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fois par jour, ot le mieux fit des progrès tellement rapides , que, quinze jours après, la malade était parfaitement guérie.
Le même médecin rapporte l’histoire d’une dame affectée de névralgie maxillaire rémittente, qui avait résisté aux saignées locales et générales , aux topiques de toute espèce , aux antispasmodiques, à lajusquiame , à la laitue vireuse, à la valériane, au sulfate de quinine, etc., et qui céda à l’application extérieure de l’acétate de morphine. On l’employa d’abord à la dose d’un quart de grain, puis à celle d’un tiers de grain, et les accidens se dissipèrent promptement.
Le docteur Bonnet a guéri par le même moyen une demoiselle de vingt-cinq ans, atteinte depuis environ huit mois d’une névralgie faciale se reproduisant à des intervalles variables avec des souffrances inouïes. Une compresse de plusieurs doubles , de la forme et de la grandeur d’une pièce de dix sous , fut trempée dans de l’am moni aque caustique , et appliquée su r 1 a tem pe douloureuse. Au bout de trois minutes on put enlever l’épiderme. Alors on saupoudra la plaie avec un demi-grain d’acétate de morphine en poudre, et en moins de cinq minutes, la douleur ayant disparu complètement, la malade passa d’un état de désespoir à une satisfaction inexprimable.
On a également dompté , par l’acétate de morphine employé à l’extérieur, des névralgies sciatiques et lombaires ; mais on a remarqué que lorsque le tube digestif était surexcité, lorsqu’il y avait gastro-entérite, ce médicament , bien qu’il ne fût appliqué que sur la peau , augmentait l’irritation des membranes digestives.
Ah reste, les jeunes praticiens ne doivent pas oublier que l'acétate et le sulfate de morphine sont des poisons très-actifs ; qu il faut les manier avec prudence , et surtout ne les administrer, même à l'extérieur, qued’après des indications bien précises, d’autant mieux que l’habitude n’en affaiblit pas beaucoup l’énergie. Nous observerons aussi qu’il est peu probable que ces médicamens puissent remplacer, dans toutes les circonstances, les autres préparations opiacées.
M. Barbier, d’Amiens , a soumis la codéine à des essais cliniques qui l’ont convaincu de l’effet vraiment sédatif de ce nouveau principe de l’opium. Une femme tourmentée depuis environ deux mois d’anxiétés épigastriques , de douleurs gastro-spinales , arriva à l’Hôtel-Dieu d’Amiens dans un état d’accablement , avec plaintes , soupirs, pouls petit , irrégulier, vomissemens. La codéine la soulagea instantanément et rétablit sa santé en trois jours. Ce médecin a comparé les effets de la codéine et de la morphine employées intérieurement; voici les résultats qu’il a obtenus.
La codéine, administrée de cette manière , produit des sensations agréables ; elle fait habituellement naître une douce chaleur qui se répand dans l’épigastre , dans la poitrine, dans l’abdomen, et amène le sommeil après avoir calmé les malades. Ce sommeil a un caractère qui lui est propre , et qui diffère beaucoup de celui que provoquent la morphine et ses sels. Réveillés au milieu de leur sommeil, les malades qui ont pris la codéine ont l’encéphale parfaitement libre; ils sont gais , causeurs ; leur figure est ouverte et rosée. Au. contraire, les personnes qui sont sous l’influence de la
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morphine oui la lête lourde, les paupières pesantes, une certaine pâleur. Elles se plaignent d Engourdissement , de vertiges , d’accablement.
• Outre la morphine et la codéine , l’opium offre dans sa composition beaucoup d’autres principes qui doivent nécessairement modifier ses propriétés générales; et, quelque précieuses que soient les nouvelles découvertes de la chimie, il ne faut pas trop se hâter d’abandonner des remèdes dont l’expérience atteste encore chaque jour les nombreux avantages ^i).
Dans les prescriptions magistrales, on combine l'opium avec une foule de corps médicamenteux , suivant les indications thérapeutiques qu’on se propose de remplir. Ainsi on l’associe aux substances gommeuses et adoucissantes , aux évacuans , aux astringens , aux
(1) Depuis peu, l’acétate de morphine a causé un si grand effroi dans le monde , qu’on s’est empressé de multiplier les expériences sur divers animaux , dans le but de découvrir les traces de ce poison végétal, soit dans les voies alimentaires avant son absorption , soit dans le sang après qu’il a été absorbé. D’après les recherches de MM. Dupuy, professeur à l’École vétérinaire d’Alfort, Déguise fils etLeuret, l’acétate de morphine ne détermine aucune altération visible dans les tuniques digestives des chiens et des chats. On a retrouvé plusieurs fois le poison dans l’estomac , mais pas encore dans les intestins. Les expériences chimiques qu’on a faites sur le sang ont été infructueuses ; on n’a pu retrouver dans ce liquide la moindre trace du poison absorbé. Le professeur Barthélemy a injecté dans la veine jugulaire d’un cheval une solution de trente grains d’acétate de morphine. Cinq quarts d’heure après cette opération , et lorsque l’animal était sous l’influence du poison , il a tiré de la jugulaire opposée environ un litre de sang. Ce fluide, analysé par M. Lassaigne, préparateur du cours de chimie à l’École vétérinaire , n’a offert aucune trace d’acétate de morphine.