‹ Phytographie médicaleChapitre 38 sur 116 · PROMENADE DANS LES BOIS DE FLEURY · texte numérisé non relu

PROMENADE DANS LES BOIS DE FLEURY

Lorsque le temps est beau , et que mes loisirs me permettent de parcourir la campagne , un penchant irrésistible m’entraîne vers les bois de Fleury. Qu’il est frais , ce vallon ! qu’il est délicieux ! que de jolies fleurs naissent sous ses ombrages ! Un joli ruisseau coule à mes pieds , il a sa source vers le milieu de la colline. Je vois

PH YTO GRAPHIE

glisser ses flots argentins sur un tapis de verdure , j’écoute leur doux frémissement , mêlé au murmure de l’air, et je pénètre dans un petit sentier où le polygala agite ses petits étendards fraîchement colorés.

Ce sentier me conduit à une roche creusée en voûte. Des chênes , des châtaigniers touffus , entremêlent et confondent leurs tiges pour ombrager ce réduit sauvage. Une mousse soyeuse tapisse le pied du rocher; tout autour sont écloses mille fleurs nouvelles, qu’une brise venant de F est agite mollement. Un demi-jour s’insinue à travers le feuillage qui couvre ce mystérieux asile ; à peine si le soleil y peut faire pénétrer quelques faibles rayons. L’ombre , le silence , ce ruisseau si paisible , cet air si frais que je respire, ces plantes plus fraîches encore qui charment mes yeux , tout , dans ce lieu solitaire , dispose mon âme à la plus douce rêverie. Àh ! plus d’une fois , sans doute , le pauvre bûcheron est venu s’y reposer de ses fatigues , y chercher un abri contre Forage. Qui sait si les Jussieu , les Desfontaines, les Mirbel, ne se sont point assis sur la mousse touffue de cette grotte , pour y méditer sur les secrets de la vie qui anime le monde végétal ?

Grotte charmante, souffre que j’occupe un instant la place de ces illustres maîtres , que je ne peux suivre que de loin; inspire- moi , épure mon intelligence , et que sous ton abri je goûte cette douce paix qui repose F esprit , le ranime et le prépare à de nouveaux travaux !

TÉRÉBINTHACÉES.

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