‹ Physique sociale, ouChapitre 216 sur 238 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

choses aille croissant, on conçoit (ju’il deviendra impossible, en conservant les mômes nombres proportionnels de naissances et de décès, de conserver la même vie moyenne : elle devra diminuer. Cependant comment se fait-il que des résultats si extraordinaires ne s’observent pas? C’est, je crois, que les substitutions ne sont jamais assez nombreuses , ni leur durée assez longue, pour laisser des traces sensibles au milieu des autres éléments influents.

Ceci nous apprend cependant combien il faut être en garde conti-e les inductions qu’on pourrait tirer de la vie moyenne calculée d’après peu d’années d'observation, et chez un peuple qui est en progrès ou en décadeneç. En étendant les raisonnements précédents, ou arrive sans peine à ces conclusions :

1“ Un peuple peut avoir annuellement, pour nombres proportionnels des naissances et des décès, exactement les mêmes chitlres, sans que pour cela la vie moyenne reste la môme ;

2“ Quand, toutes choses égales, la mortalité frappe les hommes faits et épargne les enfants, la durée de la vie moyenne diminue, et vice versA, bien entendu si l’on calcule. la vie moyenne des survivants ;

3" Les chiffres des naissances, des décès et do la \ie moyenne peuvent conserver la môme valeur, tandis que dans le fait, la population éprouve de grandes pertes ou reçoit de grands avantages qui restent masqués;

4“ Pour estimer convenablement ce qu’une population gagne ou perd, il est nécessaire, en faisant la répartition des années, pour établir la vie moyenne, de tenir compte de la qualité de ces années et d’examiner si elles sont productives ou non.

Lorsqu’il s’agit, par exemple, d’estimer les forces dont

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im État peut disposer, en considérant, comme on l’a fait, le problème sous son point (!a vue purement physique, il me semble que ie chemin le plus sûr serait de comparer numériquement les hommes utiles à ceux qui ne le sont pas. Les éléments de comparaison devraient, dans ce cas, être puisés dans les tables de mortalité ou mieux dans des tables de population bien faites; et il faudrait chercher combien, sur un nombre donné d'individus, il se trouve d’enfants hors d’état de se rendre utiles, et combien d'hommes en âge de contribuer au bien-être général ; on pourrait partager une population en deux parties, l’une ayant moins, l’autre ayaut plus de quinze ans. Je suppose ainsi, il est vrai, que l’homme à 30 ou à 40 ans ne peut pas se rendre plus utile qu’à 12 ou à 80 ans; mais c’est un inconvénient qu’on trouve aussi dans les autres méthodes d’appréciation, et qu’on pourrait faire disparaître, d’ailleurs, en attribuant plus d'importance à certaines années de la vie qu’à d’autres, si une extrême exactitude ne devenait illusoire en pareil cas.

Pour nous faire d’abord une idée un peu exacte de la manière dont les populations se composent, j’ai réuni ici les données les plus exactes que j’ai pu recueillir pour quelques-uns des principaux pays qui ont été considérés dans ce qui précède ; on trouvera indiqués séparément les nombres relatifs aux deux catégories que j’ai établies entre les individus productifs et ceux dont l’entretien peut être considéré copime une charge pour la société.

LITRE DEUXIÈME

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