SUMAC FUSTET. RHUS COTINIJS
Rhus cotinus. Linn. Spec. 383. DC. Fl. Fr. 4061. Jacq.
Fl. Austr. 3. t. 210.
Le fustet est un arbrisseau agréable , rameux et touffu , qu’on cultive pour l’ornement des jardins. Ses rameaux sont étalés , flexibles , bruns ou verdâtres , garnis de feuilles pétiolées , arrondies, ovoïdes, lisses , nerveuses , d’un vert tendre en-dessus , blanchâtres en-dessous. Les fleurs sont petites , verdâtres , disposées au sommet des rameaux en panicules fines, soyeuses, étalées. Les fruits sont glabres , petits , presque cordiformes.
11 croît sur les collines de nos départemens méridionaux. On le trouve également en Italie, en Suisse, en Allemagne, etc. Cet arbrisseau produit un joli effet dans les bosquets par son feuillage d’un beau vert, par ses houppes purpurines -, mais ses émanations sont quelquefois dangereuses.
Une dame , rassurée par un botaniste sur l’innocuité du fustet, prit à sa main quelques belles panicules plumeuses de cet arbrisseau. Bientôt après, elle sentit sou
bras et sa main s’engourdir. Plus tard sa main fut couverte de vésicules remplies de sérosité , ainsi que son bras , bien que celui-ci , garanti par la manche de l’habillement , neut pas été touché par la plante. Cet accident n’eut pas de suites autrement fâcheuses 5 cependant , trois semaines après , les parties qui avaient été attaquées portaient encore l’empreinte des vésicules. Cet exemple doit rendre circonspectes les personnes qui seraient tentées de toucher des végétaux qu elles ne connaissent point.
CAMELÉE. CNEORUM.
Calice très-petit, à trois dents. Corolle à trois pétales. Trois étamines très-courtes. Un style à trois stigmates. Capsule à trois coques monospermes.
CAMELÉE A TROIS COQUES. CNEORUM TRICOCCON.
Cneorum tricoccon. Linn. Spec. 49. DC. Fl. Fr. 4063.
Lam. Illustr. t. 27.
C’est un petit arbrisseau qui n’a guère que deux pieds de hauteur, et dont la tige rameuse se couvre de feuilles alternes, sessiles, entières, obtuses, d’une forme elliptique, d’un vert foncé et' luisant en-dessus, blanchâtre en-dessous. Les fleurs sont petites, jaunes, solitaires, portées sur de courts pédoncules dans les aisselles des feuilles, et composées de trois pétales oblongs, droits, trois fois plus grands que le calice. Le fruit est formé de trois coques dures , réunies , contenant chacune une seule graine. On trouve cet arbuste dans les lieux arides et pierreux des provinces méridionales.
Toutes les parties de la camelée à trois coques sont âcres , causent des douleurs d’entrailles , et purgent quelquefois avec violence. Cette plante est beaucoup moins cultivée dans les pays froids. Le docteur Deslongcliamps , qui a essayé ses propriétés cathartiques jusqu’à la dose d’une once , dit n’en avoir obtenu qu’un effet médiocre; mais je ne pense pas qu’on pût l’administrer ainsi dans nos départemens méridionaux. Le professeur Gilibert a donné la poudre des feuilles adoucie avec un mucilage , en commençant d’abord par douze grains , et il a dissipé avec cette simple préparation des symptômes vénériens qui avaient résisté à toutes les méthodes. Beaucoup d’autres substances âcres, déjà mentionnées dans notre ouvrage , ont eu de semblables succès lorsqu’elles ont été employées par une main habile et légère.
Dans la famille des térébinthacées , nous remarquons quelques végétaux qui fournissent à la médecine des résines odorantes, des sucs balsamiques. Le plus célèbre de ces médicamens est le baume de La Mecque , espèce de résine qui découle de Xamyris opobalsamum de Forskahl , et de Xamyris gileadensis de Linné , arbres indigènes de l’Égypte, de la Syrie et de l’Arabie Heureuse. Ce baume, d’une odeur suave, est très-rare en Europe; les Orientaux l’emploient dans leurs parfums. Il était le principal remède des Hébreux ; les livres sacrés, et particulièrement Jérémie dans ses prophéties, en font souvent mention : Ascende in Galaad , et toile resinam, virgo jilia Ægypti.
Ap rès la ruine de Jérusalem, Vespasien et Titus le firent voir à Rome dans leur triomphe. Il avait fallu, dit
PHYTOGR APHiE
Pline, le défendre contre la rage des Juifs qui voulaient le détruire, et l’on combattit pour un arbrisseau. On ne sait à quelle époque les baumiers avaient été portés en Palestine. Ceux que Ton cultivait en Égypte y étaient venus par les soins d’un pacha , peu de temps après la conquête deSélim. Ces plantes ont disparu de l’Égypte, et depuis long-temps le véritable baumier n’habite plus que sa terre natale. On le trouve partout dans l’Arabie Heureuse et dans l’Arabie Déserte 5 les environs de Médine en sont couverts. On connaît dans ces vastes régions deux espèces de baumier qui ne diffèrent que par le feuillage. La première ( amjrris gileadensis ) a les feuilles profondément divisées en trois parties , ou ternées 5 la seconde ( amjrris opobalsamum) les a garnies de folioles dans leur longueur, ou ailées. Leur port , du reste , et leurs vertus sont parfaitement semblables.
Il découle de ces arbrisseaux , par de légères incisions qu’on y pratique , une résine précieuse qui exhale une odeur pénétrante et suave 5 c’est le baume par excellence qu’on réserve pour le grand-seigneur. On obtient une autre sorte de baume par l’ébullition des rameaux et des feuilles dans l’eau bouillante, au moyen de laquelle on retire une liqueur huileuse assez recherchée ; les femmes turques et grecques s’en servent pour adoucir la peau et parfumer les cheveux. La troisième espèce est le produit d’une seconde ébullition qui donne une substance plus épaisse et moins odorante ; c’est celle-là qu’011 voit le plus communément dans le commerce.
Le pistachier térébinthe (pistachia terebinthus) , arbre très-commun dans les îles de l’Archipel, fournit la térébenthine de Chio, résine légère, limpide, d’une
odeur pénétrante , d’une saveur plus douce que la térébenthine du sapin.
Le baume de Tolu est fourni par le toluifera balsamum , arbre qui croît aux environs de Tolu , ville de l’Amérique méridionale. Ce suc balsamique, qu’on désigne aussi sous le nom de baume de Carthagèue est d’une couleur jaunâtre , d’une odeur suave , analogue à celle du citron , d’un goût aromatique , un peu amer ; il est composé de résine, d’huile volatile et d’acide benzoïque.
Toutes ces substances possèdent une propriété stimulante très-marquée ; mais on emploie de préférence le baume de Tolu , surtout dans les catarrhes chroniques , dans l’asthme humide des vieillards, vers la fin des rhumes, des péripneumonies , pour ranimer l’action de l’organe pulmonaire et favoriser l’expectoration. On ose à peine aujourd’hui élever la voix en faveur des balsamiques , dont l’usage indiscret a été si funeste à l’humanité dans les maladies pectorales fomentées par une in-
flammation chronique -, cependant on ne saurait contester leurs heureux effets lorsqu’il existe dans les organes pulmonaires une sorte d’atonie qui nuit à l’intégrité de leurs fonctions ; lorsque le malade est d’une constitution lâche , froide et inerte , sans fièvre ou irritation notable. En pareil cas , les saignées , les sangsues , les antiphlogistiques, les boissons relâchantes , que quelques maladroits imitateurs du maître emploient si libéralement , donnent une intensité nouvelle aux congestions catarrhales ou muqueuses , et amènent un dépérissement irrémédiable en ruinant le système général des forces.
Mais lorsqu’on a lieu de craindre une inflammation
active chez des sujets d’un tempérament sec , ardent et sanguin , qui ont la poitrine échauffée , irritée , qui éprouvent de temps en temps quelques mouvemens fébriles, une petite toux ou une sorte d’oppression après la moindre fatigue , le baume de Tolu et tous les médicamens d’une nature chaude, stimulante, sont pernicieux. 11 faut d’autant plus se tenir en garde contre leurs effets que les phlegmasies lentes du poumon marchent trèssouvent sous une fausse image de faiblesse générale , et avec des symptômes d’irritation organique si légers , si peu sensibles , qu’on douterait presque de leur existence.
On prépare avec le baume de Tolu une teinture alcoholique, des tablettes et un sirop qu’on désigne ordinairement dans nos officines sous le nom de sirop balsamique de Tolu. On se sert de cette dernière composition pour édulcorer les mixtures , les tisanes excitantes et toniques. Je ne connais pas de boisson plus agréable qu’une infusion théiforme de feuilles d’oranger et de chenopodium botrys , à laquelle on ajoute de petites doses de sirop balsamique lorsqu’on a besoin d’exciter La transpiration.
JUGLANDÉES. JU GLANDEÆ.
Juglandece. DC.
NOYER. JVGLANS.
Fleurs monoïques. Fleurs mâles en chatons pendans , garnis d’écailles dont chacune est portée sur un pédicelle horizontal. Calice à six divisions profondes. Corolle nulle. Dix-huit à vingt étamines droites, presque sessiles. Anthères à deux loges. Fleurs femelles solitaires , deux à deux , ou trois à trois. Calice supère , double, à huit divisions; l’extérieur plus court. Ovaire infère surmonté par deux stigmates très-épais. Drupe ovale ou sphérique, renfermant une noix à deux valves. Amande sinueuse, partagée à sa base en quatre lobes séparés par des cloisons membraneuses appelées zeste.