‹ Physique médicaleChapitre 29 sur 33 · TOI · texte numérisé non relu

TOI

Oxygène absorbé. . . ! *'"'^' '"^•^'^, ,?•*

^/m je^uc Qu»ui uc . . j Q,.gaQeg sexuels 16,3

6« Fleurs de millepertuis mises en expérience pendant vingt-quatre heures :

^ , . . , (fleurs entières 7.5

Oxygène absorbé. . . | ^^^^^^ ,^,„^,^ g-^^

7* Fleurs d'Hibiscus speciosus mises en expérience pendant douze heures :

▼ol.

/% X k. K^ I fleurs entières 5,4

Oxygèneabsorbé...|^^g^^^^^^^^^,^ ^'3

S" Fleurs de Cobœa scandens mises en expérience pendant vingt-quatre heures :

vol.

organes sexuels 7,5

/\ X .u ^ K^ S fleurs entières • • • . • 6,5

Oxygène absorbé . • • } '

9* Fleurs mâles de courge mises en expérience pendant vingt-quatre heures :

vof.

Oxvttène absorbé i ^®"" entières 7,6

oxygène aD8orD6...|^^^^j.^g^ ^^

De Saussure a fait des expériences de même genre sur trois espèces d'arum ; les résultatsqu*il a obtenus présentent un grand intérêt.

1" Arummaculatum, Une fleur entière^ placée dans une cloche pleine d'air et renversée sur le mercure, exhala assez de vapeur pour obscurcir, en peu d'instants, les parois du vase. Cette fleur, laissée en expérience pendant vingt-quatre heures, absorba 30 volumes d'oxygène.

La même fleur ayant été replacée une seconde fois sous la même cloche, n'absorba plus, dans les vingt-quatre heures, que 5 volumes d'oxygène.

Cette observation est un fait important, en ce qu'elle (lémontreque l'absorption de l'oxygènesuit, dans l'arum, la même marche paroxystique que la température propre (le la plante.

Une fleur à' Arum macuiaîum fut divisée en trois parties; chacune d'elles fut mise séparément en expérience pendant vingt-quatre heures :

!i'* partie , spathe 5^o>« 2* partie, massue ou étamines stériles. 30 3« partie, organes sexuels mâles et femelles fertiles • • . . i 32

2^ Ainjm dracunculus. De Saussure se contente de dire qu'il a obtenu des résultats du même genre avec cette espèce d'Arum, originaire des lies Baléares.

3° Gouet serpentaire. La fleur entière, mise m expé-

rience pendant vingt-quatre heures, absorba 13 volumes d'oxygène.

L'absorption de la serpentaire a été beaucoup moins considérable que celle àeYArummaculaium;mHï$^ d'abord, ce dernier a une température beaucoup plus élevée, et en second lieu, la fleur de la serpentaire est munie d'une spathe plus volumineuse.

Une fleur de serpentaire fut divisée en quatre parties; chacune d'elles fut mise séparément en expérience pendant vingt-quatre heures :

vol.

{ V partie, spathe 0,5

OxYKène absorbé. ^* P^"*"®» "™*""® ^^

[ 4* partie, organes femelles 10

De tous ces faits, nous pouvons conclure que :

r Toutes les fleurs absorbent de l'oxygène et exhalent sensiblement un égal volume d'acide carbonique;

2" Une même fleur absorbe moins d'oxygène à l'étal de bouton qu'après son épanouissement complet ;

3" Chez les fleurs d'espèces diflerentes. la consommation d'oxygène paraît être d'autant plus forte que leur règne est plus court ;

6' Dans les fleurs monoïques, les fleurs mâles consomment plus d'oxygène que les fleurs femelles ;

5** Dans une fleur complète, les organes sexuels consomment plus d'oxygène que la corolle, et les organes mftles plus que les organes femelles.

Tous ces faits, et surtiut ceux qui se rapportent aux diverses espèces d'Arwm, prouvent que la consommation d'oxygène est toujours en rapport direct avec la tempr-

rature propre de la fleur ou de la portion de fleur mise en expérience.

Par leur respiration, les graines et les fleurs se placent donc réellement à côté des animaux, elles empruntent de Toxygèno à Tair ambiant, brûlent leur carbone et une partie de leur hydrogène ; comme eux aussi, elles perdent, par leur surface, deTeau qui s'échappe sous forme de vapeur. Les causes de la chaleur qu'elles développent sont les mêmes que celles dont nous avons étudié Faction dans les principales conditions physiologiques de la vie des animaux.

C. VégéuiUoii. La plante emprunte, au sol qui la porte et à Tair qui l'entoure, tous les éléments nécessaires à la constitution de son organisme. Les racines lui apportent, par la sève ascendante, de l'eau, des sels, de l'acide carbonique libre ou engagé dans des combinaisons diverses et des produits ammoniacaux fournis surtout parles engrais. Par toutes ses parties vertes, et surtout par les feuilles, la plante prend à l'atmosphère de l'eau, des composés ammoniacaux, peut être de l'azote à l'état de corps simple, et de l'acide ct^rhonique pendant le jour.

Sous l'influence de la radiation solaire, la plante dé«compose l'acide carbonique puisé dans l'aUuosphère et aussi celui de la sève ascendante; elle fixe dans ses tissus la totalité du carbone rendu libre, et exhale incessamment de l'oxygène ; revivifiant ainsi, conformément à la belle observation de Priestlèy, l'air vicié par la respiration des animaux. Les végétaux n'absorbent l'acide carbonique par leurs feuilles, et ne le décomposent que pendant le Jour , et dans les lieux éclairés par la lumière

5/iO PHYSIQUE MÉDICALE.

du soleil. La manière dont les parties vertes des plantes se comportent au daguerréotype démontre que cette réduction de l'acide carbonique s'accomplit sous l'influence de la portion chimique de la radiation solaire. La décomposition d'acide carbonique et l'exhalation d'oxygène sont d'ailleurs d'autant plus considérables que les végétaux sont plus fortement éclairés. L'insolation directe n'est pourtant pQS indispensable ; l'action désoxydante des parties vertes, quoique moins intense, s'exerce aussi à la lumière diffuse; beaucoup de végétaux restent toujours à l'ombre et ne différent des autres que par un développement moins rapide. De Saussure pensait qu'indépendamment du carbone, les végétaux fixent à peu près la moitié de l'oxygène de l'acide carbonique absorbé par les Feuilles et décomposé pendant le jour.

Les plantes assimilent aussi les éléments de l'eau absorbée par leurs racines et parleurs feuilles. Ingenhousz pensait que, sous T influence de la lumière solaire, les parties vertes décomposent l'eau et exhalent une partie de leur oxygène ; de Saussure, au contraire, croyait que l'eau est fixée en nature sans subir de décomposition préalable. Cette question importante a été bien éclairée par les travaux de M. Boussingault Dans deux beaux mémoires (1) consacrés à l'étude des phénomènes chimiques de la germination et de la végétation^ vjq savant a comparé la composition de la graine avec celle de la jeune plante qui en provient. Il résulte de ses analyses qne.

(t) Ann.decHm. et de phys., 2* série, t. LXVIt,p. 5, elt. LXtX, p. 353.

SOURCES DE U CHALEUR VÉGÉTALE. 5/|l

pendant la végétation^ la plante gagne du carbone, de l'hydrogène et de l'oxygène; dans quelques cas, l'hydrogène et l'oxygène ainsi fixés sont dans les rapports nécessaires pour luire de l'eau, mais ordinairement l'oxygène, dont la plante s'est enrichie, n'est pas en quantité assez considérable pour brûler tout l'hydrogène assimilé. Les recherches de M. Boussingault démontrent donc que, conformément aux idées de Ingenhousz et contrairement â celles de de Saussure, la plante, sous l'influence de la radiation solaire, décompose de l'acide carbonique et de l'eau, et exhale tout l'oxygène de l'acide carbonique réduit en même temps qu'une portion de l'oxygène de l'eau fixée dans ses tissus.

Pendant la nuit, et dans tputes les circonstances où elles sont maintenues dans l'obscurité, les plantes absorbent de l'oxygène par leurs feuilles et exhalent de l'acide carbonique. Pour Ingenhousz, de' Saussure et Dutrochet, l'acide carbonique ainsi fourni par les végétaux provenait de la combinaison de l'oxygène absorbé avec le carbone de leurs tissus, était le résultat d'une véritable combustion. Dans cette manière de voir, les plantes jouiraient d'une double respiration ; l'une rfiMrnc et caractérisée par une action de réduction^ l'autre nocturne, analogue à celle des animaux et se résumant en une combustion de carbone. La plante serait ainsi, comme Pénélope, condamnée à défaire la nuit tout l'ouvrage du jour; son développement ne traduirait, en définitive, que l'excès du travail de composition diurne sur le travail de décomposition nocturne. Cette interprétation des faits est aujourd'hui complètement abandonnée; tout démontre

que, dans Tobscurité, la plante n'agit pas. Au moment même où le végétal est soustrait à Taction de la partie chimique de la radiation solaire, il cesse de décomposer Tacide carbonique. Mais ses sucs et ses lacunes contiennent encore beaucoup d'acide carbonique, soit libre, soit dissous» apporté par la sève ascendante ou absorbé par les parties vertes, qui n'a pas encore été réduit. Il s'établit alors, par voie d'endosmose, un double courant gazeux qui chasse au dehors de l'acide carbonique tout formé, et le remplace par de l'oxygène emprunté à l'atmosphère ambiante. Dans l'obscurité, la plante est passive, sa surface extérieure est un filtre qui laisse passer les gaz sans leur faire subir aucune espèce d*actîon chimique. Dans leurs recherches expérimentales sur la végétaêion des plantes submergées (1), MM. Cloez et Gratiolet ont démontré que, dans Tobscurité^ les piirlies vertes des végétaux ne font pas de V^acide carbonique,

La respiration des plantes en pleine végétation est doue caractérisée par des phénomènes inverses de ceux que nous avons constatés dans la respiration des animaux. Les premières réduisent de Teau et de l'acide carbonique, et exhalent de Toxygène ; les seconds absorbent de l'oxygène, et brûlent le carbone et l'hydrogène des matériaux de leur sang. Si là s^arrètaient les phénomènes physicochimiques de la nutrition de ces deux grandes drisses d'êtres vivants, Tanimal devrait produire de la chaleur, le végétal devrait, au contraire, en consommer, et se maintenir constamment à une température inférieure k

(I) Ànni dechimi ci de phys., 3* série, t. XXXH, p» 41.

SOURCES DB LA GBALSUR YSGÉTALB. 543

celle du milieu ambiant. Hais, tandis que la digestion fournit à Tanimal, tout formés à l'avance, les principes iïrmiédiats de ses organes , les racines et les feuilles n'introduisent dans les plantes que les éléments minéraux à Vaide desquels elle devra, elle-même et de toutes pièces, fabriquer ses tissus.

Au moyen des quatre éléments : carbone, hydrogène, oxygène, azote, qu clic puise dans la terre et dans Tatmosphère à Vétat minéral^ la plante forme cette masse de principes immédiats organiques, ternaires et quaternaires, acides, alcalins et neutres, qui composent ses organes, nagent suspendus ou dissous dans ses sucs propres, et sont de vrais dépôts de matières alimentaires pour les animaux et de médicaments précieux pour l'homme. A côté de la réduction de l'acide carbonique et de l'eau, il se passe donc, dans les végétaux, un grand travail de composition, des réactions chimiques importantes, nombreuses, dont la nature n'est pas encore bien définie, mais dont l'existence est hautement proclamée par les produits qui en dérivent. Ces actions chimiques, si multipliées et si diverses, fournissent à la plante la chaleur nécessaire pour décomposer l'acide carbonique et l'eau, évaporer ses liquides, et maintenir sa température au-dessus de celle du milieu ambiant.

D'après les belles observations de M. Dutrocbet, les phénomènes de température propre des parties vertes ne sont réellement sensibles que dans les jeunes pousses en voie de formation , c'est -à-dii'e là où s'exiicutent réellement les actions chimiques de composition. La température propre de ces parties vertes va croissant à mesure que le

bhU PHYSIQUE MÉDICALE.

soleil s*élève au-dessus de l'horizon ; puis elle s*abai.>sc graduellement dans la soirée pour devenir à peine sensible et même disparaître complètement dans la nuit. La signification de tous ces faits nous paraît évidente; ils prouvent, d'une manière incontestable, que la chaleur produiteparlesvégétauxest la conséquence immédiatedes réactions chimiques provoquées, entretenues par la radiation solaire, et nécessaires à la formation de ses tissus.

Ainsi, à quelque période de son développement que la plante soit parvenue, qu'on l'étudié pendant la germination ou pendant la végétation, dans ses parties vertes ou dans ses organes de reproduction, toujours on trouve que, chez elle comme chez l'animal, les phénomènes physico-chimiques de la nutrition sont les vraies sources de la chaleur qu'elle produit.

Page 1