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CARDAMINE DES PRÉS. CARD AMINE P RAT ENS 1S

Cardamine pratensis. Linn. Spec. 915. DC. Fl. Fr. 4198.

Fl. Dan. t. 1039.

Cette jolie plante , qu’on appelle aussi cresson élégant, cresson des prés , a une tige droite, grêle, haute d’environ un pied, ordinairement simple. Les feuilles inférieures sont ailées , à folioles arrondies , un peu anguleuses , légèrement velues 5 les feuilles supérieures ont presque toutes des folioles étroites, linéaires. Les fleurs sont grandes, d’un blanc nuancé de pourpre , disposées en un bouquet lâche et terminal. On la trouve au printemps dans les prairies un peu humides.

Les feuilles sont âcres , piquantes , comme celles du cresson ordinaire. D’après Baker, médecin de Londres, les fleurs sont douées d’une vertu antispasmodique. Une jeune personne , tourmentée par un asthme convulsif, fut d’abord soulagée, en prenant matin et soir

un scrupule de ces fleurs réduites en poudre , et ensuite tout-à-fait guérie, après avoir continué pendant quelque temps le même remède.

M. Baker ( Medical transactions , t. i, p. 442) a également guéri , dans l’espace d’un mois , deux enfans attaqués de la chorée ou danse de Saint-Guy. On avait employé inutilement les gommes fétides , les martiaux , les bains froids. Avec les mêmes fleurs , administrées matin et soir jusqu’à la dose d’une drachme et demie , il a dissipé ou soulagé des aecidens paralytiques, des mouvemens convulsifs des membres que le camphre, la valériane, le musc, avaient exaspérés. Malgré ces faits intéressans, cette plante est aujourd’hui complètement oubliée.

herborisation dans la vallée de chevreuse.

Il est quatre heures du matin. Le ciel est calme, mais vaporeux et sombre. Je quitte le parc de la Cour Roland et ses délicieux bocages-, je traverse la vallée de Jouy, et je gagne rapidement la côte qui mène à l’étang de Saclé. Au bord des champs, j’observe la lysimachie nummulaire, l’herbe aux écus; ses feuilles sont en effet arrondies et disposées régulièrement comme des pièces de monnaie que l’on aurait comptées. Ses fleurs s’évasent et forment une petite étoile d’or à cinq divisions , d’où s’élancent cinq étamines d’une nuance plus pâle. Plus loin, le caille-lait jaune épanche son parfum miellé au milieu des chardons \ c’est comme la consolation dans les peines. Ici le lamium blanc m’offre ses belles fleurs d’ivoire ; la fume-

PHYTOGR APHIE

terre, ses jolies grappes couleur de rose ; la linaire , ses mufles de safran.

Je laisse à gauche l’étang de Saclé avec ses joncs et ses roseaux , où les brises du matin murmurent si gracieusement, et en moins d’une heure me voilà dans le petit vallon de Villiers-le-Bâcle , lieu solitaire où l’on arrive par une pente raide et rocailleuse. Oh ! la charmante retraite ! Le bruit du monde n’est pas loin ; mais la paix est ici. Nulle part les prairies ne sont plus fraîches ; de nombreux ruisseaux les arrosent , les fécondent, leur donnent un aspect ravissant. Le long de ces ruisseaux, vous trouvez la valériane dioïque, élancée comme un nymphe de la mythologie, couronnée de fleurs d’un léger incarnat; plusieurs espèces de menthes d’une odeur vitale , des cardamines roses , le marrube vulgaire, tout revêtu de coton, sans grâce, sans agrément, mais renommé dans nos vieux livres pour ses grandes vertus.

Je parcours de petits sentiers bordés de buissons, où la ronce étale sa parure fraîche et sauvage ; je cueille, en passant, le scandix miroir de Vénus, jolie miniature exhalant une odeur légère de cerfeuil. Vous ne pourriez la voir sans admirer ses délicates ombelles , ses folioles du tissu le plus fin , que la nature a découpées avec une grâce inexprimable. Je gagne, en tournant à dtoite, la route de Chevreuse; et après avoir jeté un coup d’œil sur la vallée, je vais prendre un peu de repos au hameau de Courcelles. Là , je reçois le plus aimable accueil de M. Geyler, propriétaire d’une jolie habitation à l’entrée du hameau. On me sert de l’excellent moka tempéré par une crème presque aussi

onctueuse que celle des Alpes ou des Pyrénées, du beurre frais , avec une pyramide de tartines d’une couleur appétissante.

Ravitaillé par cette petite halte , je dirige mes pas vers Chevreuse, en traversant le riant village de Saint-Remy , et en côtoyant les belles prairies qu’arrose la petite rivière d’Yvette. Parmi les plantes qui ornent ses rives , se distingue la grande scrophulaire , avec sa tige haute , carrée , membraneuse, que termine une grappe de fleurs d’un pourpre noirâtre. J’observe à gauche, dans la vallée, une magnifique maison de plaisance, d’une construction moderne; à droite, toutâ-fait sur la hauteur , un vieux château bâti en briques , entouré de bois , et dans un site pittoresque. Au nord de la petite ville de Chevreuse sont les ruines d’un petit fort , où l’on voit encore deux tours assez bien conservées, avec des fossés profonds, tapissés d’orties, de ronces , de bryones grimpant sur de vieux sureaux. Du sommet de la colline , la vue se promène sur des paysages gracieux , sur des prairies entrecoupées d’arbres, d’habitations et de jardins parfaitement cultivés. Tout près de Chevreuse , la vallée s’évase et se bifurque pour faire place à un plateau boisé qui a quelque chose de sombre et d’imposant. Dans le lointain, à gauche , se dessine le beau parc de Dampierre.

De retour dans la vallée , j’explore les bords des champs et des prairies. L’yèble, au feuillage verdâtre et touffu, balance ses ombelles d’un blanc de lait , d’une odeur pénétrante ; le brillant coquelicot déploie sur sa tige grêle et flexible toute la richesse de ses pétales , dont la pourpre contraste avec la teinte brune des éta-

PH Y T OGRÀPHIE

mines. Ce pavot infeste les moissons 5 un vent de nordest m’apporte sa vapeur assoupissante. Il fait un temps d’automne , le vent redouble, il mugit dans la vallée, il agite violemment la cime des arbres , fait plier jusqu’à terre les seigles ondoyans ; j’entends le bruissement des épis à demi-murs qui s’entre-choquent ; une pluie fine , pénétrante , me fait chercher un abri sous le feuillage.

Enfin le soleil reparaît, mais pâle et voilé de temps en temps par des nuages qui courent avec une vitesse extrême. Une voix forte retentit non loin de moi dans les champs ; je regarde , et , sous un vêtement modeste , je vois un militaire dont le visage est noblement balafré. « Vous me paraissez fatigué? me dit-il; le temps menace encore : voudriez-vous vous reposer un moment chez moi? je demeure à deux pas. Vous avez servi, je pense, et vous étiez sans doute à la grande armée? — Je n’ai pas eu cet honneur-là : j’ai fait seu*r lement les premières campagnes d’Espagne. J’étais attaché au quartier-général de Bugommier, lorsqu’il battit les Espagnols et les chassa des hauteurs du Boulou, après avoir enlevé leurs fortes redoutes à la baïonnette. Et vous, monsieur? — Moi, j’ai fait les campagnes d’Italie et d’Allemagne sous Napoléon. — Vous savez apparemment, lui dis-je, qu’il fut l’élève de notre brave Dugommier? — Je le sais ; mais l’élève eut bientôt surpassé le maître. — Et plus tard , tous les hommes de guerre des temps modernes. — Dites , je vous prie , de tous les âges. — Mais Alexandre , Annibal, Scipion, César ! — Oh î il les eût complètement battus avec la grande armée ; et sans les glaces de la Russie et

les traîtres , il eut été le maître du monde. Quel homme que l'empereur ! Comme^nous le chérissions ! Comme i) nous aimait! Un père n’a jamais autant aimé ses enfans. Il fallait le voir après le combat : quels soins pour les blessés ! Aussi , presque mourans , ils criaient encore : Vive l’empereur ! Us se traînaient pour baiser le pan de son habit. Tout grandissait , tout était possible sous ses yeux. Un seul sentiment remplissait tous les coeurs une seule pensée dominait tous les esprits : c’était l’empereur, c’était la France. Oh! combien je l’ai regretté! je le pleure encore tous les jours. » A ces dernières paroles, les rides sinueuses de son visage se remplissaient de larmes , et je pleurais aussi en voyant la peine de cet homme sensible et bon.

Après quelques momens de silence , sa tête , tristement penchée , se relève 5 ses yeux sont encore tout brillans de larmes, mais son regard devient sombre , sa figure s’enflamme 5 son air, son geste, son accent, expriment le plus profond désespoir. « Oui , s’écrie-t-il, s’il n’eût pas été trahi par des lâches , par des ingrats , il régnerait encore sur la France. Nous serions le peuple le plus grand, le plus glorieux, le plus fort. Oui, nous serions heureux, libres, et nous n’aurions pas si souvent changé de maîtres. — Mon brave camarade , j’admire , je respecte des sentimensbien nobles sans doute , puisque vous les puisez dans un cœur reconnaissant et tout français $ mais permettez-moi de ne pas vous suivre dans vos opinions , que je ne saurais partager entièrement. Tenez, voyez-vous ce fagot d’herbes ? il y a là des plantes bienfaisantes mêlées avec des plantes vénéneuses $ les reconnaître, les distinguer, voilà mon

unique étude. Je laisse à nos hommes d’état la politique, qui a bien aussi ses poisons. Au reste , j’ai servi comme médecin militaire, et non comme soldat. » Mon compagnon des champs gardait le silence; son regard était plus calme , mais triste et abattu.

« Vous avez sans doute , lui dis-je, une retraite sufïisante ? — J’ai la solde de capitaine et la petite pension attachée au titre de chevalier de la Légion-d’Honneur. De graves blessures que j’ai reçues à Wagram me rendent presque impotent plusieurs mois de l’année. J’ai faitbeaucoup de remèdes ; je suis allé deux fois aux eaux de Bourbonne , mais j’ai toujours la cuisse droite faible , presque paralysée. Sans cette infirmité, je vivrais paisiblement ici ; car je préfère la campagne à la ville , où je craindrais de rencontrer quelqu’un de ces hommes à deux visages qui ont trahi et déshonoré le pays. Puisque vous êtes médecin et naturaliste, ne connaîtriezvous pas quelque remède, quelque plante qui pût me soulager? — Oui, sans doute. Voyez-vous ces herbes blanchâtres et cotonneuses dont l’odeur est si vive ? ce sont des menthes ; vous en trouverez aux bords de la rivière , et dans tous les lieux humides de ce vallon. Si vous en faites infuser une ou deux poignées dans du vin rouge et de l’eau-de-vie, vous aurez une liqueur fortifiante avec laquelle vous pourrez frictionner la partie malade. Des flanelles imbibées de cette même liqueur, et appliquées pendant la nuit, contribueront également à rétablir l’action musculaire. »

Cet excellent homme voulait me retenir jusqu’au lendemain ; il m’offrait avec une véritable effusion de cœur un lit et un repas frugal. Pressé de continuer

mes courses , je le quittai avec regret , mais plein d’admiration pour des sentimens si nobles, si purs, pour une fidélité si rare , caractère distinctif de cette vieille et brave armée , digne d’un meilleur sort , laquelle s’éteint peu à peu , mais dont la gloire ne saurait périr.

PHOTOGRAPHIE

GUTTIFÈRES.

Guttiferœ. Juss. Vent.

GARCINIE. GARCINIA.

Calice à quatre folioles. Corolle à quatre pétales. Douze à seize étamines. Baie sphérique, multiloculaire, polysperme, couronnée par le stigmate. Semences anguleuses , entourées d’une pulpe succulente.

GARCINIE GOMME-GUTTE. GARCINIA CAMBOGIA.

Garcinia Cambogia. Kern. Gen. Plant, v. 5. icon. — Cambogia gutta. Linn. Spec. 728.

(Planche 1 140

C’est un grand arbre qui croît dans les Indes orientales, et dont le tronc est recouvert d’une écorce trèsépaisse , noirâtre en dehors , de couleur rouge intérieurement. Ses feuilles sont opposées , pétiolées , ovales, pointues aux deux bouts, d’un vert-brun en dessus, d’un vert pâle en dessous, et traversées par une côte longitudinale. Les fleurs, d’une teinte rosée et quelquefois d’un rouge vif, viennent en petit nombre au sommet des branches j elles ont un calice de quatre folioles caduques, quatre pétales arrondis, con-

caves , onguiculés , et un ovaire supérieur à huit côtes , couronné par quatre stigmates persistans. Le fruit est une baie globuleuse , à peu près de la grosseur d’une orange , relevée de huit côtes saillantes , jaunâtre dans sa maturité , divisée intérieurement en huit loges membraneuses , dont chacune renferme une semence oblongue, convexe d’un côté , et d’une couleur brune.

Les racines, le tronc et les branches de cet arbre renferment un suc gommo-résineux qu’on obtient par incision , et qu’on désigne dans le commerce sous le nom de gomme-gutte. On retire un suc analogue du garcinia mo relia, du stalagmitis cambogioides , et de quelques autres guttifères. La gomme-gutte nous parvient en petites masses orbiculaires ou allongées , d’une couleur de safran ou d’un jaune rougeâtre ; elle est friable , inodore, d’une saveur un peu âcre, soluble en grande partie dans l’alcohol et les huiles volatiles, insoluble dans l’eau. Délayée dans ce liquide, elle forme une espèce d’émulsion jaunâtre. D’après M. Braconnot, cette substance est composée de vingt parties de gomme et de quatre-vingts parties de résine.

PROPRIÉTÉS DÉLÉTÈRES

La gomme-gutte excite avec une grande énergie tout le canal alimentaire. Administrée à fortes doses, elle peut produire la superpurgation, le choléra, l’inflammation de l’estomac et des intestins. Un médicastre fait prendre à une femme tourmentée par une constipation opiniâtre environ trente grains de gomme-gutte en deux ou trois doses. La malade éprouve bientôt après une chaleur vive dans les entrailles , des douleurs déchi-

rantes, de violens vomissemens, des sueurs froides, et une contraction spasmodique de tous les membres. Un demi-bain tiède et de grandes doses d’huile d’amandes douces dissipèrent les symptômes les plus graves; mais la convalescence fut pénible et très-longue.

Les accidens produits par la gomme-gutte exigent les méthodes curatives que nous avons plusieurs fois développées dans cet ouvrage en traitant des substances âcres et drastiques. Les boissons adoucissantes, la gomme adragant , la gomme arabique , dans une émulsion préparée avec les amandes douces , sont en général très-efficaces. Le professeur Baumes, dans son excellent Traité des convulsions chez les en fans , recommande particulièrement le lait pour affaiblir et détruire les effets trop actifs de la gomme-gutte. Lorsque l’irritation est violente , et qu’elle ne cède point à ces premiers moyens , il faut avoir recours aux saignées locales, aux bains tièdes, au sirop diacode, etc.

PROPRIÉTÉS MÉDICALES

Cette substance est le remède de prédilection des charlatans dans le traitement de l’hydropisie , et d’un grand nombre d’affections chroniques qui se jouent des méthodes ordinaires. L’impression forte que détermine la gomme-gutte sur les voies gastriques est bienr tôt suivie d’un ébranlement général qui devient quelquefois avantageux lorsque le njalade peut supporter cette espèce de crise-, mais jun médecin raisonnable pourrait-il tenter un moyen aussi violent dans les hydropisies où les forces sont épuisées ^ dans celles qui coexistent avec l’irritation des intestins , avec une phlegmasie

viscérale ? Sans doute quelques essais téméraires couronnés de succès ne sauraient le séduire -, car il n’ignore pas qu’il n’est point permis d’ètre aventureux lorsqu’il s’agit de la vie de ses semblables.

On a souvent employé la gomme-gutte pour expulser le ténia-, et c’est peut-être, de tous les drastiques vermifuges, celui qui produit les effets les plus prompts et les plus constans. Les remèdes deNouffer, d’Herrenschwand , de Clossius , etc. , en contiennent une assez grande quantité. Cette substance n’agit point seulement par sa qualité purgative-, elle a, suivant Bisset et Duncan, une action délétère contre le ténia. WerlhofTemploy ait jusqu’à la dose de vingt grains, qu’il répétait le jour suivant, et même le troisième jour, si les premières doses n’avaient pas entièrement expulsé le ver. A l’exemple de Nouffer, quelques praticiens prescrivent deux ou trois gros de racine de fougère mâle récemment pulvérisée, avant d’avoir recours à la gommegutte ou à d’autres drastiques. Au reste, cette méthode est très-nuisible lorsque le canal alimentaire est vivement irrité.

Depuis quelque temps , la nouvelle école italienne met la gomme-gutte au nombre des remèdes antiphlogistiques, des contre stimulans directs. D’après cette opinion, on la donne dans les phlegmasies intestinales comme nous employons les boissons émollientes , l’eau de gomme , la limonade , etc. C’est Rasori qui , le premier, a recommandé l’usage de la gomme-gutte contre l’entérite et les flux intestinaux. D’après les faits qu’il a consignés dans les Annales des sciences et lettres de Milan , année 1810, cette substance, administrée à

hautes doses, aurait dissipé des diarrhées, des dysenteries accompagnées de ténesme, de tranchées, de douleurs abdominales, etc. Toutefois il ne reconnaît aucune vertu spécifique à la gomme-gutte ; il ne la regarde que comme un contre-stimulant ordinaire, et, s’il lui donne généralement la préférence sur les autres drastiques qui partagent avec elle les propriétés antiphlogistiques, c’est uniquement à cause de son activité et de la facilité avec laquelle on la réduit en pilules, sans aucune association étrangère. Il assure avoir employé avec le meme succès la poudre et la résine de jalap, l’aloès, la coloquinte, etc. Ainsi que Rasori, Tommasini s’est déclaré en faveur des drastiques dans le traitement de l’entérite. Il est vrai que l’un et l’autre ont souvent recours aux saignées répétées, ce qui doit nécessairement modifier une pratique que bien des médecins jugeront sans doute téméraire, pour ne pas dire pernicieuse.

Au reste, la gomme-gutte est un violent drastique qu’il faut administrer avec prudence , et seulement dans quelques circonstances rares où l’on a besoin d’exciter avec vigueur les voies digestives. On en donne cinq ou six grains incorporés dans un sirop quelconque , et l’on répète cette dose , une ou deux fois , si le cas l’exige.

Parmi les compositions les plus vulgaires où entre la gomme-gutte , on distingue les pilules d’Anderson, ou pilules écossaises. Elles sont composées de deux gros de gomme-gutte, d’autant d’aloès, et de trente gouttes d’huile volatile d’anis. On réduit cette masse en pilules de quatre grains avec un sirop quelconque.

On prépare des pilules à peu près semblables avec un gros de gomme-gutte , un gros d’aloès , un gros de poudre de cannelle composée , et deux gros de savon officinal.

Ces pilules purgent à la dose de deux à quatre. On en prend une seule en se couchant, lorsque le ventre est paresseux. Elles conviennent aux tempéramens froids , phlegmatiques , lorsque la digestion est languissante , lorsque les selles sont irrégulières , rares , difficiles. On les emploie dans quelques affections catarrhales , dans les migraines , les ophthalmies opiniâtres , afin d’opérer des mouvemens de révulsion sur le tube intestinal. Les gourmands en abusent pour exciter l’appétit, les personnes peu éclairées pour se préserver de maux imaginaires , les hypochondriaques pour évacuer les glaires et fondre les obstructions , les femmes pour passer sans péril l’âge critique. Ces médicomanes ne croient qu’à la vertu des remèdes qui produisent des effets sensibles, qui les secouent , les purgent vivement. Aussi les charlatans , qui connaissent bien leur faiblesse , leur ont-ils presque toujours offert des pilules , des poudres , des sirops , des élixirs purgatifs.

Pilules hydragogues de Bontius. Prenez, gommegutte , aloès , gomme ammoniaque , de chaque , parties égales. Faites une poudre, dissolvez -la dans le vinaigre , passez avec expression ■ ensuite évaporez la liqueur au bain-marie , jusqu’à consistance d’extrait presque solide, et formez des pilules de quatre grains. On en donne trois ou quatre pour exciter la purgation. Une double dose provoque ordinairement des évacuations

abondantes. C’est un remède énergique qui a quelquein. 3

fois réussi dans les infiltrations du tissu cellulaire , dans les hydropisies passives, dans les affections vermineuses, etc.

Bols du professeur Dubois contre le ténia. Prenez, gomme-gutte, jalap, scammonée, de chaque, huit grains. Préparez trois bols , qui doivent être pris d’heure en heure. Pour assurer l’effet de ce remède , on prend une heure avant, le matin à jeun, une demionce de poudre de fougère délayée dans une tasse de bouillon d’herbes.

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THÉACÉES.

Tlieaceœ . Mirb. — Camellieœ. DC.

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