‹ Phytographie médicaleChapitre 28 sur 116 · PLATEAU DE BELLE-IMAGE. PRAIRIES DE GIF · texte numérisé non relu

PLATEAU DE BELLE-IMAGE. PRAIRIES DE GIF

Je viens de parcourir une plaine couverte de moissons. Je suis en face du village de Gif, sur un monticule qui domine la vallée d’Orsay , et qui a reçu le nom de Belle- J mage : on l’appelle ainsi sans doute à cause des sites charmans qui s’offrent à la vue. On fauche les belles prairies de Gif ; je les vois presque à regret tomber sous les mouvemens cadencés du faucheur. O le délicieux pays ! Là-bas des prairies d’une fraîcheur ravissante qu’arrose en serpentant la petite rivière d’Yvette-, à droite et à gauche une chaîne de coteaux couverts de bocages , et dont la pente insensible va se perdre dans la vallée 5 ici de petits sentiers sinueux, des gazons diaprés qui m’enchantent; là des broussailles épaisses d’une riante verdure; partout des hommes laborieux qui poursuivent gaîment leur tâche. Que d’heureux souvenirs réveillent ces travaux réglés , ces habitudes simples , ces mœurs pastorales ! Quel contraste avec le luxe , les vanités , les pompeux ennuis de la ville!

Ici je suis seul, mais heureux et libre. Les brises m’apportent la senteur des foins que les faneurs agi-?

tent , je l’aspire avec délice sous des pommiers dont les branches touffues forment un dôme de verdure. Que vois-je ! leurs rameaux sont couverts de fleurs, les unes ouvertes , les autres près d’éclore , fleurs tardives , nuancées de blanc et de rose par un admirable pinceau. Mais ces boutons qui s’entr’ ouvrent ! où sont les paroles , où est le pinceau pour rendre ces demi-teintes si fraîches , si vermeilles ? Qui pourrait peindre comme la nature ? Les petits oiseaux gazouillent dans le feuillage, chantent leurs plaisirs si vifs, si rapides; le ramier soupire au loin et regrette l’absence de sa compagne ; l’écho du vallon redit son amoureuse plainte qu’un cri monotone et sec vient interrompre : c’est le chant du coucou.

En suivant la vallée de Gif jusqu’à Orsay , c’est toujours la même fraîcheur : Hic gelidi fontes , hîcmollia prata. Partout vous rencontrez des prairies , des massifs de verdure, des fontaines qui épanchent une eau limpide , des buissons que l’églantier couronne de ses guirlandes. La rose des jardins est plus belle , plus vive, plus brillante, et, bien qu’elle ait un peu vieilli dans les vers , elle n’en est pas moins la reine des fleurs. Son nom seul réunit tout ce qu’il y a d’aimable, de tendre, de voluptueux; elle vit au sein du luxe; les plaisirs , les festins l’appellent ; elle charme la vue , elle réconforte les esprits, elle pénètre, agite, enivre les cœurs. La rose des buissons est plus modeste : c’est la fleur de l’homme des champs , du voyageur fatigué ; elle aime la solitude , les lieux agrestes, le murmure des eaux. Elle n’a rien demandé à l’art , elle est telle que la nature l’a faite; sa grâce est simple et naïve, son

teint est le premier sourire de la pudeur ; son parfum est fugitif et doux comme les rêves d’une paisible nuit. Plus tard, lorsque les vergers et les champs seront dépouillés, elle appellera tous les petits oiseaux : bienfaisante comme les cœurs généreux , elle les conviera au festin des buissons , leur offrira ses fruits brillans et sucrés , douce ambroisie que ces enfans de l’air viendront savourer aux premiers rayons du jour sans penser au lendemain.

CERISIER. CERASUS.

Calice campanulé, caduc, à cinq lobes. Corolle composée de cinq pétales. Yingt à trente étamines. Ovaire simple, libre, surmonté d’un style. Drupe charnu , arrondi , glabre , un peu sillonné d’un côté ; noyau lisse, arrondi, anguleux latéralement.

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