VIORNE LAURIER-TIN. FIBURNUM TIN US
Fiburnum Tinus. Linn. Spec. 383. DC. Fl. Fr. 3401.
Curt. Magaz. t. 38.
Originaire des provinces méridionales , ce joli arbuste se distingue par sa verdure touffue et permanente, par ses rameaux opposés , tétragones , par ses feuilles nombreuses , ovales, aiguës, fermes comme celles du laurier , d’un vert luisant en dessus , garnies en dessous de nervures pubescentes. Les fleurs sont blanches ou un peu rougeâtres , surtout avant leur entier épanouissement , et disposées en corymbes terminaux : il leur succède des fruits globuleux , bleuâtres , couronnés par les dents du calice.
Le laurier-tin prospère dans nos bosquets , pourvu qu’on lui donne un abri contre les vents du nord : il aime les terres légères , fraîches et un peu ombragées. D’une taille médiocre dans les climats froids, il acquiert, dans son pays natal, jusqu’à douze pieds d’élévation. Ses baies sont âcres et délétères ; elles enflamment la bouche, et purgent avec violence. On cultive plusieurs variétés dont les feuilles sont hispides en dessous, sur les bords ou sur les nervures postérieures.
Nous devons mentionner ici deux autres espèces de
viorne. L’une porte le nom de viorne inancienne ( viburnum lantana, Lu™.), a des fleurs blanches, des feuilles ovales , dentées, cotonneuses en dessous : on la trouve dans les haies et dans les buissons ; l’écorce moyenne de ses rameaux est irritante et épispastique. L’autre se fait remarquer par ses feuilles lobées , par ses fleurs rayonnantes, et par ses baies qui se colorent d’un rouge vif à l’époque de la maturité. Celle-ci habite les bois , les lieux montueux et humides : on la connaît sous les noms d 'obier, de rose de Gueldre , de boule de neige; c’est le viburnum opulus de Linné. Le docteur Ozerets Koosky a recommandé, dans les Actes de l’Académie des Sciences de Saint Pétersbourg , les baies et les fleurs comme un remède efficace contre les maladies de la peau. D’après Willemet , les baies récentes sont émétiques.
Le genre qui a donné son nom à cette famille nous offre une espèce dont les baies sont vénéneuses : c’est le chèvrefeuille velu ( lonicera xylosteon). Cet arbrisseau a la forme d’un buisson très-rameux et touffu. Ses feuilles sont opposées, pétiolées, ovales, pointues, molles , d’un vert blanchâtre , pubescentes et presque cotonneuses en dessous. Les fleurs sont petites, blanches ou d’un blanc lavé de jaune, disposées deux â deux sur le même pédoncule ; elles produisent des baies rouges, remplies d’un suc amer et fétide. Ces baies ont une action drastique, excitent de violens vomissemens.
Celte espèce de chèvrefeuille abonde dans les Pyrénées et dans les Alpes , au milieu des buissons et des haies : on la cultive dans les jardins où elle se montre
sous plusieurs variétés dont les fruits sont blancs , jaunes, bleus ou rouges. Voyez pour la culture de tous ces jolis arbustes l’Horticulteur français, publié par notre ami , M. Pirolle.