LIVRE DEUXIÈME
no
i. INFLUENCE DE l’aOE SUR LA FÉCONDITÉ DES MARIAGES.
Nous venons de voir que l’âge relatif des parents exerce une influence probable sur le nombre proportionnel des naissances masculines; il est naturel de supposer qu’il doit en être encore de même à l’égard du nombre des naissances ou de la fécondité. Je ne connais guère, à ce sujet, que les recherches do M. Sadler, entreprises dans la vue de montrer que l’âge des parents, considérés séparément, n’a pas d’influence sur le rapport des naissances masculines aux naissances féminines. Je les ai reproduites plus haut, en prenant .soin de calculer, dans la dernière colonne, le chiffre de la fécondité. Cependant, comme les nombres de M. Sadler sont généralement faibles, j’ai cru devoir admettre moins do catégories dans les âges, ce qui donnera à mes résultats particuliers une probabilité plus grande. On pourrait résumer tous ces résultats dans le tableau suivant :
D'APRÈS LES REGISTRES de«
PAiM o’t:ittLeTe«KE.
NOMBRE D'ENFANTS PROCRÉÉS rat C9 tüOiTten aia.nt au moiient m hahiack
MOI»! Bl SA A»l.
Al-»C»IVt BK 34 AN*.
Époux
É|K>UMS. ......
Veuf-4 ou veuve» ....
5,r.fi
Nous voyons que la fécondité des mariages, toutes choses égales, diminue selon que les mariés sont plus
(l)Ce chiffre, ne reposant que sur S mariages qui ont produit 44 enfants, 06 peut inspirer de confiance. Généralement ces nombres sont trop faibles pour pouvoir être acceptés comme valables.
180 QUALITÉS UHYSIQUKS.
Agés. Pour recoimattre l’intluence de l’âge eu lui-méme sur la fécondité des individus, il faudrait tenir compte de la probabilité qu’on a de vivre en se mariant ; car il est bien évident, par exemple, que celui qui a encore deux fois autant qu’un autre A vivre peut espérer, par cette prolongation, de procréer plus d’enfants. Il est bien vrai, d’une autre part, que ceux qui se marient jeunes craignent en quelque sorte d’avoir une famille trop nombreuse; ce qui n’a point lieu quand on se marie dans un âge plus avancé.
Lorsqu’on a égard aux âges respectifs des époux, on trouve, en se servant encore des nombres donnés par M. Sadler, et que nous avons reproduits plus haut, que la fécondité des mariages atteint sa plus grande valeur quand les âges des époux sont les mêmes ou que l’homme surpasse en âge la femme de 1 à 6 ans ; elle ne diminue pas sensiblement quand la différence n’excè<le pas 16 ans; mais quand elle est plus grande ou que l’homme est moins âgé (jue la femme, la fécondité semble tendre vers son minimum. Ce sont des résultats qu’il est en quchiue sorte facile de prévoir. Du reste, je ne me suis proposé que d’indiquer ces sortes de recherches, sans avoir la prétention de les approfondir, puisque des données suffisantes manquent encore.
M. Sadler, dans une autre partie, de son ouvrage (i), a fait connaître le nombre des enfants produits par les épouses des pairs d’.Vngleterre, desquelles il a pu déterminer les âges au moment du mariage, mais en inscrivant cette fois tous les mariages, qu’ils fussent féconds ou non, et contractés en premières ou secondes noces ; voici textuellement ses résulffits :
(1) Tomo II, page 281.
AGE
au
■ OlEfTT DV MABUCE.
NOMBRE
dM
■AlliOU.
NOMBRE
D'aarAiTT».
DteSs
b*R!irAVTI
avant
m-nar.
naissances
par
MaaucB.
btcfcs
pour
tn vkia* akME.
13 U 15 ans . . .
\im
Htî
On voit ici que, de 12 à 27 ans, la fécondité des femmes va en croissant. Au premier abord, ce résultat paraît contraire à ceux qui ont été obtenus précédemment; mais il convient de remaniuer qu’il s’agit ici des mariages en général, et non, comme nous l'avons supposé d’abord, des mariages féconds en particulier. Nous avons vu que, dans cette dernière li}q)othèse, la fécondité des femmes ne varie pas sensiblement au-dessous de l’âge de 26 ans. On ne peut donc attribuer la différence qu'à ce que plusieurs femmes mariées trop tèt sont restées stériles. 11 résulte encore des calculs de M. Sadler que les enfants procréés par des mariages trop liAtifs sont plus exposés à la mortalité que les autres. Il est d’ailleurs très-fâcheux que le statisticien qui a calculé les tableaux précédents dans des vues particulières, n'ait pas étendu le dernier au delà de l’âge de 27 ans. Il eût été à désirer aussi qu’il eût fait connaître le rapport des femmes fécondes aux femmes stériles, pour les différents âges auxquels les mariages ont eu lieu.
Afin de ne pas choisir dans une classe privilégiée les individus qu’il examine, M. Sadler a donné aussi une table d’après 2,870 cas d’enfantement à terme, observés par le docteur Granville dans plusieurs des principaux établissements de bienfaisance de Londres; nous la reproduisons
AGE
«f MOlItJIT du
MtniACE.
NOMbKE
dpt
■ABUCK»
ENFANTS
vexe»
A TrRHI.
ENFANTS
TIVAST*
Ion
or L'tccoccNKsnr.
ENFANTS