LIVRE PREMIER
La période annuelle, de même que la période diurne, est donc de premier ordre et comprend, comme faits secondaires, une quantité de phénomènes que l'homme ne connaît encore qu’imparfaitcment, mais au perfectionnement et à la découverte desquels il consacre toute son existence. Ces deux périodes sont à peu près les seules connues par leurs etfets, mais est-ce à dire qu’il n’en existe point d'autres qui méritent également notre attention (i)?
L’astre qui les fait naître, le soleil , a un mouvement de rotation sur son axe; il montre successivement ses différentes phases à notre terre, et sa rotation complète s’achève dans l’espace de vingt-cinq à vingt-six jours. Mais connaissons-nous les effets que produit ce mouvement ? Les astronomes seuls les ont aperçus par le déplacement des taches qui naissent de temps en temps à sa surface. Ces taches exercent-elles une action ? ou bien telle phase du soleil, abstraction faite des taches, produit-elle des phénomènes qui lui soient particuliers? Ces effets périodiques sont encore généralement inconnus : on en soupçonne les causes, mais il faudrait des études plus approfondies pour les admettre entièrement. William Herschel supposait que la présence des taches indiquait des jours plus chauds :
(1) Nous avions commencé» en 1839, disiona*nous, un système d'observa' tions combinées pour les plantes et les animaux, qui se poursuit encore, et dont les premiers obsei*vatenr8 ont été, avec les naturalistes et les physiciens belges, MM. Decaisne, Dureau de la Malle, Bravais, d'Hombres Pirmas, Valz, LerebouUet, Berzélius, de Martius, Kupffer, Lamont, Fritsch, Zantedeschi,Wartmann, Passerini, Colla, Hess, Dohrn, Heis, Jenyns, Hirt, Cuuch, i^lackwall, Broun, Van Hall, Staring, etc., etc. Nous avons essayé de résumer ces observations; M. Fritsch en a fait de même pour Vienne; M. Karl Linsser a écrit depuis on travail intéressant pour la Russie; il a particuliérement comparé les observations de cet empire é celles de la Belgique : il a présenté ses résultats dans le dernier volume des mémoires de l'Académie impériale de Saint-Pétersbourg.
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depuis, des expériences ont établi le contraire, et l’on voit que la science est encore sans notions sufBsantes de ce côté, malgré les observations du célèbre astronome anglais.
Nous sommes également dépourvus de notions positives sur le mouvement do translation que semble avoir le soleil dans l’espace, en entraînant, dans son cortège, tous les satellites qui l’entourent : nos connaissances sont donc insuffisantes sur les phénomènes périodiques que peuvent produire, par rapport à nous, ses mouvements de translation et de rotation.
Si, après le soleil, nous considérons les attractions qu’exerce sur notre globe l’astre qui l’avoisine le plus, nous trouverons quelques faits que la science a successivement reconnus, et particulièrement le phénomène des marées, qui est trop prononcé et trop influent pour qu’on n’ait pu en apercevoir les causes et les effets : on a reconnu môme que la lune, à cause de sa proximité de notre terre, est beaucoup plus influente que le soleil dans la production des marées, dont on a calculé les retours et les hauteurs (i). Des écrivains distingués se sont cependant prononcés contre ces actions si manifestes, et Bernardin de Saint-Pierre, dans ses Études de la nature, n’a pas craint de s’élever contre les théories admises. Quel que soit le mérite de ce célèbre littérateur, l’action de la lune sur notre globe a été pleinement adoptée.
On a supposé également que l’influence lunaire peut exercer de l’influence sur quelques phénomènes physiologiques, et particulièrement chez les femmes ; cette action cependant est restée problématique; elle a été môme rejetée par la science.
(I) Des études récentes ont été {sites encore sur Is nature de ce phénomène ; notre pays y a pris part, par l'intermédiaire de l'Académie royale et de l'Obserratoire de Bruxelles.
Les effets produits par la lune, quoiqu’on ait souvent parlé de leur influence, ont généralement peu exercé les investigations des savants ; on doit cependant excepter le phénomène des marées, dont nous venons de parler. On ne peut ignorer surtout les secours que donnent, particulièrement aux navigateurs, les phases lunaires qui se reproduisent pendant le cours d’un mois périodique, ainsi que les autres phénomènes astronomiques qui eu dépendent.
Parmi ces phénomènes, quelques-uns sont marqués de la manière la plus prononcée; d’autres, plus soumis à des influences politiques et religieuses, altèrent les effets naturels et laissent des traces de leur passage. Quant aux perturbations qui pourraient être occasionnées par des causes individuelles, les traces qu’elles laissent sont sensiblement nulles, et échappeutà l’appréciation numérique.