‹ Phytographie médicale (volume 3)Chapitre 40 sur 75 · OMBELLIFÈRES · texte numérisé non relu

OMBELLIFÈRES

Umbelliferœ. Juss. — Umbellatœ. Linn.

ÉTHUSE. ÆTHUSA.

Calice entier. Pétales courbés en cœur, inégaux. Fruit ovoïde strié ou sillonné; semences planes d’un côté, convexes de l’autre . Collerette générale nulle; collerette partielle unilatérale, réfléchie, composée de trois à cinq folioles .

ÉTHUSE FÉTIDE. ÆTHUSA CYNAPIVM.

AEthusa cynapium. Linn. Spec. 367. DC. Fl. Fr. 3436.

(Planche 77.)

Cette plante délétère porte aussi le nom de petite ciguë. Elle a une racine menue , pivotante , blanchâtre ; une tige rameuse , glabre , cannelée , violacée à la base , haute d’environ deux pieds. Les feuilles ressemblent en quelque sorte à celles du persil : elles sont deux ou trois fois ailées, composées de folioles pointues, pinnatifides , ou profondément découpées , d’un vert sombre et luisant. Les fleurs, de couleur blanche, forment des ombelles planes , très-garnies , et dépourvues de collerette générale. Les fruits sont ovoïdes , arrondis, sillonnés.

La petite ciguë est commune dans les lieux cultivés 5

on la trouve assez souvent à côté des plantes potagères , et on l’a quelquefois confondue avec le persil , ce qui a donné lieu aux plus graves accidens. Mais avec un peu d’attention on évitera une semblable erreur. Ces végétaux diffèrent non-seulement parla fructification , mais encore par l’odeur qui leur est propre. Celle du persil est aromatique , agréable ; tandis que la petite ciguë, quand on la froisse entre les doigts, exhale une odeur fétide et nauséeuse; son feuillage est d’ailleurs d’un vert plus foncé. Sa racine périt tous les ans en automne ; celle du persil est vivace et plus forte.

PROPRIÉTÉS DÉLÉTÈRES

Toute la plante a une saveur âcre, alliacée, nauséeuse ; son étymologie annonce sa qualité caustique. Prise intérieurement , elle déploie sur l’homme une action vénéneuse très-intense , malgré l’opinion contraire de quelques auteurs , qui prétendent qu’on l’a beaucoup exagérée. Il paraît néanmoins que les bestiaux la mangent sans inconvénient.

Le professeur Brugmans a éprouvé sur lui-même la racine de cette plante. Quelques grains pris le matin ont donné lieu aux symptômes suivans : violens maux de tête , soif, nausées sans vomissemens , douleur pongitive à l’épigastre ; bientôt après tranchées avec flatulence , disposition au sommeil -, enfin un état de malaise pendant toute la journée. Le sommeil a été agité pendant les premières heures de la nuit ; le lendemain , ce médecin s’est levé bien portant. ( Dissertaüo phjsico-botanica de plantis inutilibus et venenatis.

Le docteur Tournon m’écrivait, le 29 octobre 1811,

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