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CHAPITRE XXXI

Des mouvemens des Fluides élastiques , ou observations sur kt

F ne um a tique,

§ i. D ans les recherches sur les mouvemens des fluides élastiques, le physicien peut se borner presque exclusivement à examiner l’air atmosphérique ; car pour les autres espèces d’air que nous ne produisons qu’en petite quantité, et qui ne comprennent jamais que de petits espaces, il arrive rarement que leurs mouvemens aient un interet particulier. Mais, au contraire, les grandes agitations de l’immense étendue d’air qui enveloppe le globe terrestre, les vents continuels, périodiques ou accidentels qui s’y produisent, sont non-seulement des phénomènes remarquables en eux-mêmes, mais encore ils sont devenus importans de plus d’une manière pour les rapports de la vie sociale; et l’on peut juger de quelle utilité infinie serait la connaissance exacte des lois de ces mouvemens, si l’on pouvait parvenir ainsi à les prévoir et à les déterminer d’avance. 11 y a aussi plusieurs mouvemens artificiels de l’air, dont l’observation est importante. Dans line infinité de machines pneumatiques ou hydrolico-pneumatiques , l’élasticité de l’air ou celle de la vapeur d’eau, opère à elle seule le mouvement , ou , du moins, y contribue essentiellement. Les courans d’air qu’on pratique dans les mines , dans les chambres et dans les cheminées, par détourner les gaz malfaisans, ou pour nous délivrer d’une fumée incommode , se rapportent à la connaissance de ces mouvemens.

§ 2. La Physique mécanique devrait, par rapport à ces mouverflens, développer d’abord leurs principes fondamentaux, elles confirmer ensuite par des expériences. Mais leur théorie qu’on appelle Pneumatique (i), n’a pas seulement à lutter contre toutes les difficultés qui se rencontrent dans l’Hydraulique; elle doit encore avoir égard à deux forces particulières très-actives, qui entravent continuellement

(i) De 7rvtvfAcL , renl.

2oO CINQUIEME SECTION.

îcs recherches exactes : ces forces sont la dilatabilité et la chaleur. Aussi celte partie de la Physique manque-t-elle encore entièrement de principes fondamentaux démontrés par des raisonnemens exacts, et confirmés par des expériences. Nous devons, par cette raison, nous contenter de remarques générales sur cet objet. Pour avoir une idée des recherches mathématiques qui ont été laites jusqu’ici sur ce point, on peut consulter la sixième partie des Êlémens de Mathématiques de Karsten.

§ 3. On peut affirmer que nous pourrions expliquer assez bien les causes de tous les mouvemens qui se passent dans l’atmosphère, si deux conditions essentielles pour les recherches précises , ne nous manquaient dans la plupart des cas. La première est la mesure exacte de l’effet produit ; la seconde est la connaissance particulière de toutes les circonstances diverses qui influent sur un effet unique. Nous connaissons, par exemple, les causes générales du vent; mais nous ne savons que bien rarement, ou plutôt nous ne savons jamais de quelle force sera l’effet du vent, et jusqu’à quelle distance il s’étendra, ou quelles sont les causes particulières d’un vent qui soullleen ce moment.

§ 4* Au heu des fondamentales de la Pneumatique , que nous devrions exposer ici et qui lui sont particulières, nous ne pouvons que rapporter le principe général suivant, qui est assez évident pour n’avoir besoin d’aucune preuve.

Chaque cause qui agit sur une masse d’air contradictoirement à une des lois de V équilibre , doit produire du mouvement.

Gomme nous avons exposé d’une manière suffisante les conditions de l’équilibre de l’air dans le précédent chapitre , il nous sera trèsfacile de donner une idée claire des causes des mouvemens de l’air.

$ 5. Une des causes principales des mouvemens de l’air, c’est la chaleur. Les mouvemens qu’elle occasionne, quoique fort variés , se produisent tous de la même manière. La chaleur augmente l’élasticité de l'air (pag. iqq , 198$$ 10 et 1 1 ) ; ainsi lorsqu’on quelque endroit de l’atmosphère, une masse d’air est beaucoup plus échauffée que le reste de l’air qui l’environne, elle se dilate et repousse de tous côtés l’air plus froid qu’elle. De cette manière, l’équilibre est rompu, et l’air échauffé, devenu jfius léger, doit s’élever, d’après les lois de l’Hydrostatique; car l’air environnant étant plus froid, est par là meme plus pesant. Réciproquement, l’air froid doit descendre et se

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