINS DES ASTRONOMES SUR LES NÉBULEUSES.
l’affinité ; celle-ci n’est qne la rupture d’équilibre présentée au point de contact entre les équivalents positifs Ê ayant pour éléments le pi/cnoélectre , et les équivalents négatifs Ë ayant pour éléments Yaréoélectre (§ 57).
En partant de ce mode do la production des faits obtenus par les observations, il me devint possible de reconnaître et de déterminer l’action qui devait intervenir entre l’affinité ou l’expansion du volume des molécules do l’éleclre et le fait qui en résulta. En procédant de cette manière, je disposai les faits de façon qu’ils fussent liés entre eux comme causes et effets. La série ainsi obtenue se trouva tout à fait d’accord avec celle de la Genèse, comme I cela ressort du parallèle
suivant. r
A. OrUÈSE MOXODTJUMIQür.
§ 205. Le récit de faits a la forme historique sans l’intervention d’aucune explication scientifique ; ce n’est que l’ordre de ces faits qui correspond à celui qui résulterait d’une série composée de ces faits pour être liés entre eux par la loi physique comme causes et effets. Tant qu’était inconnue cette loi, on ne savait pas distinguer les objets indiqués par des termes vulgaires et non pas par des termes scientifiques. Il est ici devenu facile d’attribuer à chaque terme la signification, parce qu’est déjà connu le mode de la production des faits, et qu’il ne s’agit que de les contrôler pour vérifier à la fois les faits contenus dans la Genèse et ceux contenus dans la Physique simplifiée et dans l’introduction de cet ouvrage, obtenus par la loi physique.
Des faits et de leur production a été déduite l’existence de pycnoélectre, d’aréoéleetreet de mouvement emmagasiné en quantité indéfinie. Pour obtenir une seule origine, de même qu’est admis un état équilibré du fluide primitif répandu dans l’espace infini, précisément comme les physiciens actuels admettent le fluide nommé éther, il est un fluide analogue : le chaos de l’Écriture.
Pour paraître la trinité, de laqueih* découle l'ensemble de la production des faits, il a dû intervenir une action suprême limitée à la division de toute la niasse do fluide répandu dans l’espace, pour qu’il en résultât deux quantités inégales, lesquelles ayant été réduites en volumes égaux ont dû se trouver possédant les molécules du fluide en densités inégales (§ 10). L’action suprême se termine en laissant les deux volumes beaucoup éloignés l’un de l’autre : ce fait est indiqué par les termes suivants (chap. I") :
« Dieu créa au commencement les deux et la Terre. »
Lorsque l’action suprêmo opéra celte division du fluide et comprima indéfiniment ses molécules pour leur faire occuper deux volumes égauxTta 'lumière manquaTTpïïTBot esprit est employé pour indiquer le mouvement expansif des ondes de pycnoélectre et d’aréoélectro partant des {leux électrosphères s (fig. 2, § 19) pour se rencontrer en Z.
I. En Z est l’espace central où s'opéra la rencontre et où furent produites la lumière et la éhaleur composées des équivalents, dans lesquels entrent les segments des ondes en sept longueurs différentes, dont résultent les sept couleurs, les sept sons, les sept espèces d’odeurs et les sept espèces de saveurs; telle est l’origine de l’usage de considérer le sept comme un nombre sacré. Le premier jour se termina par la production des combinés dans l’espace central Z.
II. Après qu’eut été terminé, pendant le premier jour, la production de la lumière dans l’espace central Z s’opéra dans l’espace stellaire n (fig. 1, § 13) l’exaérose de l’eau indiquée par le terme expansion : voici la traduction exacte du texte hébreu :
« Et dixit Deus : Sit expansio in medio aquarum et sit « dividens inter aquas et aquas. Et fecit Deus expansionem « et dividit inter aquas qnæ subler expansionem et inter «aquas quæ super expansione. Et fuît ita. Et vocavit « Deus expansionem cœlos. »
Nous avons vu (/%*., t. II, p. 732) que la lumière pro-
260 cri AP. III.— OPINIONS DES ASTRONOMES SUR LES NÉBULEUSES.
voquela séparation d'un atome d’oxygène de quatre atomes d’eau ; le reste est un atome double d’azote qui , mêlé à l’atome d’oxygène , produit le mélange qui est l’air ou l’eau exaérosée sous un volume mille fois plus grand que celui occüpé précédemment. C’est pour cela qu’il s’élève au-deésus de l’eau pour occuper l’espace du côté du ciel.
Ce fut donc pendant le deuxième jour que s’opéra l’exaérose Ae l’eau par la lumière qui avait été produite le jour précédent. Les mots firmumentum, crepÉajwx, deux, indiquent ici l’atmosphère.
III. Le troisième, jour indique un laps de temps pendant lequel, à cause de l’exaérose de l’eau, le niveau baissa et le sec parut : ce sec est le continent , les amas des eaux sont les mers. A cause de l’existence d’une atmosphère, le froid de l’espace ne pénétrait plus jusqu’à la surface de la terre, et c’est ainsi que la production des plantes s’opéra (Phys.,