‹ Physique médicaleChapitre 28 sur 33 · CAUSES DE LA PRODUCTION DE LA CHALEUR CHES^ LES VÉGÉTAUX · texte numérisé non relu

CAUSES DE LA PRODUCTION DE LA CHALEUR CHES^ LES VÉGÉTAUX

Vers le milieu du xviii» siècle. Bonnet observa que des

530 PHYSIQHK MÉDICALE.

feuilles fraîches, immergées dans Teau et exposées à l'action directe des rayons solaires, laissent échapper des bulles de gaz par leur face inférieure; bientôt Prîestley démontra que la végétation a la propriété de purifier et de rendre respirable Tair confiné, vicié par la présence prolongée d'animaux vivants. A partir de cette époque, les rapports des végétaux avec l'atmosphère furent successivement étudiés par Ingenhousz, Senebier, de Saussure, Bérard, Dutrochet, M. Boussingault, etc., etc. Les nombreux et remarquables travaux dont la science s'est ainsi enrichie, en faisant coanaitre les phénomènes fondamentaux de la nutrition des plantes» ont révélé les véritables sources de la chaleur qu'elles produisent aux diverses époques de leur développement.

Â. Germination. — Ingenhousz, Senebier, de Saussure sont d'accord pour reconnaître que la présence de l'oxygène est indispensable à la germination. Dans l'azote, l'hydrogène ou l'acide carbonique, la graine ne se développe pas. Lorsque, sous l'influence combinée de la chaleur, de l'humidité et de l'oxygène, la germination commence, la graine absorbe de l'oxygène et exhale de l'acide carbonique. Les travaux de M. Boussingault (i) ont jeté un grand jour sur cette importante question. Il a fait germer^ dans une assiette de porcelaine, sous Tinfluence de l'eau distillée et de l'air, des graines de trèfle et des graines de froment. L'analyse élémentaire lui avait appris les quantités de carbone, d'hydrogène, d'oxygène et d'azote contenus dans ces graines sèches avant la ger-

(1) Ann, de chim, eldephys,, 2' série, t. LXVH, p. 5.

SOURCES DB LA CHALEUR VÉGÉTALE. 53i

mination; l'analyse élémentaire lui a servi de même à déterminer les quantités de carbone, d'hydrogène, d'oxygène et d'azote contenues dans ces graines sèches au moment où la germination était arrivée à sa dernière période, et où la végétation allait commencer pour la jeune plante. Il a trouvé ainsi que :

Hydro- Carbone, gène. Oxygène. Aïole.

1 de graine sèche de trèfle con*

tenant, avant la flferwtwaaon.. 0,508 0,060 0,360 0,072 Après la germination , ne pèse que 0,833, et ne confient plus que 0,394 0,050 0,317 0,072

Pertes 0,114 0,010 0,043 0,000

HVdro- Carbone. geue. Orygène. Aïole.

1 de graine sèche de froment contenant, avant la flfcrwtwa/ton. . 0,466 0,058 0,441 0,035

Après la germination , ne pèse que 0,841, et ne contient plus que 0,397 0,051 0,357 0,036

Pertes 0,069 0,007 0,084 —0,001

Il résulte de ces analyses que les graines, pendant la germination, détruisent une partie de la matière organique qui les compose. Les graines de trèfle ont perdu moyennement les 0,167 et les graines de froment ont perdu les 0,159 de leur poids. Cette perte porte inégalement sur le carbone, l'hydrogène et l'oxygène. Lu quantité d'azote reste la même; la légère diiférence trouvée dans les graines de froment rentre dans les limites des erreurs possibles et doit être négligée.

536 PHTSIQCB MÉDICALE.

En prenant, pour unité, le volume de la fleur ellemême, il a trouvé qu'en vingt-quatre heures, les diverses fleurs essayées ont absorbé Toxygène dans les rapports suivants :

Volume de Toxygène

absorbé

pur la fleur.

Giroflée sm^ile (variété rouge) 11

Giroflée double (variété rouge) 7,7

Tubéreuse simple 9

Tubéreuse double 7,4

Capucine simple 8,5

Capuciue double 7,25

Datura arborea 9

Passiflora serratifolia 1 8,5

Carotte (ombelles de) 8,8

Hibiscus speciosus 8,7

Millepertuis . . , 7,5

Courge (fleurs mAles) 12

Courge (fleurs femelles). 3,5

Lilium candidum 5

Massette (cbatons mâle et femelle) 9,8

Châtaignier (Chaton mâle) 9,1

Ces résultats indiquent qu*à volume égal, les fleurs absorbent des quantités d'oxygène variables avec l'espèce végétale à laquelle elles appartiennent. Il résulte aussi de ce tableau que les fleurs mâles consomment plus d'oxygène que les fleurs femelles, et que les fleurs simples sont aussi plus actives que les fleurs doubles. Il devenait intéressant de comparer les fleurs de même espèce parvenues à des degrés divers de développement, et aussi les diverses parties qui composent une même fleur. Cette étude a été faite avec beaucoup de soin par de Saussure.

SOURCES DE LA CBALEUR YéCÉTALE. 5^5

Comparaison des fleurs épanouies avec les fleurs en bouton :

Une fleur de PassifLora serratifoliat en bouton ^ mise en expérience dans les 12 heures qui eut précédé vol. répanouissement, a absorbé, eu 12 heures 6 d*oxyg.

Une fleur de même espèce, épanouie^ a absorbé, eu

12 heures 12 —

Une fleur d'Hibiscus speciosus, en bouton, mise en expérience 48 heures avant répanouissement, a absorbé, en 24 heures 6 -^

Une fleur de même espèce, épanouie, a absorbé en

24 heures 8,7 -^

a absorbéen24 heures ^^^^^^^^^^ ^ ^ ^^^^.^ ^^

Ces observations démontrent que plus les parties veHes sont abondantes dans la fleur et plus la consommation d'oxygène est faible.

Comparaison des fleurs de sexe différent et des diverses parties constituantes des fleurs.

1° Fleurs de courge mises en expérience pendant dix beures :

vol.

/ par les fleurs mAles , 7,6

1 par les fleurs femelles 3,5

Gaz oxygène absorbé. . < par les étamines 11 ,7

.i^par les pistils séparés de l'o^

\ vaire 4,7

2° Chatons de massette mis en expérience pendant vingt-quatre beures :

vol.

!par le chaton mâle. 15 parle chaton femelle....... 6.2 par les chatons mâle et femelle réunis 9,8

536 PHYSIQUE MiDIGÀLB

S'' Fleurs de bl^ de Turquie mises en expérience pendant vingt- quatre heures :

vol.

Gaz oxvirèiM absorbe f P»"»^"*»^» ^e fleurs mâles 9.6

baz oxygène absorbe. . | ^p.^ femelles avec leor taniqae. 5,2

U"" Fleurs de giroflée simple mises en expérience pendant vingt-quatre heures :

Ôiygènc absorbé ( ^^""^ «°^'^«- ; VJ''''

'® J organes sexuels 18

5** Fleurs de capucine simple mises en expérience pendant vingt-quatre heures :

Page 1