‹ Phytographie médicale (volume 3)Chapitre 43 sur 75 · ANGÉLIQUE ARCHANGÉLIQUE. ANGEL/CA ARCHANGELICA · texte numérisé non relu

ANGÉLIQUE ARCHANGÉLIQUE. ANGEL/CA ARCHANGELICA

Angelica archangelica. Lin.n. Spec. 3G0. 1)C. Fl. Fr. 3457.

(Planche 84.)

Cette plante, dont le nom un peu fastueux annonce les qualités bienfaisantes, est généralement cultivée dans les jardins, où elle s’élève à la hauteur de trois ou quatre pieds. Sa racine est volumineuse, charnue, brune en dehors , blanche intérieurement. Sa tige est épaisse , fistuleuse , rameuse , un peu rougeâtre , garnie de feuilles très-amples, deux fois ailées, h folioles ovales , lancéolées , dentées et quelquefois lobées. Les fleurs sont d’une teinte verdâtre , disposées en ombelles épaisses et terminales. Les fruits sont cannelés et bordés d’une aile membraneuse. L’angélique est ori-

ginaire des Alpes européennes; elle croît dans les montagnes du midi de la France , en Italie , en Allemagne, etc.

Toutes ses parties, et principalement les racines, sont imprégnées d’huile essentielle et d’une gommerésine très-aromatique, un peu musquée. L’odeur en est pénétrante , la saveur chaude , légèrement amère. Ce précieux végétal , qui pourrait remplacer avec avantage plusieurs substances stimulantes qui nous viennent des pays étrangers, est rarement employé en France; il est depuis long-temps relégué dans l’officine du confiseur. La racine et les semences ont des propriétés médicales très-énergiques ; on peut les prescrire dans toutes les affections qui réclament l’usage des aromates et des excitans, dans les dyspepsies, les flatulences, l’aménorrhée, la chlorose, etc. L’angélique est surtout un excellent remède pour les goutteux faibles, d’un âge avancé , et qui digèrent péniblement. Tissot la conseille dans les affections nerveuses où la lenteur du pouls , et en général celle des fonctions, se joint à la faiblesse de la fibre. Mais cet habile praticien observe qu’il ne faut point abuser des toniques ; que , lorsqu’ils ne soulagent point, il faut changer de méthode, et ne point s’obstiner à suivre un traitement dont l’abandon est quelquefois le seul moyen de guérir le malade.

On administre utilement l’angélique mêlée avec la gentiane , ou avec quelque autre substance amère , à la suite des fièvres muqueuses et gastriques, pour dissiper la faiblesse des organes digestifs, assurer la convalescence, et prévenir les rechutes. C’est une heureuse

pratique à laquelle il ne faut point renoncer, malgré les menaces des théoriciens modernes. Les esprits mal affermis dans leurs principes peuvent se rassurer en lisant les observations de Sydenham , de Boerhaave , de Van Swiéten , de Tissot , de Stoll , etc.

Nous ne répéterons point ici ce que nous avons dit ailleurs relativement à l’usage de la serpentaire de Virginie , de la valériane, etc. , dans le traitement des fièvres de mauvais caractère, des maladies putrides et ataxiques, du typhus. La racine d’angélique partage les propriétés de ces remèdes exçitans; elle convient dans les mêmes circonstances, et son emploi réclame les mêmes précautions. Avant d’y avoir recours , on explorera attentivement l’état des viscères , et il faudra s’en abstenir, s’il existe des signes d’irritation ou de phlogose.

On emploie les racines et les semences d’angélique en infusion aqueuse , ou bien on les fait digérer dans du vin, dansdel’alcohol. Quelquefois on ajoute à ces compositions médicinales des exçitans, des antispasmodiques, tels que la valériane , le camphre , l’éther sulfurique, l’opium, etc. Ces moyens énergiques, dont on a tant abusé dans les fièvres , dans le typhus, doivent être réservés pour la dernière période.

Infusion d’angélique composée. Prenez, racine d’angélique et de valériane , de chaque, trois gros. Faites infuser pendant une heure dans douze onces d’eau bouillante. Passez , et ajoutez à la colature , sirop d’écorce d’orange , une once. La dose est d’environ deux onces d’heure en heure dans les maladies asthéniques.

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