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CHAPITRE XXXII

De la Machine électrique , et des phénomènes généraux de V Électricité.

§ I. JUes anciens connaissaient déjà la propriété que possède Cambre, ou succin (i), d’attirer de petits corps lorsqu’il est frotté* mais ils ne soupçonnaient pas que ce phénomène fût l’effet d’une force naturelle très-remarquable et très-répandue. Ce ne fut qu’au XV11.C siècle qu’on découvrit que le soufre, toutes les résines et beaucoup d’autres corps possèdent aussi cette même propriété; et 1 inventeur de la machine pneumatique, fut encore celui qui enrichit les appareils physiques d’un second instrument très-important , de la Machine électrique. Les bornes d'un ouvrage élémentaire ne permettent ni de décrire la construction physique primitive de cette machine, ni de s’étendre sur les divers cliangemens au moyen desquels on l’a peu à peu perfectionnée. On trouvera des détails sur ceci , dans les Dictionnaires de Physique, à l’article Machine électrique. Nous devons nous contenter d’indiquer ce qui est le plus nécessaire pour la construction de celui de ces appareils qu’on regarde maintenant comme le meilleur.

§ 2. Les deux parties les plus essentielles sont : le corps frotté et le corps frottant j ou frottoir.

(i) L’ambre s’appelle en grec tXiKrpov.

Le corps frotté est ordinairement, aujourd’hui, un plateau rond de verre poli; il est d’autant meilleur qu’il est plus grand : cependant, on lui substitue quelquefois une boule ou un cylindre de verre : au milieu du plateau, passe un axe métallique qui est assujéti dans une monture de bois, de sorte que cet axe peut tourner avec le plateau au moyen d’une manivelle.

Le frottoir consiste le plus souvent en deux ou quatre coussins alongés qui, presse's par un ressort, serrent entre eux les faces opposées du verre, lorsqu’on tourne le plateau : le fond des coussins est une plaque de métal; ils sont rembourrés avec du crin et recouverts avec du cuir qu’on enduit de quelque substance grasse ; puis on y répand, le plus également possible, un amalgame sec de mercure et de zinc. À chaque coussin, et du coté vers lequel se fait la rotation du plateau , on adapte un morceau de taffetas gommé qui s’attache au verre, lorsqu’on met la machine en mouvement. La monture qui porte les coussins, est de métal; elle doit être attachée aux montans qui supportent le plateau, non par du métal, mais par un colonne ou un gros tube de verre. Pour l’usage, il faut attacher à la partie métallique des coussins, une chaîne de laiton qu’on laisse tomber sur le pied de bois de la machine, ou mieux encore, sur le sol. Cette circonstance est très- essentielle ; car les phénomènes sont beaucoup plus forts, lorsque le Irottoir a une communication métallique avec le sol, que lorsque cette communication manque.

§ 3. Avec les parties de la machine que nous venons de décrire, on peut déjà rendre sensibles les principaux phénomènes dont on a coutume de nommer l’ensemble Electricité . Lorsqu’on a tourné le plateau, l’air étant chaud et sec, on observe les phénomènes suivans :

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