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DES SAISONS £T DES CLIMATS

Dans les conditions physiologiques de leur existence, les animaux se trouvent placés dans des milieux dont la température ne s'élève pas au-dessus de 35 ou t\0 degrés ; c'est seulement par exception et d'une manière passagère que la température, autour d'eux, dépasse cette limite extrême. De cette considération découle une division toute naturelle de l'étude des saisons et des climats. Dans un premier paragraphe, nous nous occuperons de l'influence des températures inférieures à ^0 degrés, pour lesquelles nous réserverons la désignation de températures normales; dans un deuxième paragraphe, nous chercherons à déterminer les moyens qu'emploie l'économie pour résister à l'action des températures excessives ou supérieures à 40 degrés centigrades.

§ I. — Influence des températures normales.

Animaux supérieurs. — Nous avons montré précédemment (page 100) avec quelle énergie les mammifères

et les oiseaux, parvenus à l'état complet de leur développement et jouissant de l'entière liberté de leurs mouvements, résistent aux abaissements de la température extérieure. Il ne faut pas croire cependant que l'état thermique de ces animaux, même dans les circonstances précédentes, ne soit pas réellement influencé par celui du milieu ambiant. J. Davy (1) a démontré que le passage d'un climat froid et môme tempéré à un climat chaud suffit pour élever, d'une manière sensible, la température de l'homme. Parmi les preuves qu'il fournit à l'appui de cette proposition, nous choisissons les résultats suivants :

Le U avril 1816, à midi, par une latitude sud de 23" t\k', le thermomètre à l'air libre marquant 26*', 7, la température de six matelots bien portants, âgés de vingt à vingt-huit ans, prise sous la langue, varia entre 370,5 et 38%3 ; la moyenne fut 37", 7.

Le 5 mai 1816, à midi, par une latitude sud de 35° 22', le thermomètre à l'air libre marquant 15", 5, la température des mêmes hommes, prise de la même manière, varia entre 36%6 et 37'^l ; la moyenne ne s'éleva qu'à 36«,8.

Edwards (2) a constaté des faits du même genre sur des animaux. La température des moineaux soumis à ses observations était moyennement :

En février, de. 40^^,8

Ea avril, de 42°, 0

En juillet, de. 43'', 77

(1) Ann. de chim. et de phys., 2^ série, t. XXXIIT, p. 181.

(2) Infl. défi agenfs phys. sur la vie, 1^.

^ll6 . PHYSIQUE MÉDICALE.

Nous savons en outre, parles nombreuses expériences d'Edwards (1) et d'autres observateurs, que les mammifères et les oiseaux adultes, placés dans des enceintes limitées dont la température est artificiellement abaissée à zéro, peuvent se refroidir de 1 à 3 degrés au-dessous de leur état normal.

Ces faits démontrent que l'influence de l'état thermi- , que du milieu ambiant sur la température des animaux supérieurs, quoique réelle et incontestable, est cependant circonscrite dans des limites très étroites. En raison du peu de variation de leur température, les oiseaux et les mammifères vivent donc, suivant les saisons régnantes et les climats qu'ils habitent, dans une atmosphère dont la température est tantôt presque égale, tantôt inférieure de 30, ZtO, 50, 60 et même 70 degrés à celle de leur corps. Pour que, au milieu de conditions aussi différentes, les fonctions conservent leur intégrité, la vie ne soit pas atteinte dans ses manifestations, et la température des centres organiques ne soit pas sensiblement altérée, il faut nécessairement que la source de la chaleur animale subisse elle-même, dans son intensité, des modifications capables de compenser les effets de si grandes variations extérieures. L'étude des phénomènes physico chimiques de la respiration, et de l'évaporation des liquides à la surface des animaux, dans ces diverses circonstances, est certainement l'épreuve la plus dangereuse à laquelle on puisse soumettre la théorie de Lavoisier, qui place, dans le concours de ces deux actions, la

(1) Influence, des agents phys. sur la vie, p. 145.

SOLUICKS DE LA CHALEUll AMMALE. /l 1 7

véritable cause de l'invariabilité de la température des animaux supérieurs.

En 1813, de la Roche publia (1) un travail dans lequel il s'était proposé de mesurer l'influence de la température extérieure sur l'intensité des phénomènes physicochimiques de la respiration. Ses expériences ont porté sur quatre lapins, quatre cabiais, deux chats et quatre pigeons. Les animaux étaient placés et maintenus, pendant une heure environ, dans un ballon manométrique de vingt -huit litres de capacité, hermétiquement fermé. Il analysait l'air du manomètre avant l'introduction de l'animal, et faisait une seconde analyse à la fm de l'expérience. Ce procédé est très vicieux : à chaque instant, la proportion d'oxygène diminuait et la proportion d'acide carbonique augmentait dans le manomètre ; il est donc impossible d'admettre que, pendant une heure ^ la respiration des animaux soit restée normale dans une enceinte d'aussi faible capacité. Cependant, comme de la Roche a eu la précaution de soumettre successivement le même animal à l'action des basses et des hautes températures, ses résultats indiquent le sens dans lequel agit l'influence des conditions thermiques extérieures. Les moyennes de ses expériences peuvent être ainsi résumées :

1" Pour le lapin, la température

extérieure s'étant élevée de... 12", 07 à 29", 90

L'absorption d'oxygène tomba de 1 à 0,888 L'exhalation d'acide carbonique

tomba de 1 à 0,933

(1) Journal de physique, t. LXXVII, p. 5.

2" Pour le cabiai, la température

extérieure s'étaot élevée de 10", 07 à 3 4% 50

L'absorption d'oxygène tomba de 1 à 0,814

L'exhalation d'acide carbonique

tomba de 1 à 0,897

3" Pour le chat, la température extérieure s'étant élevée de 10%85 à 3r,35

L'absorption d'oxygène tomba de 1 à 0,760

L'exhalation d'acide carbonique

tomba de. 1 à 0,900

4" Pour le pigeon, la température

extérieure s'étant élevée de 8", 17 à 29", 80

L'absorption d'oxygène tomba de 1 à 0,863

L'exhalation d'acide carbonique

tomba de 1 à 0,909

Le Mémoire déjà cité de M. Letellier (1) nous fournit des éléments précieux pour établir la comparaison entre l'activité de la fonction respiratoire et l'état de la température extérieure. Il résulte de ses recherches que :

Les petits oiseaux ont exhalé par kilogramme et par heure :

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