MERCURIALE VIVACE. ME RC U RI A LIS PERENNIS
Mercurialis perennis. Linn. Spec. 1465. DC. Fl. Fr. 2141.
Fl. Dan. t. 400.
(Planche i/fo.)
Cette plante a une tige herbacée , droite , haute d’environ un pied , presque nue à sa partie inférieure , garnie de feuilles d’un vert sombre , opposées , pétiolées, ovales, lancéolées, pointues, dentées sur les bords , et dont la substance est percée d’une multitude de petits trous. La plante entière est couverte de poils courts et serrés qui la rendent un peu rude au toucher. Les fleurs sont petites , verdâtres , disposées dans les aisselles des feuilles supérieures en épis pédonculés. Les capsules sont velues et rudes.
On trouve cette espèce de mercuriale dans les bois et dans les haies. Elle est également connue sous le nom de chou de chien , de mercuriale sauvage, de mercuriale de montagne. Quelques anciens auteurs , et notamment Gesner, l’ont placée au rang des légumes-, mais c’est une erreur grave, car, d’après Sloane et autres naturalistes, elle est, au contraire, très-vénéneuse. Non-seulement elle cause un assoupissement
profond, de la céphalalgie , mais encore des anxiétés, de violens vomissemens, des convulsions, etc. Les remèdes les plus efficaces sont les vomitifs administrés promptement. Cette herbe a une odeur désagréable et une saveur un peu nauséeuse. En général on la trouve presque toujours entière ; ce qui prouve que les bestiaux la redoutent. Il paraît néanmoins que les chèvres la broutent impunément.
BUIS. BUXUS.
Fleurs monoïques. Périgone à quatre divisions. Fleurs mâles entourées à leur base d’une écaille à deux lobes. Quatre étamines insérées sous le rudiment de l’ovaire. Fleurs femelles munies de trois petites écailles à la base. Ovaire supère. Trois styles courts avec autant de stigmates obtus , marqués d’un sillon longitudinal. Capsule à trois cornes, à trois loges, à six graines.
BUIS TOUJOURS VERT. BUXUS SEMPER riRENS.
Buxus sempervirens. Linn. Spec. 1394. DC. Fl. Fr. 2176.
Lapeyr. Hist. Plant. Pvr. 2. 578. Düham. Arbr. Ed.
Nov. 1. 77. t. 24.
C’est un arbrisseau dont l’écorce est blanchâtre , rude, le bois jaune et très-dur. Ses rameaux , opposés et tétragones, se couvrent de feuilles presque sessiles, entières , ovales , un peu arrondies , d’un vert luisant en-dessus , avec les bords légèrement roulés en-dessous. Les fleurs sont jaunâtres, disposées par petits paquets aux aisselles des feuilles.
Le buis se plaît sur les montagnes , sur les collines de l’Europe méridionale. Son port et sa grandeur varient singulièrement. Peu élevé dans les terrains secs
et rocailleux, il a presque la hauteur d’un arbre lorsque le sol favorise son développement , et il parvient quelquefois à une grosseur assez considérable. Haller dit qu’il existait auprès de Genève un buis dont le tronc avait près de deux mètres de circonférence. Il abonde dans les Pyrénées , dans le Jura , sur les montagnes du Dauphiné, en Suisse , en Espagne , etc. Il couvre les flancs des montagnes qui s’élèvent depuis Pierre-Fitte jusqu’à la plaine de Luz. Les émanations fortes qu’il répand , son aspect sauvage , sont en harmonie avec cette«gorge ténébreuse. On le cultive , ainsi que ses variétés, dans les bosquets d’hiver, à cause de leur verdure perpétuelle. On en fait des palissades, des haies vives, des berceaux , des bordures. Mais tous ces buis ont l’inconvénient de donner asile à beaucoup d’insectes , et leur vapeur nauséabonde affecte la tête.
Peu d’animaux touchent au buis ; on dit pourtant c[ue dans les contrées orientales les chameaux le mangent volontiers , mais qu’ils périssent subitement. La décoction des feuilles est très-amère-, elle purge à haute dose. La poudre produit le même effet à la dose d’un gros. On employait jadis lebois râpé, et on en faisait des tisanes sudorifiques pour combattre la syphilis, les dartres, les rhumatismes rebelles. Amatus Lusitanus , Lobe! , Prévost et autres , le substituaient au gayac. On l’appelait le sudorifique des pauvres, à cause delà modicité de son prix. Pour donner plus d’énergie à ces décoctions , on mêlait au bois râpé une certaine quantité de feuilles. Malgré ses propriétés actives , le buis esta peine mentionné dans nos pharmacopées 5 les médecins l’ont abandonné aux tourneurs , aux tabletiers ,
qui en font des peignes, des tabatières , des chapelets, et autres jolies bagatelles.
RICIN. R1CINUS.
Fleurs monoïques. Fleurs mâles : périgone à cinq parties. Etamines très- nombreuses ; filamens rameux, réunis en un seul faisceau à leur base. — Fleurs femelles : périgone à trois parties. Ovaire presque globuleux, à trois styles bifurqués. Capsule hérissée de pointes, marquée de trois sillons, divisée entrois loges monospermes. Graines lisses, luisantes, ombiliquées au sommet.