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LITRE PREMIER. 1!S

du jour et de la nuit : cette variation est sensible à tout ce qui respire. Si l’on consulte le savant, il fera connaître d’autres phénomènes diurnes qui échappent en général à l’attention des hommes : il indiquera les phénomènes électriques et galvaniques, dont l’équation diurne est encore si peu connue; il parlera de la quantité de lumière qu’envoient les différentes parties du ciel selon leur distance angulaire avec le soleil ; il fera connaître la loi de la polarisation de cette même lumière. On sent déjà que le monde s’agrandit et que, par la multiplicité des phénomènes auxquels cette loi donne lieu, ce sujet semble devenir infini.

La périodicité diurne est donc fondamentale : elle produit, dans chaque ordre de faits, des phénomènes périodiques secondaires, dont quelques-uns donnent lieu à des études qui commencent à peine à être entrevues, et qui mériteront, sans doute, une attention toute spéciale quand la météorologie aura pris le rang qui lui appartient.

Il est un autre ordre de faits périodiques non moiqs intéressants : c’est celui des phénomènes annuels qui dépendent du temps qu’emploie la terre à faire sa révolution autour du soleil. L’homme les connaît dans leur ensemble; il a su se faire aux plaisirs et aux peines que lui imposent les saisons, et surtout les chaleurs de l’été et les rigueurs de l’hiver. Mais le savant qui en apprécie les causes et qui sait que ces phénomènes dépendent de l’inclinaison de l’axe de notre terre sur le plan de l’écliptique, peut mieux se rendre compte de tous les effets observés. Il voit cette obliquité diminuer lentement d’année en année, et il a pu croire d’abord qu’un jour elle disparaîtrait complètement et que les saisons cesseraient alors d’avoir leur cours. Mais les progrès de l’astronomie lui ont appris, depuis, que cette diminution de l’obliquité de l’écliptique aura ses limi-

tes, et que la terre reprendra sa position première (i).

Si les alternatives de la période annuelle ont une action si puissante sur l’homme, si elles exercent, d’après les recherches statistiques, une iiillucnce marquée sur 1e nombre des naissances, des décès et sur tous les faits qui concernent l’humanité, son action est bien mieux marquée encore quand on considère les animaux et surtout les plantes (2) .

Parmi les animaux, et particulièrement parmi les oiseaux, il en est qui reparaissent à certaines époques de l’année, selon les degrés de latitude et selon la température des climats. Ce dernier phénomène, qui les avait appelés, leur donne ensuite le signal du départ aux approches de l’hiver. Nous en dirons autant de ce peuple d’insectes qui s’attachent à nos forêts et aux plantes en général ; ils reviennent à des époques et è des températures marquées, ils choisi.ssent chacun l’arbre qui leur convient; ils offrent en même temps aux naturalistes l’une des études les plus attrayantes.

L’homme à son tour franchit, vers les pèles de notre globe, des limites que les plantes n’atteignent généralement pas, et où peu d’animaux réussissent à séjourner.

(1) M. Girulamo Boccardo vient de faire paraître, sous le titre : Fisica d€l Globo, un ouvraj.;e (jui expose, avec beaucoup d ordre et de clarté, tous les grands phénomènes, présentés généralement dans les traités de géographie physique et de météorologie. Il a su décrire avec intérêt les phénomènes natmvls qui intéressent le plus les hommes, et les présentei- sous leurs formes les plus intéressantes.

(2) Les phénomènes périodiques des plantes et des animaux avaient d'abord appelé l'attention de Linné. Ce savant crut devoir abandonner ensuite cette étude. Elle a été reprise plus taitl en Belgique, puis en Autriche, en France, en Angleterre, dans une partie de la Prusse et de la Russie, et, en général, dans la plupart des pays où les sciences sont cultivées. Les naturalistes les plus distingués s'en sont occupés, et depuis plus d'un quart de siècle, la plupart ont transmis obligeamment leurs obseiTations k l’Académie royale de Belgiquo.

LIVRK PRBUIBR.

La période annuelle, de même que la période diurne, est doue de premier ordre et comprend, comme faits secondaires, une quantité do phénomènes que riiomme ne connaît encore qu’iraparfaitement, mais au perfectionnement et à la découverte desquels il consacre toute son existence. Ces deux périodes sont à peu jirès les seules connues par leurs effets , mais est-ce à dire qu'il n’en existe' point d’autres qui méritent également notre attention (i)?

L’astre qui les fait naître, le soleil, a un mouvement de rotation sur son axe; il montre successivement ses différentes phases à notre terre, et sa rotation complète s’achève dans l’espace do vingt-cinq à vingt-six jours. Mais connaissons-nous les effets que produit ce mouvement 1 Les astronomes seuls les ont aperçus par le déplacement des taches qui naissent de temps en temps à sa surface. Ces taches exercent7elles une action ? ou bien telle phase du Soleil, abstraction faite des taches, produit-elle des phénomènes qui lui soient particuliers? Ces effets périodiques sont encore généralement inconnus : on en soupçonne les causes, mais il ft. rdrait des études plus approfondies pour les admettre entièrement. William Herschel supposait que la présence des taches indiquait des jours plus chauds :

(1) Nous avions commencé, en 1839, disions-nous, un système d’observations combinées pour les plantes et les animaux, qui se poursuit encore, et dont les premiers observateurs ont été, avec les naturalistes et les physiciens belges, MM. Decaisne, Dureau de la Malle, Bravais, d'Hombres Firmas, Valz, Lereboullet, Berzélius, de Martius, Kupffer, Lamont, Fritscb, Zantedesebi, Wartmuuu, Passerini, Colla, Hess, Dobrn, Heis, Jenyns, Birt, Couch, Hlackwall, Broun, Van Hall, Staring, etc., etc. Nous avons essayé de résumer ces observations; M. Fritscb en a fait de même pour Vienne; M. Karl Linsser a écrit depuis un travail intéressant pour la Russie; il a pa^culiôrement comparé les observations de cet empire à celles de la Belgique : il a présenté ses résultats dans le dernier volume des mémoires de l’Académie impériale de Saint Pétersbourg.

depuis, des expériences ont établi le contraire, et l’on voit que la science est encore sans notions sufSsantes de ce côté, malgré les observations du célèbre astronome anglais.

Nous sommes également dépourvus de notions positives sur le mouvement de translation que semble avoir le soleil dans l'espace, en entraînant, dans .son cortège, tous les satellites qui l'entourent : nos connaissances sont donc insuffisantes sur les phénomènes périodiques que peuvent produire, par rapport à nous, ses mouvements de translation et de rotation.

Si, après le soleil, nous considérons les attractions qu’exerce sur notre globe l’astre qui l’avoisine le plus, nous trouverons quelques faits que la science a successivement reconnus, et particulièrement le phénomène des marées, qui est trop prononcé et trop induent pour qu’on n’ait pu en apercevoir les causes et les effets : on a reconnu même que la lune, à cause de sa proximité de notre terre, est beaucoup plus iuduente que le soleil dans la production des marées, dont on a calculé les retours et les hauteurs (i). Des écrivains distingués se sont cependant prononcés contre ces actions si manifestes, et Bernardin de Saint-Pierre, dans ses Études de la nature, n’a pas craint de s’élever contre les théories admises. Quel que soit le mérite de ce célèbre littérateur, l’action de la lune sur notre globe a été pleinement adoptée.

On a supposé également que l’infiuence lunaire peut exercer de l’infiuence sur quelques phénomènes physiologiques, et particulièrement chez les femmes; cette action cependant est restée problématique; elle a été même rejetée par la science.

(I) Des études récentes ont été laites encore sur 1a nature de oe phénomène ; notre paya y a pris part, par l'intermédiaire de l'Académie royale et de l'Observatoire de Bruxelles.

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