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DISTRIBUTION DE LA TEMPÉRATURE DES ANIMAUX HIBERNANTS ÉVEILLÉS

Chauve-

MiirmoUe. Hérisson. Le'rot. souris.

Atmosphère, 22° (août 1806).

Sous l'aisselle. )

Entre l aine et la cuisse. j

Dans le rectum

Dans la poitrine, près du cœur. | Dans le ventre, près du foie. . . )

Atmosphère, 18° (sept. 1806).

Sous Taisselie ^

Entre l'aine et la cuisse j

Dans le rectum. . .

Dans la poitrine, près du cœur. | Dans le ventre, près du foie. . )

Atmosphère^ 7° (nov. 1806).

Sous l'aisselle

Entre l'aine et la cuisse.

Dans le ventre, près du foie. . .

Rapprochés des précédentes observations, les résultats de Saiisy prouvent que, dans le courant de la saison chaude, les animaux Inhernants ont une température bien plus considérable que les reptiles, les poissons, les insectes et les mollusques, mais un peu inférieure à celle des autres mammifères. Le fait important mis en évidence par les recherches de Saissy, c'est que les variations de la température extérieure, même pendant l'état

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UlU PHYSIQUE MÉDICALE.

de veille, modifient profondément celle de ces animaux, surtout aux approches du moment où ils vont succomber à Y engourdissement . Pallas avait donc raison d'affirmer, dans les Nouveaux commentaires de V Académie de Saint-Pétersbourg, que ces animaux ont le sang moins chaud que ceux de leur classe. 11 serait encore plus vrai de dire que, même dans l'état de veille, les mammifères hibernants ont tous les caractères des animaux à température variable . C'est ici le lieu de placer une observation sur laquelle nous reviendrons plus Jard. Saissy, dans son travail , n'a opéré que sur des marmottes conservées longtemps en captivité et sensiblement apprivoisées; cette circonstance nous servira à comprendre pourquoi, sur certains points, ses résultats s'écartent de ceux des autres observateurs, et pourquoi la température de la marmotte lui a paru moins variabieqiie celle du hérisson, du loir et de la chauve-souris.

Aux approches de l'hiver, les chauves- souris se retirent dans les fentes des murailles et des rochers, ou dans des grottes profondes; les autres hibernants se cachent dans des terriers qu'ils laissent ouverts, ou qu'ils ferment avec soin comme les marmottes. D'après les meilleurs observateurs, ces derniers animaux ne font aucune provision et restent engourdis pendant tout l'hiver, roulés dans le foin dont ils emplissent le fond de leurs terriers. Le hérisson et le loir, au contraire, se réveillent dans les beaux jours d'hiver pour manger les provisions dont ils ont eu soin de s'entourer à l'avance, ou bien sortent dans la campagne pour aller chercher leur nourriture. Dès que la température extérieure tombe à + 6" ou

+ 7*", le hérisson et la cliauve-soiiris s engourdissent , D'après Saissy, le lérot ne commence à s assoupi?^ qu'à + ou + 5". U engourdissement liibernol de la marmotte ne se produirait, d'après Spallauzani, qu'à — 6 ,25, et, d'après Saissy, qu'à — 10". Ce dernier observateur croit que, même sous l'influence d'une température aussi rigoureuse, la marmotte Xi hiberne qu'à la condition d'être enfermée dans un espace étroit, sans communicatioii avec l'atmosphère. Daubenton avait déjà développé une opinion de ce genre pour le hamster. Contrairement aux faits avancés par Spallanzani et Saissy, Maugili a démontré que \ engourdissement des marmottes se produit entre + 6%25 et + 10^; il a d'ailleurs constaté, par des expériences directes, que la température de leurs terriers et celle des cavernes dans lesquelles hibernent les chauvessouris ^st habituellement comprise entre les mêmes limites. Les recherches de M. Regnault ont pleinement confirmé l'exactitude des observations de Mangili. Nous voyons dans son mémoire qu'à la température de + 8% des marmottes ont présenté, dans son appareil, les phénomènes caractéristiques du sommeil hibernal. Les observations de M. Sacc, consignées dans le travail de M. Regnault, prouvent jusqu'à l'évidence que les marmottes s'engourdissent aux températures indiquées par le pliysiologiste italien. Mangili, du reste, a parfaitement indiqué la cause des erreurs commises à ce sujet par Spallanzani et Saissy. Les marmottes prises depuis longtemps et conservées en captivité s'apprivoisent, changent d'habitudes, mangent en toute saison, et restent parfaitement éveillées^ en hiver, dans des chambres où dorment, pro-

fondement engourdis, des animaux de même espèce non apprivoisés. Ces rongeurs, dont les mœurs ont été modifiées par la domestication, ne sont plus aus&i sensibles au froid extérieur, et ne s'engourdissent qu'à la condition d'être soumis aux températures excessives dont ont parlé Spallanzani et Saissy ; mais ce n'est pas là leur état naturel. Du reste, sauf quelques légères différences dans la persistance du sommeil liiberncd et dans le degré de refroidissement nécessaire pour le produire, les phénomènes qui le caractérisent sont les mêmes au fond pour tous ces animaux.

Exposés à une température comprise entre + et + 10", tous ces animaux s'endorment, les battements du cœur et les mouvements du thorax se ralentissent et s'affaiblissent; immobiles, froids au toucher, les yeux fermés, les mâchoires fortement appliquées l'une contre l'autre, pelotonnés sur eux-mêmes, ils ne prennent aucune nourriture et sont complètement étrangers à tout ce qui se passe autour d'eux. Tant que les circonstances extérieures ne changent pas, ils persistent dans leur engourdissement sans que leur vie soit en danger; ils sont dans les vraies conditions de V hibernation normale, physiologique.

Dons cet état, leur température est très basse, mais supérieure pourtant à celle du milieu ambiant. Tout animal qui s'engourdit, dit Spallanzani , se refroidit nonseulement à la surface, mais encore à l'intérieur. La température extérieure étant de Hunter observa deux hérissons engourdis {\) : chez le premi63r, il trouva

(1) OEuvres complètes, t. I, p. 332.

dans le bassin, et 10 degrés près du diaphragme; chez le second, le thermomètre marqua 7", 22 dans le bassin, et 8%88 près du diaphragme. Mangili a constaté des faits du même genre; Saissy a donné le tableau suivant de la répartition de la température chez ces animaux engourdis :

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