PROMENADE DANS LES BOIS DE TAVERNY
Qui ne connaît la vallée de Montmorency, et ses riantes campagnes , et les coteaux boisés qui la couronnent? Qui n’a parcouru par un beau jour d’été les frais bocages deTaverny ? Qui ne s’est reposé à l’ombre de ses beaux châtaigniers ou de ses hêtres touffus? Me voici presque au sommet du coteau qui s’élève derrière l’église, et domine la vallée parsemée de charmans villages.
Le soleil se montre à l’horizon dans toute sa splendeur ; deux châtaigniers abaissent leur feuillage et forment au-dessus de ma tête une voûte verdoyante pour me garantir de ses rayons. O le doux abri quand on est accablé de chaleur et de fatigue! Mais quel admirable rapport règne entre tous les êtres dans la nature! quelle mystérieuse sympathie leur fait éprouver les mêmes plaisirs , les mêmes peines ! je vois à mes pieds des plantes qui se reposent mollement sur la mousse , heureuses de vivre dans cette enceinte , et de sentir comme moi la fraîcheur des ombrages, tandis que leurs sœurs penchent tristement leurs tiges dans la plaine. Tombez du ciel , douces ondées, venez ranimer ces pauvres fleurs qui languissent sous une atmosphère embrasée. Ah ! que la pitié, que la bienfaisance viennent aussi consoler Ja terre, et répandre leur rosée
toute divine dans le sein de la douleur et de l’infortune! Eh! qui n’a point souffert dans ces temps de discorde, d’injustice et de violence?
Mais revenons à nos plantes -, elles nous appellent ; nous voyons leurs petits rameaux trembler sur la pelouse. La première qui s’offre à nos regards , c’est l’impatiente balsamine penchant ses belles fleurs éperonnées et d’un jaune d’or-, on dirait à son maintien qu’il lui tarde de faire retentir ses capsules élastiques , et de lancer au loin ses semences. Je vois aussi le géranium de Robert : la nature, qui l’a fait tout velu , a découpé habilement son feuillage en petites palmes, et teint ses pétales d’un rose vif ; mais elle a oublié de lui donner un agréable parfum.
Plus loin se montre l’herbe du prince Teucer, la sauge des bois, avec sa tige svelte et pubescente, ses feuilles chagrinées , à dents de scie , et ses fleurs d’un jaune pâle, constamment rangées deux à deux sur le même côté de la tige. Mais j’aperçois une autre espèce de teucrium : c’est la germandrée rampant au pied d’un magnifique chêne dont elle a imité le feuillage, croyant cacher ainsi sa faiblesse. La vanité de l’homme aurait donc pénétré dans l’empire de Flore ! Notre petite plante étale au bout de ses rameaux de jolis verticilles qu’un pinceau délicat a nuancés de pourpre. Un charmant papillon voltige tout autour, s’éloigne, revient, se balance avec grâce , et se pose sur la plus longue tige , où il mêle l’or de ses ailes à la teinte purpurine des fleurs ; mélange délicieux !
MÉNISPERMÉES. MENISPERMEÆ.
Menispermeœ. Juss. DC.
MÉMSPERME MENISP ERMUM.
Fleurs dioïques. Calice à six folioles, muni extérieurement de deux bractées. Corolle formée de six ou huit pétales un peu épaissis au sommet, plus courts que les folioles du calice. Fleur mâle, seize étamines. Fleur femelle, huit étamines stériles. Deux à six ovaires. Fruits drupacés, comprimés, globuleux ou réniformes. Périsperme composé de deux lames charnues , et divisé en deux loges, dont chacune contient un cotylédon.