HI
6,8'iO
Moyenne. .
6,9 U décés.
6,9(^ naissances.
(a) C'Mt l'annfv de ditette.
(3) Époque de l’épidémie dû Groningue. Augmentation des décés et dimi nutioo des naissances.
(4) Année du choléra.
En comparant les naissances aux décès qui ont eu lieu pendant les années indiquées dans le tableau qai précède, on peut voir que les naissances ont été, dans leur valeur moyenne, à peu près égales au nombre des décès : on a comptéen effet annuellement 7,282 naissances et 7,336 décès. Amsterdam a été affligée par différents fléaux, et il paraît constant que sa population n’était pas en croissance. C’est un indice presque toujours infaillible de perte de prospérité, quand la vie moyenne n’atteint pas une valeur élevée.
Si l’on considère les âges sur lesquels tombe la mortalité, on aura une nouvelle preuve de l’influence que nos institutions et nos habitudes ont pour la modifier. En parlant des mort-nés, nous avons montré combien leur nombre est susceptible d’augmenter dans l’enceinte des villes et particulièrement au milieu des excès de tout genre que fait naître la démoralisation ; nous avons fait voir aussi que les enfants qui naissent dans ces malheureuses circonstances ont bien moins de chances de vivre, surtout si les parents sont dans la misère. Différents dangers accueillent leurs premières années et les attendent dans le cours de leur carrière ; ainsi, sans parler de ceux auxquels nous sommes exposés par notre nature, les uns tiennent à nos mœurs, d’autres à nos institutions religieuses, d’autres enfin à nos institutions politiques. Pour ceux qui tiennent à nos mœurs, j’ai déjà essayé de les indiquer; j’ai fait voir aussi l’influence que pouvaient exercer certaines institutions religieuses : le baptême, par exemple, sur la première enfance ; le carême et les abstinences sur nos forces reproductives, et probablement sur notre vitalité; les cérémonies religieuses et les apprêts de mort sur l’esprit du malade. On peut encore joindre à ces causes actives qui modifient la grandeur d’une population, l’état
de célibat que s’impose toute une classe d’hommes dont le nombre, dans l’esprit du catholicisme, était autrefois beaucoup plus étendu qu’il ne l'est de nos jours.
Parmi les institutions politiques, les levées des milices et les guerres sont t-galement, malgré ce qu’on a pu en dire, des causes toujours nouvelles de mortalité : elles sont d’autant plus afHigeantes quelles tombent sur la partie la plus saine et la plus précieuse de la population, sur l’homme qui vient d’atteindre son développement physique et qui se prépare à payer à la société la dette que lui ont fait contracter tous les soins prodigués lï son enfance. Dans quelques pays même, par un empressement trop grand à enrégimenter les hommes, avant même qu’ils aient eu le temps de se développer entièrement, on les expose à de nouvelles chances de mort; ou du moins, par les fatigues, on mine prématurément la vigueur des générations nouvelles.
Les gouvernements disposent en quelque sorte de la vie des hommes qu’ils ont constamment sous leur influence, depuis qu’ils ont \ti le jour jusqu’au moment où ils descendent au tombeau. Je ne parlerai point ici de la forme même des gouvernements ; on sait trop combien ceux qui sont favorables au despotisme arrêtent le développement de l’espèce, et combien, au contraire, une sage liberté, en secondant toutes les industries et tous les efforts individuels, donne à l’homme les moyens de pourvoir à sa conservation. Je ne parlerai pas non plus de l’immense distance qui existe entre les degrés de mortalité de l’esclave et du maître, malgré tous les excès auxquels ce dernier ne se livre que trop souvent; mais je ne puis me dispenser de jeter un coup d’œil rapide sur la mortalité dans les institutions créées par l’homme pour la protection delà société, et de parcourir rapidement ce qui concerne la