LIVRE DEUXIÈME
C’est dans une organisation pareille que repose l’avenir de la statistique. Ce qui manque essentiellement, ce sont de bonnes observations qui soient comparables entre elles. Je crois avoir montré que les méthodes scientifiques pour les mettre en œuvre ne feraient point défaut. L’homme isolé voit son action renfermée dans un cercle trop étroit, ■ pour qu’il puisse songer à réunir tous les matériaux qui doivent composer l’édifice ; il faut nécessairement recourir à la généreuse intervention des gouvernements (i).
(1) Les idées précédentes étaient exprimées identiquement dans les mêmes termes, comme le prouve la première édition de la Théorie des probabilités appliquée aux sciences morales et politiques qui parut en 1846, c'est-à-dire sept ans avant l'institution du congrès international des nations. L'ouvrage étaitdédié au prince âlbrkt, qui fut, plus tard, leprésident de ce même Congrès de statistique, quand il se trouva réuni à Londres. Qu'il me soit permis en même temps de rappeler les mots par lesquels Je terminais mon ouvrage. •• Je suis heureu/, disais-je, de pouvoir plaider ici la cause d'une science qui m'est chère, et qui aurait besoin d'appui pour réaliser tout ce qu'on est en droit d’en attendre. Je ne saurais le fàire sous de meilleurs auspices, car les princes de la maison de Votre Altesse ont toujours été les protecteurs des sciences et les amis des lumières; et j'ai été dans l'heureuse position d'apprécier que ces qualités héréditaires n'y ont point dégénéré. »
En écrivant ces mots, j'étais loin sans doute de songer à ce que ces espérances dussent bientôt nous être ravies.
Ostendent terris hune tantùm fata^ neque ultrà esse sinent....
ViRO., ÆneidoSy lib. VI, v. 869.