‹ Phytographie médicale (volume 3)Chapitre 62 sur 75 · DAUPHIN. DELPHINIUM · texte numérisé non relu

DAUPHIN. DELPHINIUM

Calice à cinq ou six divisions colorées; la supérieure prolongée en eperon à sa base. Pétales au nombre de deux à quatre , dont un ou deux se terminent également en éperon. Une à trois capsules oblongues, renfermant plusieurs semences anguleuses.

dauphin staphisaigre. delphinium

STAPHISAGRÎA.

Delphinium stnphisagria. Lin». Spec. 750. DC. Fl. Fr. 4678.

(Planche 102.)

Sa tige est droite , cylindrique, peu rameuse , plus ou moins velue , haute d’un à deux pieds. Ses feuilles sont grandes , pétiolées , vertes , souvent tachées de brun , profondément découpées en cinq ou sept lobes divergens , lancéolés , pointus , entiers ou quelquefois bifurqués. Les fleurs , d’un bleu pâle ou pourpre , disposées en grappe au sommet de la tige et des rameaux , offrent une corolle à quatre pétales irréguliers. Cette plante croît dans nos départemens méridionaux; on la trouve parmi les décombres , dans les lieux un peu couverts. Les capsules contiennent des semences triangulaires , ridées , d’une couleur brunâtre , d’une saveur amère et très-âcre.

Ces graines sont vénéneuses. Quinze ou vingt grains excitent le vomissement on purgent avec violence ; une plus forte dose peut causer l’inflammation du canal alimentaire , et la mort. Ainsi que la cévadille , leur application sur des parties ulcérées a produit des

PHYTOGRAPIIIE

accidens fâcheux. L’activité délétère des semences de staphisaigre réside spécialement dans un principe alcalin désigné sous le nom de delphine par MM. Lassaigne et Feneulle. Cette substance est blanche , âcre, extrêmement amère , peu soluble dans l’eau , très-soluble dans l’alcohol et l’éther.

ACONIT. JCONITUM.

Calice à cinq folioles colorées; la supérieure concave, en forme de casque. Pétales nombreux , très-petits , en forme d’écailles ; les deux supérieurs ( nectaires, Lun*. ) allongés, cachés sous le casque , munis d’un long onglet , coudés à l’extrémité , ayant le limbe réfléchi, e.n forme de lèvre, et l’extrémité épaisse, obtuse, en forme de crosse. Trois à cinq capsules oblongues , droites , pointues.

ACONIT NAPEL. ACONITUM NAPELLUS.

Aconitum napellus. Linn. Spec. 751. DC. Fl. Fr. 4682.

Lape™. Hist. Plant. Pyr. 1. 305. Chev. Fl. Par. 3. 926.

Jacq. Fl. Austr. t. 381.

(Planche io3.)

De sa racine noirâtre, tubéreuse , allongée en forme de navet , s’élève une tige cylindrique, droite , simple , haute d’environ deux pieds, terminée par un long épi de fleurs solitaires sur leur pédoncule et d’un bleu violet. Les feuilles sont pétiolées, palmées, tnultifides, à découpures linéaires , luisantes et d’un vert sombre en dessus. Le casque des fleurs est convexe; les deux pétales cachés sous le casque ont la sommité obtuse, ten-

dant très-légèrement à se rouler en dehors. Les fruits sont composés de trois capsules.

On trouve cette belle plante dans les pâturages , dans les lieux ombragés et humides des Vosges , des Alpes, des Pyrénées , etc. ; elle croît dans le cirque de Gavarnie. Ce poison sied bien à ces lieux austères et sauvages-, sa superbe attitude , son feuillage noirâtre, vernissé , d’une odeur virulente , le sombre azur de son casque , tout cela est en harmonie avec la nudité des rochers , avec la colère du torrent.

Les anciens donnaient le nom d’aconit aux poisons en général , comme on le voit dans plusieurs passages de Virgile , d’Ovide et de Juvénal.

« Quoi ! cet empoisonneur qui fil périr trois de ses oncles sera, dans sa litière, mollement assis sur le duvet , d’où le monstre laissera tomber sur moi ses regards méprisans ? »

Qui dédit ergo tribus patruis aconita, velialur Pensilibus plumis , alque illinc despuiel nos ?

analyse chimique.

M. Brandes a découvert dans le suc du napel un alcali végétal cristall isable , qu’il a nommé aconitine.

En 1882 , M. Geiger avait conclu de quelques expériences physiologiques que l’aconit renferme , outre le principe âcre et volatil , une substance narcotique toutà-fait différente ; il avait observé en effet que des feuilles d 'aconitum napellus dont la saveur n’était pas du tout âcre jouissaient d’une action narcotique énergique. Les recherches de M. Hisse sont venues à l’appui de

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