‹ Phytographie médicale (volume 3)Chapitre 71 sur 75 · PU Y T OG R A PII IE · texte numérisé non relu

PU Y T OG R A PII IE

sous la forme de lotions , des névralgies mammaires qui avaient résisté aux saignées locales et à la méthode antiphlogistique.

D’après les observations de Stoll , l’opium , donné à hautes doses, exerce une action spécifique contre l’affection du canal alimentaire connue sous le nom de colique de plomb. Un de ses malades , éprouvant un vomissement violent , en prit treize grains dans l’espace d’une seule nuit. Il avait soin d’en faire continuer l’usage pendant la convalescence , et d’en prescrire tous les jours six ou huit grains , divisés en plusieurs doses. Mais une remarque qui n’a point échappé à la sagacité de ce grand praticien , c’est que la colique saturnine peut se compliquer avec un état bilieux ou inflammatoire , d’après la nature de la constitution régnante. Dans le premier cas , il est nécessaire d’administrer les évacuans avant de recourir à l’opium ; dans le second , la saignée est indispensable : on la réitère, si l’inflammation l’exige, et on donne en même temps des boissons tièdes, émollientes. On passe ensuite aux préparations d’opium , lorsque la diathèse inflammatoire est réduite. Ce procédé clinique diffère beaucoup de celui qu’on emploie vulgairement à l’hôpital de la Charité. On sait que la colique de plomb est combattue dans cet établissement par les vomitifs, les évacuans , les tisanes de toute espèce, combinés avec l’opium; mais cette méthode porte évidemment le cachet d’une dégoûtante polypharmacie; et si elle est utile lorsque l’affection des intestins est compliquée d’un état bilieux , elle doit être meurtrière dans les cas d’inflammation viscérale , et lorsque 1 irritation nerveuse est portée au plus haut

degré. Stoll a vu des malheureux se rouler dans leur lit par l’excès de la douleur. Qui voudrait alors prescrire les drastiques les plus violons ? Lorsque les évacuans sont indiqués, nous avons dans le tartre émétique et dans l’huile de ricin deux médicamens d’une activité convenable.

Le docteur Sainte-Marie emploie avec un heureux succès l’huile de ricin , à la dose de deux ou trois onces, tous les matins; il donne ensuite le soir un à trois grains d’extrait gommeux d’opium. A l’aide de cette méthode, remarquable par sa simplicité , il est parvenu à dissiper en vingt jours, et quelquefois beaucoup plus tôt, ces affreuses coliques. Le professeur Fodéré ( Traité de médecine Légale) observe avec raison qu’il faut distinguer dans cette espèce d’empoisonnement le temps du paroxysme pour placer alors les huileux , les émoiliens, combinés avec le laudanum. Hors du paroxysme, on administre l’huile de ricin ou tout autre évacuant assez actif pour débarrasser le conduit alimentaire. Toutefois , on réussit rarementsi l’on ne réunit l’opium aux purgatifs.

Depuis que Sydenham a constaté les bons effets de l’opium dans le traitement de la dysenterie, on a vu des médecins prescrire cette substance dans toutes les périodes de la maladie , sans distinguer son caractère , ses causes, ses complications. Lorsque la fluxion établie sur les intestins est encore sous l’influence nerveuse , on peut sans contredit la combattre par l’opium, les boissons délayantes et diaphoniques. Cette méthode, qui a pour but d’apaiser l’irritation intestinale et de rappeler les mouvemens vers la périphérie du corps,

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