NOYER CULTIVÉ. JVGLANS REGIA
Juglans regia. Linn. Spec. 1415. DC. 4067. Blacrw.
Herb. t. 247.
Cet arbre , vigoureux et d’une grande hauteur , se termine par une vaste tête. Ses feuilles sont amples, composées de cinq ou sept folioles ovales , entières , luisantes , d’un vert foncé , exhalant une odeur forte et résineuse. Les fleurs mâles forment des chatons pendans qui se développent avant les feuilles. Les fleurs femelles , plus tardives, occupent l’extrémité des jeunes rameaux ,
où elles sont réunies au nombre de trois ou cinq en une
ni.
sorte de grappe -, elles produisent des fruits globuleux connus sous le nom de noix. Ces noix sont entièrement recouvertes par une enveloppe épaisse , d’une belle couleur verte, qu’on appelle brou.
Le noyer est originaire du nord de la Perse ; Michaud a trouvé cet arbre en grande quantité dans les forêts qui avoisinent la mer Caspienne. Il abonde maintenant dans une grande partie de l’Europe. On le voit dans les parcs, dans les vergers , au bord des ruisseaux , sur les collines , tantpt solitaire , tantôt formant de très-belles allées.
Cet arbre répand une odeur forte , pénétrante et narcotique. Son ombre est pernicieuse pour le voyageur fatigué qui s’y repose , lorsqu’il est en sueur ; dans cet état on peut être promptement asphyxié. Plutarque avait observé sa vapeur assoupissante. Il dit, Propos de table , quest. 1 , que le noyer jette une vapeur qui endort.
Le suc de la racine est diurétique et purge fortement. Les chatons et la seconde écorce des branches sont émétiques. Le brou contient , outre un principe colorant noir analogue à celui de plusieurs espèces de sumac, de l’amidon , du phosphate , malate et oxalate de chaux , de l’acide citrique , de la potasse , de la matière verte et du tannin.
La décoction concentrée du brou de noix est un excellent vermifuge qu’on peut administrer par petites cuillerées aux enfans, et à plus forte dose aux adultes. Swediaur la prescrivait assez souvent dans les affections syphilitiques rebelles et dans le scrophule. J’ai été moimême témoin , il y a environ vingt-cinq ans , de deux ou trois cures remarquables qu’il a faites avec ce remède. Il employait en même temps cette décoction à l’exté-
rieur. M. Baudelocque rapporte dans son Traité sur la maladie scrophuleuse , page 12 1 , que M. Borson, médecin à Chambéry, a employé avec un succès complet ce meme traitement dans un cas de scrophule extrêmement grave.
Le noyer n’est pas moins utile sous le rapport de ses propriétés économiques. Son fruit pare nos tables et nous donne en même temps une huile douce et savoureuse. La teinture emploie la racine , l’écorce et les feuilles de l’arbre , et l’enveloppe verte des noix. On se servait anciennement du brou de la noix pour teindre les cheveux. « Quand l’âge et les cheveux gris éloignent l’amour, dit Tibulle , 011 pare cette chevelure qui change, on la peint avec l’écorce verte des noix. »
Tum studium formœ , coma tum mutatur, ut annos Dissimulel viridi cortice tincta Jiucis.
Lib. t , Eleg. 9.
Martial raille avec esprit un vieillard qui fardait ainsi sa chevelure pour dissimuler son âge. « Lentinus , lui dit-il , vous vous teignez les cheveux pour paraître jeune. Il n’y a qu’un instant que vous étiez blanc comme un cygne, et tout à coup je vous vois noir comme un corbeau , mais vous n’en imposez pas à tout le monde. Proserpine sait fort bien que vous avez les cheveux blancs , elle vous arrachera ce masque qui cache la blancheur de votre tête. »
Menliris juvenem tinctis , Lentine , capillis :
Tam subito corvus , qui modo cignus eras ,
Non omneis jallis. Scit le Proserpine canum :
*P ersonam capiti detrahet ilia tuo.
Lib. 3, Epigr. 43.
Ce procédé est facile , peu coûteux , et il n’offre aucun
danger. C’est tout simplement une forte décoction de brou de noix dont on imbibe les cheveux. Il n’en est pas de meme de la plupart des secrets inventés par nos industriels.
Un jeune homme blanchi avant l’ âge avait voulu changer la nuance de sa chevelure pour aller faire sa première visite à une demoiselle qu’un ami lui offrait en mariage. Il se couvre la tête d’une de ces pommades prônées dans nos journaux , et il se couche, satisfait d’avance de la métamorphose qui va s’opérer pendant la nuit. Mais le lendemain il se réveille avec peine , la tête lui tourne , il ne sait où il est , il extravague , il crie , il menace 5 on est obligé de le contenir, il a perdu la raison. On trouve dans sa chevelure les traces du procédé chimique qu’il a employé 5 on le saigne , et on lui rase la tête qu’on couvre d’un ample vésicatoire. Ce traitement énergique dégage l’organe cérébral , et deux jours après notre jeune homme est rétabli ; mais il lui faut une perruque pour cacher sa mésaventure.
RHAMNOÏDES.
Rhamnoidece. Vent. — Frangulacece , DC.
FUSAIN. EFONYMUS.
Calice à quatre ou cinq divisions, plane, muni intérieurement d’un disque en forme de bouclier Corolle à quatre ou cinq pétales ouverts. Quatre ou cinq étamines. Un style; un stigmate. Capsule à cinq loges, à cinq valves. Graines recouvertes d’une enveloppe pulpeuse, insérées à l’angle central des loges.