‹ Phytographie médicale (volume 3)Chapitre 18 sur 75 · RHODODENDRON MAXIMUM · texte numérisé non relu

RHODODENDRON MAXIMUM

Rododendron maximum. Wild. Spec. 2. GOG. Kern. Hort. v. 16. t. 190.

Ce bel arbrisseau , originaire du Canada et de la Virginie , s’élève à cinq ou six pieds de hauteur. Ses rameaux sont garnis de feuilles pétiolées, coriaces, ovales , aiguës à leur sommet , d’un vert foncë et luisant en dessus, roussâtres en dessous, un peu roulées à leurs bords. Les fleurs sont grandes, rouges, disposées en corymbes à l’extrémité des rameaux.

On le cultive dans les jardins , où il se reproduit sous deux variétés : l’une à fleurs blanches , l’autre à fleurs d’un rose tendre. Toutes ses parties exhalent une odeur forte et vireuse. Suivant Coxe , on l’emploie , aux États-Unis , dans les rhumatismes chroniques.

Pallas a décrit et figuré dans la Flore de Russie quelques autres espèces non moins remarquables , entre autres : le rhododendron de Daourie ( rhododendron Dauricum ), arbrisseau à fleurs terminales, grandes , violettes ou d’un rose pourpré -, le rhododendron du Kamtscliatka (rhododendron Camtschaticum), à fleurs campanulées, presque en roue, d’une belle couleur de rose. Le rhododendron du Caucase (; rhododendron Caucasicuin), à feuilles tomenteuses en dessous, à corolles blanches ou rougeâtres.

Ces arbrisseaux , introduits maintenant dans les jardins des curieux, jouissent de propriétés très-énergiques.

KALMIA. KALMIA.

Calice à cinq divisions. Corolle en soucoupe , creusée intérieurement de dix fossettes. Dix étamines insérées à la base de la corolle. Un style. Capsule polysperme à cinq valves, à cinq loges.

KALMIA A LARGES FEUILLES. KALMIA LATI FOLIA.

Knlmia latifolia. Linn. Spec. 560. Tkew. Plant. Sel. t. 38. f. 1.

C’est un charmant arbrisseau de cinq à sept pieds , formant un buisson très-rameux et toujours vert. Ses feuilles sont nombreuses, coriaces, ovales, elliptiques, d’un vert foncé. Ses fleurs , d’un rouge brillant , sont disposées en manière de corymbe au sommet des rameaux. Elles s’épanouissent en juin et pendant une grande partie de l’été.

Cette espèce , qu’on cultive en pleine terre dans notre climat , nous vient de l’Amérique septentrionale. Ses feuilles sont vénéneuses, surtout pour les animaux domestiques , les chevaux , les bœufs, les moutons, etc. On a cependant remarqué que les cerfs s’en nourrissaient.

Le Kalmia à feuilles étroites {kalmia angustijolia) a des feuilles petites , ternées ; des fleurs d’un rouge vif, disposées en corymbe axillaire. Il est également vénéneux.

Toutes les espèces appartenant au genre Rhododendron et au genre Kalmia, ont des propriétés délétères; il est d’autant plus essentiel de les signaler, qu’elles

sont admises dans nos jardins comme plantes d’ornement. Elles causent la céphalalgie, l’ivresse, le délire, des vertiges, desvomissemens,dessuperpurgations, etc. La matière médicale s’est déjà enrichie de quelques espèces -, mais , en attendant qu’un plus grand nombre de faits nous ait éclairés sur leur action thérapeutique , il convient de les essayer avec prudence. Les accidens qu’ils font naître réclament les mêmes moyens que les poisons narcotiques âcres ; savoir , les vomitifs , employés dans les premiers momens , ensuite les boissons mucilagineuses et sédatives.

LÉDUM. LEDUM.

Calice très-petit, à cinq dents. Corolle divisée jusqu’à la base en cinq pétales. Cinq à dix étamines , insérées à la base du calice. Capsule surmontée du style, à cinq loges , à cinq valves , s’ou vrant de bas en haut. Cinq placenta filiformes adhérant au sommet de l’axe central , et penchés chacun dans une loge.

LÉDUM DES MARAIS. LEDUM PALUSTRE.

Ledum palustre. Linn. Spec. 561. DC. Fl. Fr. 2795. Fl.

Dan. t. 1031.

Sa tige , peu élevée , se divise en rameaux flexibles , velus , d’une couleur roussûtre. Ses feuilles sont alternes , persistantes , presque sessiles , étroites , lancéolées , roulées sur leurs bords, vertes à leur face supérieure , chargées en dessous de poils entrelacés , de couleur de rouille. Les fleurs sont pédonculées , d’un blanc pur , disposées en ombelles sessiles. Ce petit arbrisseau croît dans les lieux ombragés et marécageux

de l’Europe septentrionale ; il est quelquefois désigné

sous le nom de romarin sauvage.

Le lédum des marais , dans sa pleine floraison , répand au loin une odeur forte, pénétrante ; lorsqu’on la respire pendant quelque temps , la tête devient pesante, vertigineuse. Ses feuilles sont amères, un peu nauséabondes et narcotiques ; elles fournissent un extrait aqueux, d’abord douceâtre, ensuite amer, styptique; un extrait résineux d’une grande amertume, et une huile empyreumatique d’une odeur extrêmement fétide. Prises à haute dose, ces feuilles peuvent susciter des phénomènes graves, des vertiges, des tremblemens, une violente céphalalgie. Dans quelques parties du Nord, on les fait entrer dans la fabrication de la bière ; mais alors cette boisson acquiert une qualité malfaisante. On frotte aussi les troupeaux avec une forte décoction des mêmes feuilles pour faire périr la vermine .

Cet arbuste , admis dans la pharmacopée de Russie et dans celle de Suède , n’est point usité en France ; il est pourtant doué de propriétés actives, et s’il fallait s’en rapporter aux éloges qu’il a reçus dans une thèse soutenue parWestring, sous la présidence de Linné, il nous offrirait un remède spécifique contre la toux convulsive et les maladies cutanées les plus réfractaires. Hartman et Wahlin , après l’emploi d’un vomitif, prescrivent l’infusion des feuilles , coupée avec du lait, contre la coqueluche. Odhélius a aussi publié , dans les mémoires de l’académie de Stockholm, plusieurs observations qui constatent les succès de ce remède dans plusieurs cas de lèpre. D’autres médecins ont eu à s’en louer dans le traitement des dartres , des affections sy-

philitiques rebelles au mercure , des rhumatismes invétérés.

Infusion de romarin sauvage ou lédum des marais. Prenez , feuilles et sommités des jeunes rameaux, demi-once ; eau bouillante , une livre : laissez infuser pendant une heure dans un vase clos. La dose, poulies adultes , est d’une à trois onces , qu’on répète deux ou trois fois dans le jour. On en donne une cuillerée à bouche aux enfans affectés de toux convulsive. D’après Berger, ce remède , continué pendant quelque temps , a produit des effets salutaires dans la lèpre. On emploie aussi extérieurement la décoction aqueuse, avec laquelle on fait des lotions sur les parties malades.

La famille des bruyères, confondue par quelques botanistes avec celle des rhodoracées , renferme aussi quelques plantes âcres et narcotiques.

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