GENÊT A BALAIS. GENISTA S CO PARI A
Genista scoparia. DC. Fl. Fr. 3811. — Spartium scoparium.
Linn. Spec. 996. Fl. Dan. t. 316.
(Planche ia6.)
C’est un très-bel arbrisseau , lorsqu’au retour du printemps il est paré de fleurs. Haute de trois ou quatre pieds , sa tige se divise en rameaux très-nombreux , effilés, verdâtres, anguleux et très-flexibles. Les feuilles sont petites, alternes, légèrement velues ; les inférieures pétiolées et ternées ; les supérieures simples , ovales, lancéolées, et presque sessiles. Les fleurs sont grandes , pédonculées, d’un beau jaune, disposées presqu’en épi dans la partie supérieure des rameaux. Le fruit est une gousse oblongue , comprimée, velue en ses bords, noirâtre dans sa maturité , et renfermant huit à douze semences réniformes. On trouve ce genêt dans les bois , dans les lieux incultes et sablonneux.
Toutes les parties de cet arbrisseau sont douées d’une saveur âcre et amère , qu’elles doivent , suivant le professeur Vauquelin , à une résine verte. Les rameaux exhalent une odeur forte et nauséeuse 5 leur décoction purge assez vivement , et provoque la sécrétion des
urines. Les Heurs et les semences ont une propriété émétique.
Dans les campagnes , on emploie assez souvent le genêt contre l’anasarque. Cnllen , qu’on ne saurait accuser d’accueillir légèrement les remèdes populaires, a inscrit cet arbuste au nombre des plantes actives , d’après les bons effets qu’il lui a vu produire dans plusieurs hydropisies. Il fait bouillir une demi-once de sommités vertes dans une livre d’eau jusqu’à la réduction de moitié, et il donne toutes les heures deux cuillerées à bouche de cette décoction , qui agit en même temps par les selles et les urines. Il assure avoir guéri quelques hydropisies en réitérant ainsi ce remède tous les jours , ou de deux jours l’un.
Toutes les autres espèces de genêt , notamment le genêt purgatif ( Genista purgans ), le genêt d’Espagne ( Genista juncea ), et le genêt des teinturiers ( Genista t incio ri a), jouissent de la même énergie. Quant aux sels qu’on obtient par l’incinération de ces plantes , et dont on a vanté la vertu hydragogue , ils n’ont aucun avantage sur les autres alcalis.
Dans le Bas-Languedoc, on nourrit pendant l’hiver les moutons et les chèvres avec les jeunes rameaux du genêt d’Espagne ; mais Broussonnet observe que , lorsque ces animaux en mangent une trop grande quantité , ils sont quelquefois atteints d’inflammation dans les voies urinaires. On doit surtout éviter qu’ils en mangent les gousses , parce qu’elles sont malfaisantes.
PHOTOGRAPHIE
promenade dans les bois de verrières.
La nuit a été chaude et orageuse. Une douce pluie , tombée ce matin, a répandu dans l’air une humidité suave. Ce soir, tout brille de joie et de fraîcheur dans les bois. Un beau genêt, monté sur un mamelon de terre sablonneuse, s’offre à mes regards; tout fier de sa hauteur et de ses panaches d’or, il se plaît à défier une fougère placée au-dessous de lui, et qui étale majestueusement ses belles palmes d’émeraude.
Des chênes altiers et touffus , des bouleaux d’un aspect riant , des trembles qui murmurent , des noisetiers au doux feuillage, couvrent de leur ombre une foule de petites herbes dont les nuances variées se détachent au milieu de la mousse. C’est la mélisse sauvage , plante fraîche et colorée comme la fille du hameau ; un gentil polygala se dresse, voltige près d’elle, et voudrait la caresser de ses ailes de rose. J’admire sa taille fluette, sa légèreté , sa grâce. Ici , l’asclépias dompte-venin, à moitié caché dans les broussailles, montre sa tige prête à fleurir; là, je vois le sceau de Salomon agitant ses petits cylindres d’ivoire agréablement festonnés. Quel assemblage de merveilles végétales !
Je quitte les bois de Verrières : me voici dans le vallon de Bièvre, tout près d’une jolie fontaine. De son urne jaillit une eau fraîche et pure , qui serpente sur de verts cressons , sur des menthes éthérées. Une touffe de saules la protège contre les feux du soleil , et forme tout autour un berceau argenté qui se balance au souille du soir.
Quel 1 ieu charmant! Que n’êtes-vous ici, aimable
préfet du palais, digne disciple d’Horace (i)? Vite, qu’on nous apporte le meilleur vin de Falerne , et qu’il rafraîchisse dans cette claire fontaine.
Quis puer ociùs
Reslingutt ardentis falerni Pocuta prœtereunte lymplid.
Hor.