‹ Phytographie médicale (volume 3)Chapitre 44 sur 75 · ANGÉLIQUE SAUVAGE. ANGELICA SYLVESTRIS · texte numérisé non relu

ANGÉLIQUE SAUVAGE. ANGELICA SYLVESTRIS

Angehca sylvestris. Linn. Spec. 361. — Imperatoria sylvestris. DC. Fl. Fr. 3422.

Cette plante, d’une belle et vigoureuse végétation, s’élève à quatre ou cinq pieds sur une tige épaisse, lisse, cylindrique, rameuse, couverte d’une poussière glauque. Ses feuilles sont deux fois ailées, à folioles ovales, lancéolées, dentées en scie ; leur pétiole forme à sa base une gaine large et ventrue. Les ombelles sont grandes, hémisphériques, composées d’ombellules de fleurs nombreuses , blanches , ou d’une couleur rosée.

On l’appelle angélique des prés. Elle est très-commune et fleurit, en juillet et août, dans les lieux humides , au bord des bois , des prairies et des ruisseaux. Sa racine estépaisse , blanchâtre , d’une saveur amère , aromatique , un peu âcre ; elle contient de la gomme , de la résine et un peu d’huile essentielle. Moins agréable, moins aromatique que l’espèce précédente , cette plante possède néanmoins des propriétés toniques qui ne sont pas à dédaigner. On peut l’employer en infusion aqueuse ou vineuse pour exciter l’appareil gastrique et faciliter la digestion. Ses graines sont âcres et stimulantes comme celles de la plupart des ombellifères. L’impératoire ( imperatoria ostruthium ) jouit des mêmes vertus.

L’angélique pourprée ( angelica atro-purpurea ) estimprégnée d’un suc délétère très-énergique. D’après Puinb , c’est un poison indomptable. Cette plante croît dans l’Amérique septentrionale , particulièrement au Canada; on la cultive au Jardin du Roi.

PHYTOGRAPH1E

THAPS1E. THAPSIA.

Calice entier. Pétales lancéolés, courbés à leur sommet. Fruit oblong, comprimé, écbancré aux deux extrémités, muni sur ses côtés de deux ailes membraneuses.

THAPS1E VELUE. THAPSIA V1LLOSA.

Thapsia villosa. Linn. Spec. 375. DC. Fl. Fr. 3527.

Lapeyr. Hist. Plant. Pyr. 1. 163. Lam. Illustr. t. 206.

Cette plante a une racine épaisse , un peu noueuse , d’un blanc jaunâtre, d’où s’élève une tige presque simple, haute de deux à trois pieds, cylindrique, striée, glabre , chargée d’une poussière glauque. Les feuilles sont amples, pétiolées, velues, d’un vert foncé en dessus, blanchâtres en dessous, deux fois ailées, à folioles dentées, pinnatifidès et cohérentes à leur base. Les fleurs sont jaunes, disposées en ombelles lâches, fort amples , composées d’une vingtaine de rayons.

On la trouve dans les lieux stériles , ombragés et montueux des provinces méridionales. Elle croît aussi surles côtes d’Afrique, où le professeur Desfontaines et M. Poiret l’ont observée.

La racine est imprégnée d’un suc laiteux , amer, nauséeux, très-âcre. Lorsqu’elle est fraîche, elle purge avec une extrême violence. On l’a quelquefois employée extérieurement pour guérir les dartres ; mais ce topique est dangereux, il enflamme et corrode la peau.

THAPSIE TURBITH. THAPSIA GARGANICA.

Thapsia garganica. Linx. Mant. 57. Poib. Yoyag. Bakb. 2. 138. Desf. Fl. Allant. 2. 262. Godan. Illustr. 18. t. 10.

Sa racine est épaisse , allongée , grisâtre , remplie d’un suc laiteux, très-caustique. Sa tige est forte, droite, légèrement striée, fistuleuse, haute d’un pied et plus ; elle se divise en rameaux lâches , étalés , garnis de feuilles péliolées , deux ou trois fois ailées , glabres , à folioles lancéolées , aiguës, d’un vert luisant en dessus, plus pâles, nerveuses et ridées en dessous-, les pétioles s’élargissent à leur base en une gaine ample et membraneuse. Les fleurs , d’un jaune pâle , forment plusieurs ombelles composées de huit à douze rayons.

Cette belle espèce, cultivée au Jardin du Roi , croît également en Afrique On l’appelle vulgairement turbith des anciens, turbith de montagne , turbith bâtard , faux turbith. On lui a donné le nom de turbith parce que ses racines ont quelque ressemblance avec celles du tuibith , espèce de liseron 5 mais elles sontplus âcres , plus énergiques.

La thapsie fétide (thapsia fœtida) , la thapsie de la Pouille ( thapsia asclepium ) partagent les propriétés actives des espèces congénères. La première espèce paraît être la thapsia des anciens ; elle porte des feuilles presque semblables à celles de la carotte ; on la trouve en Espagne et en Italie. Sa racine contient un suc fétide , très-âcre, qui enflamme les entrailles. La seconde espèce croît dans la Pouille et en Orient. Toutes ces plantes sont vénéneuses , corrosives.

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