‹ Physique socialeChapitre 78 sur 244 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

M. Villerraé, dans son travail Sur les naissances par mois, a cherché à reconnaître si les grands travaux ordinaires de la campagne ne diminuent point la fécondité ou ne changent pas les époques des conceptions, mais il n’a pu obtenir aucun résultat concluant.

Il paraît que l’influence des professions est en général masquée par d’autres causes influentes trop prononcées pour qu’avec les éléments statistiques que nous possédons, on puisse l’apprécier d’une manière satisfaisante. Tout ce qu’on peut conclure des recherches faites jusqu’à présent, c’est qu’elle est faible et quelle dépend surtout de la quantité et de la nature des aliments et du développement des forces physiques. ^ Il n’est point de principe d’économie politique sur lequel tous les auteurs soient plus d’accord, dit M. Benoiston (i), que celui qui établit que la population des Etats se proportionne toujours à la force de leurs produits. C’est en vertu de cette loi, qui souffre bien peu d’exceptions, qu’on n’observe point de naissances nombreuses chez un peuple pauvre et opprimé, c’est-à-dire manquant d’agriculture, d’industrie et de liberté. Bien loin de là, les populations esclaves s’affaiblissent au lieu de s’accroître. C’est un fait reconnu qu’à Saint-Domingue, en 1788, trois mariages ne donnaient que deux enfants parmi les noirs, tandis que chaque union en donnait trois parmi les blancs (2).

J’ignore si c’est un préjugé mal fondé que, dans les Etats protestants, les pasteurs ont ordinairement une plus grande famille que les membres des autres professions ; du reste, cette opinion était très-accréditée dans l’ancien royaume des Pays-Bas. Mais le fait pourrait s’expliquer

il) Notice jur Vlnfluetice de la fécondité en Ei<rope.

(2) Traité du commerce des colonies^ page 218.

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noii-seulemeiit par la iiaturr même de la profession, mais encore parce que le traitement des pasteurs s’accroissait progressivement avec le nombre de leurs enfants.

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