CROTON. CROTON
Fleurs monoïques. Périgone à cinq parties ou k dix, dont cinq alternes plus petites et pétaloïdes. Fleurs mâles : huit à. quinze étamines; filamens réunis à leur base; cinq petites glandes adhérentes au réceptacle. — Fleurs femelles : un ovaire à cinq styles, à six ou plusieurs stigmates. Capsule à trois coques et à trois graines.
CROTON CATHARTIQUE. CROTON TIGL1UM.
Croton tiglium. Linn. Spec. 1426. — Grafiiim moluccum .
Rumph. Herb. Amb. 4. 98. t. 42.
Cette espèce de croton est un arbrisseau médiocre , dont les tiges portent des feuilles alternes , pétiolées , ovales, pointues, verdâtres et légèrement dentées. Les fleurs sont d’un blanc jaunâtre, disposées en épi à l’extrémité des rameaux et dans leurs bifurcations. Les fleurs mâles occupent la partie supérieure de l’épi ; elles ont environ seize étamines. Les fleurs femelles , situées au-dessous des mâles, ont un ovaire oblong,trigone, surmonté de trois styles bifides. Les fruits sont glabres , de la grosseur d’une noisette, ovoïdes, marqués de trois sillons , et divisés en trois loges contenant chacune une semence ovale , allongée , aplatie d’un côté , convexe de l’autre, grisâtre et mouchetée de brun. L’amande est blanche , huileuse , d’une saveur âcre , brûlante et nauséabonde. On trouve cette plante dans les Indes orientales-, on la cultive dans les Moluques, au Malabar, à l’île de Ceylan , à Saint-Domingue , etc. Elle est connue sous les noms de pignon d’Inde , de grains de Tillj ou des Moluques.
Les branches du croton tiglium donnent, lorsqu’on
les Liesse, un suc blanc , résineux , qui s’épaissit facilement à l’air, propriété commune à la plupart des euphorbes. Les racines, le bois , les feuilles et les fruits ont des propriétés émétiques et purgatives ; mais les graines sont la partie qu’on emploie le plus généralement dans l’Inde. Suivant Rumphius , deux petites graines suffisent pour purger un homme robuste . Quatre ont quelquefois donné la mort.
D’après l’examen chimique du docteur Nimmo de Glascow, les amandes, séparées de leur enveloppe , fournissent vingt-sept parties d’un principe purgatif soluble dans l’alcohol, trente-cinq d’huile fixe soluble dans l’éther et dans l’huile de térébenthine , et quarante d’une matière farineuse. L’huile elle-même est composée de quarante-cinq parties de principe âcre et de cinquante-cinq d’huile fixe. Cette huile, qu’on obtient par expression et par ébullition, est douée d’une grande énergie, et la partie vraiment active des graines -, elle est d’une couleur jaune orangée, d’une odeur trèsprononcée ( sui generis ), d’une saveur piquante.
PROPRIÉTÉS DÉLÉTÈRES
M. Conwell et M. Bennet de Dublin ont fait plusieurs expériences pour constater l’action de l’huile de croton sur les tissus vivans. Une goutte fut mise sur la langue d’un chien de petite taille. Au bout de dix minutes , l’animal parut éprouver du malaise et vomit une grande quantité de salive écumeuse. En quarante minutes, il rendit quelques excrémens avec beaucoup de matières muqueuses. Il fut nourri soigneusement pendant deux jours , et alors on lui donna deux gouttes
;hü
d’huile , qui produisirent des effets plus intenses et plus prompts. Quelques jours plus tard, la même expérience fut encore faite , et on tua l’animal deux heures après avoir pris l’huile. On ouvrit son corps, et l’on ne trouva pas dans les intestins la plus légère trace d’inflammation. La même expérience fut répétée sur un autre chien ; elle offrit les mêmes résultats. Mais douze gouttes d’huile injectées dans l’estomac d’un chien de moyenne taille provoquèrent, dix minutes après, des vomissemens répétés et de vives souffrances. On tua l’animal au bout de quarante minutes par l’insufflation de l’air dans la veine crurale , et le canal intestinal f ut examiné. La membrane muqueuse de l’estomac et celle des intestins grêles présentèrent les traces del’inflammation la plus violente. O11 voyait partout une injection sanguine uniforme, excepté vers la fin de l’iléum, où il ne se trouva que des plaques éparses. Le colon et le rectum étaient aussi enflammés.
Cinq gouttes furent injectées dans la veine jugulaire d’un autre chien. Au bout de quelques minutes il vomit abondamment une salive écumeuse, devint triste et engourdi. Douze minutes après l’injection , il eut une évacuation de matière fécale et de mucosités. Deux heures après , il fut trouvé mort, après avoir eu encore une évacuation muqueuse teinte de sang. L’œsophage était sain. La tunique interne de l’estomac, celle des intestins grêles, particulièrement celle du duodénum et quelques parties du gros intestin , étaient enflammées au plus haut degré, comme dans l’expérience précédente. Le canal cholédoque sembla parfaitement sain et tout-à-fait étranger à l’inflammation du duodénum. Les
membranes muqueuses clés autres organes n'étaient point enflammées. La membrane interne des veines, même celle de la veine jugulaire , était saine , et ne présentait aucune trace de phlogose. Le poumon offrait quelques points engorgés. ( Recherches sur les propriétés médicinales de F huile de croton tiglium , par W. E. E. Conwell de Londonderry.)
PROPRIÉTÉS MÉDICALES
On voit , d’après les expériences que nous venons de rapporter, que cette huile produit tous les effets d’un violent poison ; cependant le docteur Conwell en a d’abord introduit l’usage en Angleterre, en 1820, après l’avoir fréquemment employée dans l’Inde. Une goutte, placée sur la face supérieure de la langue, sufïit presque constamment pour opérer la purgation. On peut également , ainsi que le pratiquent les Indiens , l’employer en frictions autour de l’ombilic, à la dose de quatre ou cinq gouttes. D’après le docteur Conwell, la meilleure manière de l’administrer intérieurement est d’en faire dissoudre une ou deux gouttes dans un peu d’alcohol, qu’on mêle avec trois gros de sirop simple et autant de mucilage de gomme arabique. Avant de prendre ce mélange, et immédiatement après l’avoir pris, on prend un peu de lait.
Le docteur Short a également administré cette huile dans un grand nombre d’affections différentes, pendant un séjour de plusieurs années aux Indes orientales, et il n’a qu’à se louer des bons effets qu’il en a obtenus , non-seulement dans les constipations opiniâtres, mais encore dans le tétanos , la céphalite, l’hydrocéphale , et
les inflammations intestinales. C’est ordinairement à l’intérieur que le docteur Short donne l’huile de croton ; mais il l’administre aussi à l’extérieur avec le meme succès.
En décembre 1829, ce médecin fut appelé auprès d’une jeune dame qui avait été prise subitement de nausées avec vomissement , faiblesse très-prononcée , chaleur et douleur à l’épigastre et sur tout le trajet du canal alimentaire. Il y avait beaucoup de soif, d’anxiété et d’abattement : l’urine était teinte de sang. La malade avait pris plusieurs purgatifs sans aucun soulagement ; elle était constipée , et elle ne rendait que quelques matières grises. La peau et la conjonctive offraient une teinte jaune très-foncée , comme à une période avancée de l’ictère. On essaya les moyens ordinaires pendant dix jours, mais sans aucun amendement.
Persuadé qu’il y avait une obstruction des canaux excréteurs de la bile , laquelle pouvait dépendre d’un spasme, M. Short prescrivit le liniment suivant : prenez, huile de croton , une partie ; liniment de savon , trois parties; mêlez. On fit une friction sur la région du foie et des canaux bilifères. Après la première application , la malade dit qu’elle ressentait une vive chaleur , nonseulement à la surface sur laquelle on avait pratiqué les frictions , mais encore à l’intérieur. On fut obligé, après la seconde application , de discontinuer le liniment , parce que les parties qu’on avait frictionnées étaient couvertes d’un grand nombre de petites pustules. L’obstruction disparut aussitôt, les matières ayant attesté le retour delabile , etla peau perdit graduellement sacouleur jaune. L’hématurie avait disparu quelques jours avanL
M. Short a combattu par les mêmes frictions des rhumatismes , des névralgies , des pleurodynies , etc.
Il était impossible qu’une substance aussi énergique ne fut point soumise à de nombreuses épreuves. En Italie, des professeurs , des médecins distingués , se sont empressés d’en faire l’application à plusieurs cas pathologiques : quelques-uns ont essayé ce médicament sur eux-mêmes. D’après les expériences faites à Pise par Vacca Berlinghieri , Morelli et Tantini 5 à Rome , par le professeur de Mattheis ; à Turin , par le docteur Fenoglio ; à Padoue , par le professeur Brera -, à Paris , par le docteur Magendie et plusieurs médecins des hôpitaux , l'huile de croton tiglium purge abondamment depuis nne demi-goutte jusqu’à deux gouttes , qu’on administre dans une once de sirop de guimauve , dans un bouillon ou sous la forme de pilules. Ce remède produit ordinairement de la chaleur à la gorge et de légères coliques. Quelquefois on éprouve des douleurs abdominales trèsvives , et une sorte d’ardeur au gosier, qui se répand dans tout le trajet du canal alimentaire. Le docteur Fenoglio a observé que l’huile de croton ne cause point cette sensation de feu lorsqu’on la donne en pilules avec l’essence de girofle , un peu de gomme arabique et de conserve de roses. D’après la nouvelle doctrine italienne, il la regarde comme un antiphlogistique ou un contre-stimulant du second ordre; toutefois il faudra bien se garder, dit-il, d’en faire usage dans les cas où il existerait quelque inflammation dans le tube digestif.
Cette huile, administrée par le professeur Brera , à la dose d’une goutte dans du bouillon , aux malades de la clinique de Pavie , a presque toujours produit un senti-
PHOTOGRAPHIE
ment de brûlure dans la gorge , et des évacuations plus ou moins abondantes. Plusieurs élèves qui Font essayée sur eux-mêmes, les uns à la dose d’une demi-goutte, les autres à celle d’une goutte , ont tous éprouvé cette même ardeur au gosier et des coliques plus ou moins vives. Un de ces élèves , qui avait pris seulement une demi-goutte d’huile, eut huit évacuations considérables, des nausées, continuelles, des coliques accompagnées de langueurs d’estomac et d’anxiétés. Prise à la dose d’une demi- goutte dans une grande quantité de bouillon par le professeur Brera , elle a provoqué deux évacuations séreuses abondantes, sans ardeur à la gorge; mais le cours des urines a été supprimé pendant vingt heures ; elles ont ensuite coulé troubles et épaisses. Le docteur Benevenutti, quia rapporté d’une manière détaillée ces expériences dans les Annales universelles de médecine, pense que l’huile de croton n’a besoin d’aucun véhicule pour produire tous ses effets ; que l’irritation qu’elle détermine à la gorge est d’autant plus forte qu’elle est plus concentrée ou administrée dans une moindre quantité de véhicule ; que les effets purgatifs sont en raison inverse de l’irritation qu’elle détermine à la gorge ; enfin qu’une demi-goutte agit , en proportion , davantage qu’une dose plus considérable. Cette dernière opinion ne nous paraît pas suffisamment prouvée ; elle demande à être appuyée d’expériences plus nombreuses et plus concluantes. Cependant nous rap [relierons ici un fait recueilli à l’Hôtel-Dieu de Paris par le docteur Martinet. La moitié d’une potion composée d’une once de sirop de gomme arabique et d’une goutte d’huile de croton a produit sur une malade des
vomissemens, des douleurs aiguës dans la région abdominale et des évacuations alvines répétées.
Il n’est pas douteux qu’un remède qui agit avec tant de rapidité et de force sous un si petit volume ne puisse, dans des momens d’urgence , rendre des services importans , surtout s’il est manié par une main prudente et habile. Son usage paraît avantageux dans les constipations opiniâtres où il faut réveiller la vitalité des intestins, particulièrement chez les individus peu irritables, et dans quelques autres affections où l’on a besoin d’un purgatif prompt et énergique 5 mais qu’on n’oublie point qu’une ou deux gouttes de trop peuvent convertir ce purgatif en poison.
M. Hufeland a donné avec succès à l’Institut polyclinique de Berlin, sous le nom d’huile de ricin artificielle, un mélange d’une goutte d’huile de croto/i tiglium avec une once d’huile de pavot. La dose , dans cette proportion, est la même que si l’on administrait l’huile de ricin.
Convaincu de l’efiicacité des purgatifs énergiques dans un grand nombre d’affections morbides, M. le professeur Andral a voulu soumettre à de nouvelles épreuves l’huile de croton tiglium , et il l’a donnée à l’intérieur à beaucoup de malades sans le moindre inconvénient , et dans plusieurs cas la révulsion énergique qu’il opérait ainsi du côté des voies digestives a été suivie d’un amendement notable des symptômes que présentaient ces malades. Ces symptômes annonçaient, ou divers degrés de congestion cérébrale , ou diverses formes de bronchite, soit aiguë, soit chronique, ou différentes névroses. Immédiatement après avoir pris une
PHYTOGRAPlilE
goutte d’huile de croton , les malades éprouvaient dans la bouche une vive chaleur qui se répandait tout le long de l’œsophage , et dont l’estomac devenait ensuite le siège. Cette sensation de chaleur ou de brûlure se dissipait ordinairement assez vite. Au bout de peu d’heures survenaient quelques coliques qui ne tardaient pas à être suivies d’évacuations alvines dont le nombre variait depuis huit jusqu’à vingt.
En même temps qu’il administrait intérieurement l’huile de croton , depuis la dose de quelques fractions de goutte jusqu’à celle de trois gouttes , M. Andral en a essayé l’emploi à l’extérieur dans diverses affections aiguës ou chroniques contre lesquelles avaient déjà échoué d’autres moyens. Plusieurs fois cette application a échoué aussi , mais dans d’autres cas une amélioration prompte a suivi l’éruption produite par les frictions, et l’on a vu ainsi disparaître rapidement d’anciennes douleurs rhumatismales, des sciatiques depuis longtemps rebelles , une paralysie du sentiment bornée à la face, et qui semblait avoir pour siège spécial la cinquième paire de nerfs. Quelques inflammations chroniques des voies digestives se sont également améliorées sous l’influence des frictions. Nous nous bornons à reproduire les deux observations suivantes.
Un ouvrier âgé de quarante-huit ans entra, le 4 décembre, à l’hôpital. D’une constitution médiocrement forte, d’un tempérament nerveux, cet homme, journellement soumis à l’influence des vicissitudes atmosphériques, éprouve depuis quatre mois et demi, dans le membre inférieur gauche, une douleur vive , lancinante, (pii , partant de l’échancrure sciatique, suit le trajet dit
nerf fémoro-poplité à la partie postérieure de la cuisse jusqu’au jarret , et s’étend de là jusqu’à la face plantaire du pied. La cuisse est parfois le siège d’élancemens que le malade compare à des coups de canif 5 la douleur est continue , elle offre des exaspérations sans cause connue; l’immobilité et le repos la calment; elle est plus supportable la nuit que le jour; elle s’accompagne de la rétraction du membre , et donne lieu à la claudication. Depuis quatre mois et demi un grand nombre de moyens ont été employés. Des sangsues ont été appliquées sur le trajet du nerf fémoro-poplité; un vésicatoire a été posé sur le péroné ; on a pratiqué des frictions avec des linimens opiacés , et tout cela n’a procuré au malade qu’un soulagement momentané.
Le 4 décembre , la douleur est très-vive , le malade éprouve la sensation d’une corde qu’on tire de haut en bas. Rétraction du membre affecté; du reste, pas de rougeur ni de tuméfaction des parties douloureuses. La langue est naturelle , le pouls sans fréquence. La maladie abandonnée à elle-même pendant trois jours ne diminue pas d’intensité. Le 7, frictions avec huit gouttes d’huile de croton à la partie postérieure de la cuisse. Dès le lendemain , éruption d’un grand nombre de petites pustules, soulagement marqué. On frictionne avec huit gouttes la tête du péroné et la partie postérieure de la jambe. Le 9, on laisse reposer le malade. Le 10 et le 11 , on fait de nouvelles frictions avec la même dose du médicament, et le 12 , le malade n’éprouvait d’autre douleur que celle qui était causée par l’inflammation de la peau. La douleur sciatique a été , suivant le rapport du malade, enlevée comme avec
la main. L’éruption est très-confluente ; elle est le siège d’une vive démangeaison. Le i5 , on applique des cataplasmes émolliens sur les parties de la peau qui sont enflammées , et l’on prescrit en même temps un bain simple. L’éruption se dessèche, la desquamation a lieu, et cet homme quitte l’hôpital , entièrement guéri, dans les derniers jours de décembre.
Un journalier, âgé de soixante-un ans, admis à l’hôpital le 2 octobre , avait éprouvé trois ans auparavant une affection de l’estomac accompagnée de vomissemens nombreux pendant plusieurs jours. Depuis cette époque ses digestions sont difficiles , l’estomac devient de temps en temps le siège de vives douleurs. Depuis huit jours l’appétit est diminué , la soif est devenue vive, la fièvre s’est allumée, et a présenté des exacerbations surtout après les repas.
Le 3, à la visite, langue rouge, anorexie, soif ardente , nausées sans vomissemens , douleur épigastrique s’irradiant vers la partie moyenne du sternum, augmentant parla pression; constipation. Ventouses scarifiées sur l’estomac, eau de gomme, potion gommeuse, diète. Cette médication amène un peu de soulagement. Le 7 , on soumet le malade à l’usage du nitrate de bismuth; il prend pendant plusieurs jours quatre pilules composées chacune d’un demi-grain de sous -nitrate de bismuth et d’un demi- grain de thrydace. Ce médicament réveille les douleurs de l’estomac ; on le suspend.
Le 1 5 , on frictionne la région épigastrique avec dix gouttes d’huile de croton, qui ne produisent pas une seule évacuation, mais qui donnent lieu à une érup-
tion de pustules confluentes. Cette révulsion paraît avoir une heureuse influence sur l’affection gastrique. Le malade affirme que la douleur est Lien moindre ; l’appétit renaît. Au bout de quelques jours cet homme digère la demi-portion , et il quitte l’hôpital vers la fin d’octobre, très-satisfait de son état. ( Gazette médicale de Paris , tome 3 , p. 37.)
Tous les végétaux appartenant au genre croton n’agissent pas avec la meme violence , et il en est qui se recommandent par des qualités stimulantes et aromatiques. Nous ne mentionnerons ici qu’une seule espèce, qui nous fournit la cascarille, et que les botanistes désignent sous le nom de croton cascarilla , arbrisseau indigène de l’Amérique méridionale.
La cascarille est une écorce roulée en petits tuyaux, odorante , fauve , souvent recouverte de lichens cendrés 011 blanchâtres, d’une couleur ferrugineuse intérieurement, d’une saveur amère et aromatique. Elle contient, d’après l’analyse de Trommsdorff , une huile volatile, de la résine , un principe amer et du mucilage. La cascarille possède les propriétés de la plupart des substances aromatiques. On l’a quelquefois substituée au quinquina -, mais , bien qu’elle soit plus résineuse et plus stimulante , elle n’a pas , à beaucoup près, la même vertu antifébrile. Son usage est plus particulièrement approprié aux diflerens flux dont on peut rapporter la cause à un état d’atonie et de faiblesse; et on l’a plusieurs fois administrée avec avantage dans les diarrhées chroniques , vers la fin de la dysenterie , dans la période avancée du typhus et des fièvres putrides. Lors-
qu’on a besoin de produire une excitation vive et permanente, on la combine avec le quinquina, dont elle accroît singulièrement la puissance tonique.
On prescrit cette écorce sous la forme de poudre , d’infusion aqueuse et de teinture alcoholique; mais ces préparations n’ont pas le même degré d’activité. La teinture spiritueuse , beaucoup plus stimulante , demande à être administrée à petite dose : on en donne ordinairement vingt, trente ou quarante gouttes dans du vin vieux , pour ranimer les fonctions de l’estomac, pour soutenir le système général des forces dans les maladies ou la langueur et l’affaissement dominent d’une manière évidente , et sans qu’on puisse les attribuer à quelque inflammation intérieure.
HIPPOM ANE . HIPP OMANE .
Fleurs monoïques. Fleurs mâles : périgone bifide, connivent au sommet. Quatre étamines; filamens réunis en un seul. — Fleurs femelles : périgone trifide. Un ovaire chargé d’un style court à plusieurs stigmates. Drupe charnu, arrondi, renfermant un noyau sillonné, tuberculeux, divisé intérieurement en plusieurs loges monospermes.