MÉLIE. ME LIA
Galice très-petit, à cinq lobes. Corolle à cinq pétales oblongs. Filets des étamines réunis en un tube cylindrique à dix dents; dix anthères attachées à la face interne de chacune de ces dents. Stigmate en tête. Drupe globuleux rempli par un noyau à cinq loges contenant chacune une graine.
MÉLIE AZEDARACH. ME LIA AZEDARACH .
Melia azedarach. Linn. Spec. 550. DC. 4567.
(Planche ii6.)
Cet élégant arbrisseau , qu’on croit originaire de la Perse et de la Syrie, est cultivé dans nos jardins, où il s’élève à la hauteur de huit ou dix pieds. Il porte des feuilles alternes, deux fois ailées, à folioles ovales , aiguës , incisées ou dentées, glabres, luisantes et d’un joli vert. Les fleurs, d’une odeur suave, naissent au sommet des branches en grappes droites moins longues que les feuilles-, elles ont cinq pétales très-ouverts , d’un lilas tendre, avec un tube d’une couleur plus foncée. Les fruits qui leur succèdent sont de petits drupes globuleux , sillonnés , jaunâtres et d’une saveur amère.
Schœpf, clans sa Madère médicale américaine , avait déjà signalé les propriétés vénéneuses des fruits de cet arbrisseau. Les oiseaux n’y touchent point, et leur pulpe est mortelle pour les chiens. D’après M. Acerbi de Milan , quatre vaches ont été empoisonnées avec les mêmes fruits-, trois ont été assez promptement rétablies, mais on a eu beaucoup de peine à sauver la quatrième. Leur action délétère sur l’homme a été également constatée par le docteur Tournon.
Une petite fdle , âgée de trois ans , mangea deux ou trois fruits secs d’azédarach vers onze heures du matin. Quatre heures après, elle fut saisie de violentes convulsions avec grincement de dents, contraction des muscles de la face , sueur froide , forte propension au sommeil, et soif ardente. A peine avait-elle avalé un verre d’eau qu'elle le lançait par le vomissement à dix pas d’elle. Cette enfant rendit par haut et par bas, en trois heures de temps , plus de six pintes de liquide. On lui donna de l’huile d’olive avec quelques gouttes d’éther sulphurique , ce qui calma un peu les accidens. Le lendemain, elle était encore languissante, elle avait la diarrhée et une altération continuelle. La soif céda à l’usage de l’oxycrat sucré et du vin vieux trempé d’eau. La nuit fut calme et le sommeil tranquille : l’enfant n’eut que deux déjections. Dès le troisième jour, tous les symptômes avaient entièrement disparu $ mais il n’est pas douteux que, si elle eût mangé une plus grande quantité de fruits d’azédarach, elle n’eut péri dans les convulsions. (. Journal général de médecine, tome 48.)
M. Tournon observe qu’il est peu d’amateurs debo-
tanique dans le Languedoc et la Provence qui n’aient dans leur jardin des pieds d’azédarach. Il est important qu’ils connaissent la qualité vénéneuse de son fruit, afin d’en garantir leurs enfans et leurs animaux. Au reste, ce genre d’empoisonnement réclame la méthode curative propre aux substances narcotiques âcres.
Parlerons-nous des propriétés vermifuges qu’on attribue à la décoction et au suc des racines du même arbrisseau? Les médecins des États-Unis, et particulièrement le professeur Barton et le docteur Grafton Duvall, en parlent avec éloge. Le docteur Valentin en a également observé les bons effets pendant son séjour en Virginie-, mais nous sommes assez riches en substances anthelmintiques pour renoncer à cet arbrisseau suspect , et surtout au suc de sa racine , dont l’usage exige des précautions , puisque , de l’aveu même du docteur Valentin , il n’est point exempt de danger.
BONPLANDIE. BONPLANDIA .
Calice campanule, à cinq dents. Corolle à cinq pétales réunis en tube à leur partie inférieure. Cinq étamines insérées vers le milieu des pétales Cinq ovaires supérieurs adhérens entre eux. Un style surmonté de cinq stigmates. Fruit composé de cinq capsules rapprochées , bivalves , monospermes.
BONPLANDIE A TROIS FEUILLES.
BONPLANDIA TRIFOLIA TA.
Bonplandia trifoliala. Willd. Act. Berol. 1802. — Bon — plandia angostura. Rien. Mém. de l’Instit. 1811. — Cusparia angustura. Humb. et Bonpl. PL æquin.
(Planche 116.)
C’est un arbre d’un très-beau port, que MM. de Humboldt et Bonpland ont découvert dans les forêts de l’Amérique méridionale. Ses rameaux , revêtus d’une écorce mince, grisâtre, portent des feuilles alternes, persistantes , d’un beauvert , composées de trois folioles ovales, lancéolées , glabres , entières, parsemées de petits points demi-transparens , exhalant une odeur aromatique très-agréable. Les fleurs, longues d’environ un pouce, sont disposées en grappes droites , oblongues, axillaires. Elles ont un calice à cinq dents ovales, un peu aiguës-, une corolle blanche, comme monopétale, découpée jusqu’aux deux tiers en cinq lanières égales, oblongues et obtuses. Le calice et la corolle sont parsemés en dehors de petits points glanduleux semblables à ceux des feuilles , mais moins transparens. Le style
PH YTOGR APHIE
est filiforme, terminé par cinq stigmates réunis. L’ovaire est comme composé de cinq pièces oblongues, obtuses, réunies entre elles au moyen d’un axe commun.
On était incertain sur l’origine de l’écorce officinale connue sous le nom d 'angusture : les uns l’ont rapportée au magnolia glane a, les autres au brucea fer ruginea ; mais, d’après les célèbres voyageurs que nous venons de citer, elle provient du bonplandia tri foliata, arbre très-commun sur les rives del’Orénoque. Son nom lui vient d’Angostura , ville de l’Amérique australe , d’où les Espagnols l’ont transportée à l’île de la Trinité. Cette écorce se trouve dans le commerce enfragmens peu roulés, minces, d’un brun fauve, revêtus d’un épiderme blanchâtre , inégal , comme écailleux. Sa texture est ferme, cassante, d’un aspect trèsjaune lorsqu’elle est réduite en poudre. Sa saveur est très-amère , son odeur faible, un peu nauséabonde. Infusée dans l’eau , l’angusture colore en jaune ce liquide , et lui communique sa saveur.
ANALYSE CHIMIQUE
Cette substance a été analysée par Fleyer en 1789, par Heyne en 1790, presqu’à la même époque par Brande, pharmacien de Londres, et plus récemment par J. -J. Limare, à l’amphithéâtre du Muséum d’histoire naturelle. D’après le travail de Heyne , la teinture alcoholique préparée avec une once d’angustura pulvérisée et une once d’esprit de vin , a donné un peu plus d’un demi-gros d’extrait presque aussi amer que celui du quassia. Le résidu de la poudre, après l’infusion dans
l’alcohol , soumis à la décoction dans une suffisante quantité d’eau, a fourni soixante-dix grains d’un extrait sec moins foncé et moins amer que l’extrait résineux. L’examen chimique de M. Limare a offert les résultats suivans : trois hectogrammes d’angusture , en poudre grossière, soumis à la macération , digestion et infusion dans une livre d’eau , ont donné des teintures plus ou moins foncées , mais entièrement semblables. Toutes ces teintures , filtrées, réunies et évaporées , ont laissé huit décigrammes d’extrait, de consistance pilulaire, d’un brun foncé, d’une amertume très-forte et aromatique , d’une odeur analogue à celle de la gentiane. Cet extrait forme, avec les solutions de noix de galle et de tartrate antimonié de potasse , des précipités d’un jaune pâle; mais il ne précipite point la colle animale.
Huit grammes d’extrait muqueux sec, traités à la cornue, ont donné de l’eau , deux huiles de différentes couleur et pesanteur, de l’acide carbonique , de l’hydrogène carboné, du carbonate d’ammoniaque et de l’acide acéteux : le charbon restant était noir et brillant.
Le résidu de l’écorce , ainsi traité par l’eau et bien desséché, a été mis dans l’alcohol à trente-huit degrés. Bientôt la liqueur a pris une teinte brune avec une amertume beaucoup plus forte que l’infusion aqueuse. La meme opération, réitérée avec de nouvel alcohol, a épuisé totalement cette écorce et l’a rendue insipide. Enfin toutes ces liqueurs, mêlées et soumises à la distillation , ont fourni un alcohol chargé d’huile essentielle , et trois décagrammes de résine brune attirant 1 humidité. Cette résine s’unit , comme beaucoup d’au-
ili. 5
très, à la potasse caustique, et forme un savonule bien dissoluble.
M. Saladin a découvert dans l’écorce d’angusture un principe particulier qu’il a nommé cusparine , et qui peut servir à distinguer cette plante de la fausse angusture. On extrait ce principe en traitant convenablement l’écorce par l’alcohol à une température très-basse 5 on le purifie ensuite par l’hydrate de plomb , l’éther, etc. Ce nouveau produit végétal a des caractères propres qui le distinguent de la brucine et de la salicine. La cusparine n’est pas vénéneuse , même à des doses élevées $ elle se rapproche par ses propriétés de la quinine, de la gentianine et delà salicine.
PROPRIÉTÉS MÉDICALES
Cette écorce a occupé pendant quelque temps un rang distingué parmi les médicamenshéroïques. J. Ewer et A. Williams , tous deux médecins à la Trinité , Wilkinson , Sprengel , plusieurs médecins de Marseille, de Lyon, de Montpellier et d’autres villes de France ont reconnu et célébré ses vertus fébrifuges. L’illustre auteur de Y Histoire de la médecine , qui eut occasion de l’employer, en 1790, contre les fièvres intermittentes, fut surpris de son énergie et de la promptitude de ses effets. Le docteur Philogène , médecin à Philadelphie , prétend que l’angusture l’emporte sur l’écorce du Pérou dans les fièvres intermittentes automnales , et surtout dans les fièvres rémittentes. Il l’administre en substance dans un véhicule un peu spiritueux à la dose de dix grains pour les enfans de sept ans , à celle de vingt à trente grains pour les adultes.
Si Ton en croit Ewer et Williams, fangusture a fait des merveilles dans le traitement de la dysenterie et des fièvres putrides. Le docteur Valentin, dans son Traité de la Jièvre jaune d’Amérique , dit que les médecins de la Virginie prescrivent cette écorce comme un antiseptique plus puissant que le quinquina ; il fait surtout l’éloge de sa teinture, préparée avec le vin de Madère. Ce remède , que Ton peut édulcorer, convient également vers la fin de la maladie et dans la convalescence. Lorsque l’estomac refuse toute espèce de médicament , il recommande de faire des frictions sur les extrémités avec la teinture alcoliolique.
On a sans doute exagéré les propriétés médicinales de cette substance énergique 5 on a eu tort surtout de la présenter comme un moyen préférable au quinquina dans le traitement des fièvres intermittentes graves. L’expérience a fait justice de tous les fébrifuges qu’on a voulu substituer tour à tour à la divine écorce du Pérou, et fangusture a bientôt subi le même sort. La composition chimique du quinquina, mieux connue aujourd’hui, atteste la grande supériorité de ce médicament sur toutes les substances exotiques ou indigènes. L’angusture est d’ailleurs nuisible lorsque la fièvre intermittente se complique avec l’état inflammatoire de l’estomac et des viscères abdominaux, ou lorsqu’elle dépend d’une inflammation gastrique primitive. Ces combinaisons, assez fréquentes, s’aggravent, et peuvent devenir mortelles si l’on insiste sur l’emploi des amers, des toniques et des fébrifuges. Il en est de même pour la dysenterie et les fièvres putrides : il faut se tenir en garde contre les succès qu’on dit avoir ob-
GS
tenus de l’administration de l’angusture dans ces maladies 5 elle ne convient que dans leur période avancée , et seulement lorsque les forces vitales sont dans un état d’inertie et d'abattement.
Toutefois cette écorce , si riche en principes amers , aromatiques et résineux, ne doit point être effacée de la matière médicale. Dans les fièvres intermittentes qui n’offrent aucun symptôme grave ou pernicieux, elle peut suppléer le quinquina. Des faits nombreux recueillis dans nos provinces méridionales attestent son action antifébrile. Administrée à petites doses , elle exerce une action corroborante sur les voies digestives et les viscères circonvoisins, augmente la vitalité de leurs tissus, dissipe les diarrhées chroniques, les leucorrhées entretenues par un état de relâchement et de faiblesse. C’est également par son impression tonique que l’angusture se montre quelquefois utile dans l’affection scrophuleuse ; elle convient surtout aux sujets qui ont les chairs molles , qui sont bouffis , décolorés , d’un tempérament lymphatique.
On administre cette écorce en poudre , à la dose de dix , quinze et vingt grains. On augmente son énergie et l’on corrige sa qualité nauséeuse en lui associant quelques grains de cannelle. On la donne également en infusion aqueuse préparée de la manière suivante : Prenez , angusture pulvérisée , demi-once $ eau bouillante, une livre. Faites macérer pendant deux heures , passez, et ajoutez une once de sirop d’écorce d’orange ou de cannelle. On donne cette infusion tonique à la dose d’une à deux onces, trois ou quatre fois par jour. On obtient , en faisant digérer l’écorce d’angusture dans du
vin ou dans de l’alcohol, des teintures beaucoup plus énergiques , qu’on prescrit par petites cuillerées dans une tasse d’infusion amère ou autre véhicule approprié.
Il est très-essentiel de ne point confondre la véritable angusture avec d’autres écorces répandues dans le commerce par la fraude et la cupidité , et surtout avec la fausse angusture (pseudo-an gustura ferruginea, cortice convolutâ) , laquelle est un violent poison (i). Celle-ci est, en général, roulée sur elle-
(1) Les caractères physiques des deux angustures sont si différens, qu’il y a lieu de s’étonner qu’on ait pu prendre l’une pour l’autre. L’angusture vraie, qu’il serait plus convenable de nommer écorce du bonplandiu , est moins roulée, moins dure, moins épaisse, beaucoup plus fragile et plus pâle que l’écorce d’angusture fausse , dont l’odeur est nulle , tandis que celle de la vraie est fort désagréable, nauséeuse, presque fétide, rappelant l’odeur du poisson près de se décomposer, ou celle des feuilles du chcnopodium vulvcina. Sa saveur est d’une amertume tenace, mais plus franche que celle de la fausse ; son épiderme nourrit un grand nombre de parasites ordinairement limités de noir, à croûte blanchâtre, jaunâtre ou brune; plusieurs graphis , quelques opégraphes , deux verrucaires et deux thelotrcma , un glyphts , un chiodecton , une urcéolaire, un lichen fort curieux , que nous avons nommé rnyriotrema ; des débris de sticta, de parmelia et de jongermannes d’une difficile détermination , mais dont trois on quatre s’observent sur les quinquina , recouvrent en entier cette écorce , qu’on ne retrouve presque jamais nue. Lorsque cela a lieu , elle est d’un gris blanc , assez douce au toucher, quoique inégale. La fausse angusture n’offre que très-rarement des cryptogames. On trouve sur son épiderme une exubérance rouillée qui n’est point un lichen, comme l’a décidé à tort M. Clarion, mais une simple altération qui n’offre au microscope aucune trace d’organisation particulière. Plusieurs écorces d’arbres indigènes et exotiques présentent de semblables altérations. Il est permis de croire que celle dont nous venons de parler est la cause principale des accidens qui ont fait abandonner l’usage de l’angusture vraie : car un assez grand nombre de personnes ne regardent
même, épaisse d’une à deux lignes , d’un gris jaunâtre à l’intérieur, recouverte d’un épiderme de couleur de rouille. Quelques-unes de ces écorces sont plus ou moins lisses, quelquefois très-rugueuses, et parsemées de taches de couleurs variées-, elles sont , en général, plus épaisses et plus volumineuses que les autres-, elles ont les mêmes propriétés chimiques $ elles sont seulement un peu moins ferrugineuses. La poudre de cette angusture est d’une couleur grise , semblable à celle de l’ipécacuanha , et d’une odeur analogue à cette racine -, elle est d’ailleurs d’une amertume qui surpasse celle de tous les végétaux connus. {Voyez la notice de M. Planche sur les angustures du commerce , dans le Journal général de médecine , tome 3 1 , page 299.)
On ne connaît point l’arbre qui produit cette écorce
comme fausse que celle qui est maculée par ces taches ; tandis que , sur cent morceaux d’écorce , à peine en trouve-t-on un tiers ainsi altérés ; ce n’est donc pas à ce caractère qu’il faut s’arrêter. L’observation suivante va, nous l’espérons, ajouter de la force aux caractères déjà indiqués, et ne laissera plus rien à l’incertitude. En examinant avec attention les deux angustures, on s’assure bientôt que le mode d’extraction a dû être différent. L’angusture vraie a été presque toujours enlevée avec un instrument tranchant , large et plane ; l’angusture fausse a été arrachée de l’arbre à force de bras et par lanières. 11 résulte de la diversité de ces opérations que la vraie est d’une épaisseur variable , souvent inégale en dessous, et uniforme dans sa couleur ; tandis que la fausse est lisse en dessous et d’une couleur différente. La première n’est qu’une partie de l’écorce; la deuxième est l’écorce tout entière , enlevée probablement aux jeunes branches lors de l’ascension de la sève. Il est encore à remarquer que l’angusture fausse est d’une grande dureté , difficile à rompre et à entamer avec les instrumens tranchans; l’angusture vraie, au contraire, est très-fragile et facile à couper. (Fiée, Essai sur la cryptogamie des écorces officinales .)
vénéneuse. On l’a d’abord attribuée au Brucea antidysenterica , ou vooginoos de Bruce, arbuste indigène de l’Abyssinie. Mais, d’après l’observation de Bruce, le vooginoos, loin d’être malfaisant, est un remède efficace contre le flux dysentérique. Ce célèbre voyageur fit usage de cette écorce dans du lait de chameau, et en peu de jours il fut délivré d’une dysenterie opiniâtre, sans éprouver d’autre inconvénient qu’une grande soif, -qui diminuait au bout d’un certain temps. Tous les habitans du Sennaar connaissent d’ailleurs l’usage de cette plante salutaire. (Conférez le Voyage aux sources du Nil > en Nubie et en Abyssinie , par James Bruce.) Il n’en est pas ainsi de la fausse angusture, dont quelques grains suffisent pour exciter des tremblemens , des mouvemens convulsifs, et une sorte de raideur tétanique. On croit maintenant que cette écorce, dont l’action se rapproche de celle de la noix vomique , appartient à quelque arbuste de la famille des stryclinfées. M. Pelletier, qui en a fait l’analyse , y a découvert un principe alcalin , cristallisable , vénéneux , analogue à la strychnine. Toutefois le nom de brucine, qu’il lui a imposé, n’est point exact , puisque l’écorce qui fournit cette substance est étrangère à l’arbuste découvert par Bruce.
Ne quittons point la famille des Méliacées sans faire mention de la cannelle blanche et de l’acajou, arbres indigènes de l’Amérique méridionale et des Antilles.
Le premier de ces végétaux , désigné par Murray sous le nom de cannella alba, et par Linné sous celui de Winterania cannella , fournit une écorce blan-
châtre, roulée, d’une odeur aromatique, imitant celle du girofle, d’une saveur âcre et piquante. D’après l’analyse de M. Henry, cette écorce donne de la résine, une huile volatile , une matière extractive, une matière colorante , de la gomme , de l’amidon , de l’albumine, et plusieurs sels. Les habitans de la Jamaïque l’emploient comme assaisonnement dans les ragoûts, à la place du poivre et des clous de girofle. Elle porte vulgairement le nom de cannelle blanche.
Il ne faut pas confondre la cannelle blanche {JVinterania cannella, Linn.) avec l’écorce de Winter, provenant d’une espèce de drymis , arbre de la famille des magnoliers.
L’acajou a reçu de Linné le nom de Swietenia mahogoni. C’est un très-bel arbre , qui croît à Cuba , à la Jamaïque, à Saint-Domingue, sur les montagnes et dans les lieux arides. Son bois est dur, d’un brun rougeâtre, et connu dans le commerce sous le nom cV acajou à meubles. L’écorce qui le recouvre est grisâtre, parsemée de points tuberculeux, d’une saveur amère, un peu styptique *, elle passe pour fébrifuge et se trouve quelquefois mêlée avec les écorces du quinquina.
Roxburgh a imposé le nom de Swietenia febrifuga à un autre arbre indigène de la cote de Coromandel , et dont l’écorce amère , nauséeuse , a des propriétés analogues.
Cette écorce est d’un gris rougeâtre extérieurement , et d’une belle couleur rouge à l’intérieur. Nous sommes redevables à ce naturaliste de la découverte de ses vertus médicinales. Jugeant par son amertume qu’elle
pouvait avoir des vertus fébrifuges, et fournir un remède usuel dans le traitement des fièvres intermittentes , il en fit l’essai dans plusieurs cas de ces maladies , et il trouva que ce remède répondait fort bien à son attente. Il en apporta une certaine quantité en Angleterre . pour continuer ses expériences. On en lit l’épreuve, dans plusieurs hôpitaux de Londres, avec un égal succès. Le collège d’Edimbourg a admis cette écorce dans sa Pharmacopée.
PHYTOGRAPH1E
SARMENTACÉES.