LIVRE DEUXIÈME
surtout chez les femmes; cette augmentation est même assez sensible dans les campagnes.
Vers l’iige de 24 ans, il se présente une circonstance particulière pour les hommes, c’est un maximum qu'on ne remarque pas dans la courbe de mortalité des femmes. L’époque de ce maximum coïncide avec celle où l’homme montre le plus de penchant au crime ; c’est l’âge orageux des passions, qui occupe une place extrêmement prononcée dans la vie morale de l’homme. La mortalité ensuite diminue insensiblement, et elle atteint, pour les hommes des villes et des campagnes, un nouveau minimum vers l’âge de 30 ans.
La cause pour laquelle on ne remarque pas ces points maximum et minimum dans la courbe de la mortalité des femmes, provient sans doute de ce que l’etfet que pourrait avoir sur elles le développement des passions, se combine avec l’effet résultant des dangers de la mateniité, car après l’âge de 24 ans, les décès continuent à augmenter et surpassent, à partir de 28 ans jusqu’à 45, le nombre des décès chez les hommes. La différence est même assez sensible entre 30 et 40 ans (i).
Vers 60 à 65 ans, époque également remarquable, la viabilité perd considérablement de son énergie, c’està-dire que la probabilité de vivre de%ûent extrêmement faible.
Enfin la durée d’un siècle parait limiter la carrière de l’homme. Il en est bien peu qui dépassent ce terme; au 1" janvier 1831, sur seize centenaires que l’on comptait
(t) On a cru pendant longtemps que l’Age du retour déterminait, chez les femmes, une mortalité plus forte qu’aux autres époques de la vie. M. Benoiston de CbAteauneuf a fait Toir qu^cette opinion est sans fondement, dans un Mémoire sur la mortalité des femmes de l’âge de 40 à ^ ans. Parie, 1822.
en Belgique, quatorze se trouvaient dans les trois provinces de Hainaut, de Namur et de Luxembourg. Le Limbourg et la Handre orientale en avaient chacun un ; et il ne s’en trouvait pas dans les provinces de Brabant, d’Anvers, de la Flandre occidentale et de Liège. Les trois individus les plus âgés de ces centenaires avaient 104,
1 10 et 111 ans ; ils appartenaient à lu province de Luxembourg; les autres ne dépas.saient pas i02 ans.
Sur ces 16 centenaires, 9 appartenaient au sexe masculin ; aucun d’eux n’avait été militaire : il est à remarquer que tous avaient été ou étaient encore mariés et que généralement ils vivaient dans des conditions très-médiocres. On a cru reconnaître, d’une autre part, qu’il y a plus de centenaires chez les hommes que chez les femmes, quoique la vie moyenne des dernières soit cependant plus longue.
Un physiologiste allemand, M. Burdach, a publié des rapprochements curieux sur la mortalité et les périodes de la vie humaine (i). Ce savant partage la vie en dix périodes de 400 semaines chacune, et il calcule ainsi l’âge des dents de lait, celui de l’adolescence, celui de la jeunesse , etc. ; dans la première périodq , s’en trouve une autre secondaire de 40 semaines, c’est l’âge de l’allaitement.
La loi de la durée des maladies exprimée en semaines et en fractions de semaine a été donnée par M. Villermé dans les Annales (l'Hygiène pour janvier 1830, d’après les documents de la société philanthropique Highland society of Scotland.
(1) Die Zeitrechnung des menschïichen lebens, 1829, & Leipzig.