DES CD RT S AERIFORMES
duirede plus petits mouvcmens dans l’air : tels sont le soufflet ordinaire, la pompe de raréfaction , celle de condensation , etc. Ces appareils se fabriquent suivant diverses dimensions, selon l’usage auquel on veut les employer. Dans les fonderies, on emploie la plus grande espèce de soufflet , et l’on pourrrait se servir avec avantage de la pompe de condensation ( Annales de Gilbert , IX, f\5, ff.). Dans les mines, on fait quelquefois usage du soufflet à double courant d’air et de la pompe de raréfaction.
§ 1 1. De meme que l’air est mis en mouvement par d’autres corps , il peut aussi lui- même faire mouvoir d3 autres corps solides et liquides .
On sait qu’un ouragan peut arracher des arbres et renverser les maisons, et qu’il élève les vagues de la mer jusqu’à une hauteur effrayante.
Les arts ont utilisé celte force motrice de l’air, ou des autres fluides élastiques, de diverses manières. La pression d’un vent modéré met en mouvement les ailes d’un moulin. La machine à vapeur élève les plus grands poids par la force de la vapeur d’eau, et elle peut être employée comme un moyen de faire mouvoir toute espèce de machines. Pour les machines hydrauliques qui agissent par secousses, comme toutes les pompes et l’ingénieux Bélier hydraulique de Montgolfcer (i), on obtient un mouvement uniforme par la condensation de l’air dans un réservoir. Dans le fusil à vent, c’est l’air comprimé qui produit tout l’effet ; dans les armes à feu , c’est la dilatation des gaz qui se produisent par l’inflammation de la poudre. Enfin , nous devrions nommer toutes les machines hydrauliques et pneumatico-hydrauliques, si nous voulions donner une idée complète des manières infiniment variées d’appliquer les forces motrices des fluides élastiques. La postérité trouvera encore ici une abondante matière pour d’importantes inventions (* *).
Parmi les machines plutôt amusantes qu’utiles, qui se rapportent à l’emploi de cette force, nous citerons seulement le balon de Héron,
(1) Voyez Pfajjfs und, Friedlanders Franz. Annal,, i8o3,n.° V, pag. 17.'
(*) Parmi les nombreux emplois de l’air dans les arts, on doit encore citer les séchoirs , les bàtimens de graduation , le dessèchement d’une foule de substances , la séparation des poussières par la ventillation , les moyens d’assainissement , etc. , etc.
Ja fontaine de Héron, de laquelle cependant on a fait une application intéressante dans les mines , et la fontaine de feu. On en trouve un plus grand nombre dans Gehler et Fischer , article Springbrunnen .
§ 12. Comme tous les mouvemens des corps solides et liquides que nous produisons, se passent dans l’air, la théorie de la résistance de ce fluide est un objet très-important, mais aussi très -difficile à étudier. Les principes que Newton en a donnés, ne sont pas aussi bien confirmés par les expériences que ses lois du mouvement des corps solides. ( Voyez à ce sujet l’article Widerstand der Mittel > dans les Dictionnaires de Gehler et de Fischer. )
§ i3. L’incertitude de cette théorie empêche d’exposer complètement les lois de la chute dans l’air. Sur cela, ce qu’on peut déterminer en général, est ce qui suit : la chute dans l’air ne peut pas, plus que la chute dans un liquide, se faire en mouvement uniformément accéléré, mais son accélération doit de même décroître à chaque instant. Cependant, le mouvement ne peut pas y devenir uniforme comme celui de la chute dans un liquide (p. 146 § 16) , parce que la densité de l’air et par conséquent aussi sa résistance , s’accroissent continuellement. Ainsi , en supposant qu’un corps tombât dans une colonne d'air suffisamment longue, il aurait d’abord une vitesse croissante, mais son accélération diminuerait continuellement : à une certaine profondeur, l’acélération deviendrait nulle, et la vitesse serait au maximum. Le résistance croissant toujours, il arriverait qu’audelà de ce point, la vitesse elle-même diminuerait, jusqu’à devenir nulle, et alors le corps demeurerait suspendu dans l’air. Cette conséquence peut paraître parodoxale, lorsqu’on n’a pas une idée exacte de l’accroissement de la densité de l’air. Mais on peut déduire de la formule donnée pour les mesures de hauteur barométrique (pag. iq5 note), qu’une colonne d’air qui se prolongerait dans l’intérieur de la terre , serait déjà, à une profondeur de 5oooo toises, 100000 fois plus dense qu’à la surface, c’est-à-dire, environ cinq ou six fois plus dense que l’or et le platine, de sorte que les corps les plus pesans que l’on connaisse , y devraient rester suspendus (1).
(1) Soit a la hauteur barométrique à la surface de la terre ; soit h cette hauteur à une certaine profondeur , au point où Fair est n fois plus dense ,
DES CORPS AERIFORMES.
par conséquent, la hauteur barométrique de ce lieu = na , d’après la loi de Mariütte. On a ainsi (pag. 195, note),
h — 10000 (log na — log a) ;
mais comme log na = log n -f- log aj il s’ensuit que h = 10000 log n 5 si l’on fait n = 100000, on a log n = 5, par conséquent A = 5oooo. Si l’on suppose h égal au rayon de l’équateur terrestre, c’est-à-dire = 3271 864t, on tire de notre équation log n = 327,1864°°° j la valeur de n correspondante à ce logarithme, aurait trois cent vingt-huit chilFres dont les premiers seraient i5363i... La densité de l’air, au centre de la terre, serait ainsi déterminée par un nombre qu’on peut bien écrire, mais non pas exprimer, a On a vu (Chap. Vil) qu’audessus de la surface de la terre , la force accélératrice suit la raison inverse du carré de la distance du corps grave au centre de la terre ; à cette occasion, nous aurions du observer que cette raison inverse devient la raison directe des distances simples, si l’on suppose que le corps vienne à tomber dans un canal creux pratiqué dans l’intérieur du globe, d’un point de la surface au point diamétralement opposé. Dans cette hypothèse, et en supposant de plus que la vitesse soit nulle au point de départ ou à l’une des extrémités du diamètre terrestre, elle se trouvera encore nulle à l’autre extrémité du meme diamètre , et son maximum aura lieu au centre de la terre ; ensorte que le mobile oscillera continuellement d’une extrémité à l’autre de ce diamètre.