nn DÉVELOPPKMENT DE 1,’hOMME PHYSIQUE ET MORAL
L’homme liait, se développe et meurt d’après certaines lois qui n'ont jamais été étudiées dans leur ensemble ni dans le mode de leurs réactions mutuelles. Des recherches plus ou moins complètes sur quelques-unes de ces lois, des résultats déduits d’observations isolées, et des théories souvent basées sur de simples aperçus, tels sont à peu prés tous les matériaux que nous présente la science de l’homme. Cependant ce qui tient à la reproduction et à la mortalité a fait, depuis près de deux siècles, l’objet des études constantes de plusieurs savants distingués : on a soigneusement recherché l’influence qu’exerce sur les naissances et les décès la difl’érence des âges, des sexes, des professions, des climats, des saisons ; mais en s’occupant de la viabilité de l’homme, on n’a pas fait marcher de
PHY8IQÜB SOriALP.
front l’étude de son développement physique ; on n’a g;uére recherché numériquement comment il croit sous le rapport du poids ou de la taille, comment se développent ses forces, la sensibilité de ses organes et ses autres facultés physiques; on n’a point déterminé l’âge où ces facultés atteignent leur maximum d’énergie, celui où elles commencent â baisser, ni leurs valeurs relatives aux différentes époques de la vie, ni le mode d’après lequel elles s’influencent, ni les causes qui les modifient. On ne s’est guère occupé davanüvge d’étudier l’homme moral et intellectuel dans son développement progressif, ni de reconnaître comment, à chaque âge, il est influencé par l’homme physique, qui lui imprime .son action. Ce beau sujet de recherches est resté, pour ainsi dire, intact.
11 est évident que je n’entends point parler ici des .sciences spéculatives qui, depuis longtemps, ont exploré, avec une admirable sagacité, la plupart des questions qui étaient à leur portée et qu’elles pouvaient aborder directement, en se tenant en dehors de l’appréciation numérique des faits. La lacune qui reste à remplir appartient aux sciences d’observation : soit, en effet, défiance de ses propres forces, soit répugnance â regarder comme soumis à des lois ce qui semble le résultat des causes les plus capricieuses, dés qu’on s’occupait des phénomènes moraux, ou croyait devoir abandonner la marche suivie dans l’étude dos autres lois de la nature. 11 faut convenir d’ailleurs que les observations qui ont pour objet la .science de fhomme présentent des difficultés trop grandes, et, afin de mériter la confiance, doivent être recueillies sur une échelle trop étendue pour que des savants isolés puissent les entreprendre. Aussi peut-on s’étonner de manquer en général de données sur l’accroissement du poids et de la taille que prend fhomme à partir de sa naissance, de ne
Oigitiîed by CoogH