‹ Physique socialeChapitre 123 sur 244 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

république de Guanaxuato au Mexique en donnent des exemples frappants ; ainsi l’on compte :

ÉTATS

HABITANTS

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Eo Angleterre

Dans l'Élat de Gatnexuato (1). . . .

Ce sont, pour ainsi dire, les deux extrêmes limites dans, l’échelle de la population, et l’on pourrait ajouter peutêtre dans l’échelle de la civilisation.

On peut dire qu’un pays passe à un état plus prospère quand il donne la vie à moins de citoyens, mais qu’il les conserve mieux. Les accroissements sont entièrement à son avantage; car si la fécondité y est moindre, les hommes utiles y sont plus nombreux, et les générations ne se renouvellent pas aussi rapidement, au grand détriment de la nation.

L’homme pendant ses premières années vit aux dépens de la société ; il contracte une dette qu’il doit acquitter un jour; et s’il succombe avant d’avoir réussi à le faire, son existence a été pour ses concitoyens plutôt une charge qu’un bien. Veut-on savoir ce qu’il en coûte ? Prenons les prix les plus bas : je trouve que, depuis la naissance jusqu’à l’âge de 12 à 16 ans, tous les frais d’entretien d’un enfant dans les hospices du royaume des Pays-Bas s’élevaient, en 1821, dans leur valeur moyenne, à 1,110 francs environ, soit 1 ,000 francs seulement, et cette somme n’est certes point exagérée, même pour la France. Tout indi-

(1 D'wprés M. D'Wernois \liibliotb^que iniiterselle de Genèce, 1833).

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vidu qui échappé à l'eniaiice a donc coiilracle une espèce de dette dont le viinimum est de 1,000 francs, somme payée par la société pour l’entretien de l’enfant qu’on abandonne à sa charité. Or, il nait annuellement, en France, au delà de 900,000 enfants, dont sont enlevés avant d’avoir pu se rendre utiles ; ces 432,000 infortunés peuvent être considérés comme autant d’amis étrangers, qui, sans fortune, sans industrie, sont venus prendre part à la consommation, et se retirent ensuite sans laisser d’autres traces de leur passage que de tristes adieux et d’éternels regrets. La dépense qu’ils ont occasionnée, sans tenir compte du temps qu'on leur a consacré, représente, au minimum, la somme énorme de millions de troncs! Si l’on considère, <l’uiie autre part, les douleurs que doivent exciter de pareilles pertes, douleurs que ne pourrait compenser aucun autre sacrifice, on sentira combien ce sujet est digne d’occuper les méditations de l’homme d’État et du philosophe vraiment ami de ses semblables. On ne saurait trop le répéter, la prospérité des États doit consister moins dans la multiplication que dans la conservation des individus qui les composent.

Quelques exemples nous ont appris déjà qu’une grande mortalité marche généralement de front avec une grande fécondité. Cette assertion paraît, au premier abord, contraire aux observations de M. Sridler; mais il ne faut pas confondre la fécondité des mariages avec la fécondité de la population; on serait induit à de graves erreurs ; j’ai montré même que, toutes choses égales, une grande mortalité devait entraîner une moindre fécondité des mariages, parce que les mariages en secondes et troisièmes noces se multiplient davantage, et que la durée des mariages en devient généralement moindre.

Pour examiner la question qui nous occupe, il faut com-

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