RHODODENDRON A FLEURS JAUNES
RHODODENDRON CHRYSANTHVM
Rhododendron chrjsanthum. Linn. Suppl. 237. Gmfx.
Sibér. 4. 121. t. 54.
(Planche 63.)
Celte plante croît sur les hautes montagnes de la Sibérie. Ses tiges se divisent en rameaux nombreux , glabres , de couleur brune , garnis de feuilles alternes ovales, ridées, vertes en dessus, roussâtres en dessous , entières et un peu roulées en leurs bords , marquées de nervures réticulées. On remarque, dans toute la longueur des rameaux , des stipules en forme d’écailles, d’une couleur de rouille. Les fleurs sont grandes, d’un beau jaune , disposées en corymbes terminaux. La corolle est campanulée , presque en roue. Les capsules sont ovales , inclinées sur leur pédoncule.
Les feuilles de cet arbuste manifestent une saveur âcre mêlée d’amertume. A forte dose, elles agissent à la manière des drastiques, causent des treinblemens, des vertiges , une anxiété douloureuse , une chaleur brûlante dans l’œsophage , des tranchées , et l’inflammation du canal alimentaire. D’après Pallas , la décoction concentrée des rameaux et des feuilles excite la fièvre, une soif ardente, et une sorte d ivresse suivie de la perte des sens. Les Cosaques font cependant usage de cet arbrisseau dans toutes sortes de rhumatismes et dans les douleurs de membres chroniques. Après quelques doses de ce remède , et quelquefois
même après la première , les parties affectées se trouvent en un meilleur état. (Voyages dans plusieurs provinces de l’empire de Russie. )
Le docteur Metternich a fait usage du rhododendron chrysanthum en poudre contre les affections goutteuses opiniâtres, depuis dix jusqu’à quarante grains par jour, en trois ou quatre prises , se réglant d’après la constitution et la sensibilité du malade , et augmentant graduellement les doses. Cette poudre doit être continuée pendant plusieurs semaines , et quelquefois plus long-temps, pour obtenir l’effet désiré. Elle agit puissamment sur la masse des fluides , et donneune odeurtoute particulière à la sueur. Le même médecin l’a également employée, avec un heureux succès , dans quelques cas de douleurs rhumatismales, avec fièvre et gonflement des pieds et des mains. Weismantel a guéri avec le rhododendron une paralysie presque universelle survenue à la suite d’une affection goutteuse.
Infusion de rhododendron chrysanthum. Prenez, feuilles desséchées , et récoltées lorsque l’arbuste est en pleine floraison, depuis deux gros jusqu’à demionce ; faites infuser dans douze onces d’eau bouillante pendant vingt-quatre heures. Ce remède excite des sueurs abondantes-, on en donne deux ou trois demitasses par jour, dans les maladies goutteuses et rhumatismales revêtues d’un caractère chronique. On peut employer de la même manière la décoction des tiges et des feuilles.